Archives du mot-clé Toucan

Sous la ville de Sylvain Forge

Editeur : Toucan Noir

J’avais beaucoup apprécié son premier roman, Le Vallon des Parques, puis j’avais laissé passer les deux suivants car c’étaient des romans d’espionnage. Sous la ville est donc l’occasion de renouer avec Sylvain Forge.

4ème de couverture :

Adan Settara est brigadier à l’’unité de police judiciaire de Clermont-Ferrand. Il a déjà plus de trente ans de « boutique » et ses origines algériennes lui ont valu de nombreuses vexations et beaucoup de difficultés professionnelles.

Mais elles lui ont aussi permis de nouer d’’utiles relations avec les caïds des cités HLM de Clermont, où se réalise l’essentiel du trafic de stupéfiants.

Quand de jeunes étudiants arrivent au commissariat, après avoir trouvé une clé USB contenant d’’atroces images de meurtre, Adan comprend vite que l’’affaire est sérieuse et qu’’elle le mènera dans les hautes sphères de la société auvergnate.

Mais il décide aussi qu’’il ira cette fois jusqu’’au bout de son enquête, quitte à bousculer les hiérarchies de la ville.

Il n’’a plus rien à perdre.

Mon avis :

Que de chemin parcouru pour arriver à ce roman, qui respire la sérénité et le savoir faire. Pour autant, ce n’est pas forcément un roman facile d’accès, avec ses nombreux personnages, ses allers-retours dans le temps, ou même les différents lieux que l’on va traverser. Il m’aura fallu quelques chapitres pour m’habituer et surtout m’appuyer sur le personnage de Adan Serrata, qui est d’une puissance intéressante.

En effet, Adan Serrata est d’origine maghrébine, et son père a fait partie des Harkis qui ont fui leur pays, pour échapper à une mort certaine, et sont venus s’installer en France. La famille d’Adan a choisi la région de Clermont Ferrant et le froid de l’hiver à d’ailleurs tué son frère. Adan est entré dans la police et il est bien intégré dans les cités, ce qui lui permet d’avoir des tuyaux intéressants. Malgré cela, il est et restera toujours un simple brigadier. (Vous avez parlé de racisme ?). Ses confrontations avec son père, toujours reconnaissant envers le pays qui l’a accueilli donnent lieu à des scènes mémorables, d’ailleurs.

A coté de cela, Marie, sa collègue, est chargée elle des disparitions de chats. Ce n’est en rien une plaisanterie et cela donne une idée de la façon dont les policiers sont utilisés et traités. J’ai trouvé que ce personnage, psychologiquement parlant ne faisait pas le poids avec Adan, mais ce n’est que mon ressenti. Il y a bien quelques scènes épatantes (dont une dans une tour de HLM, au dixième étage) mais dans l’ensemble, je l’ai trouvée un peu pâle.

Le vrai personnage de ce roman, pour moi, c’est surtout cette ville de Clermont Ferrant, où la séparation entre les villas cossues et les barres des cités est bien présente, où les jeunes de banlieue s’en sortent par de menus larcins ou de plus gros trafics, et où les « riches » se regroupent dans des sociétés secrètes pour ne pas laisser échapper le pouvoir.

Si les chapitres se suivent à un rythme effréné, le déroulement de l’intrigue est plutôt gentillet. On ne peut parler de thriller, mais plutôt de roman policier à connotation sociale, dont le point d’orgue est la façon dont l’état français a traité, ou plutôt parqué les Harkis à leur arrivée dans notre pays. Du moins, c’est vraiment le point que j’en ai retenu dans ce roman très intéressant, et qui, avec ses nombreux personnages, mérite une certaine attention à la lecture.

 

Le chouchou du mois de mai 2016

Le mois de mai, c’est normalement un mois où les températures remontent, où l’été se profile. Pour moi, c’est surtout le mois de l’anniversaire du blog. Eh oui, Black Novel a pris un an de plus, ça lui fait maintenant 7 ans. C’est donc l’occasion pour moi de vous remercier une nouvelle fois de passer chez moi lire mes avis.

Avec ses journées fériées, le mois de mai est traditionnellement pour moi un mois rempli de lectures et de chroniques. J’aurais donc eu l’occasion de chroniquer des grands formats mais aussi beaucoup de romans au format poche, ce qui n’est pas un mal pour votre portefeuille ! Mais honneur avant tout au coup de cœur (le deuxième de 2016 seulement !) et c’est pour une réédition en grande pompe puisqu’il s’agit de Fausse piste de James Crumley (Gallmeister). Quelle géniale idée de ressortir ce roman dans une nouvelle traduction et de l’agrémenter de dessins en noir en blanc qui mettent tout de suite dans l’ambiance. C’est un roman à ne pas rater, assurément, de ceux qui ont construit la légende du polar.

Parmi les billets sur les romans en grand format, je noterai le dernier roman en date de Sam Millar et troisième enquête de Karl Kane, Un sale Hiver (Seuil) qui est une enquête noire comme sait le faire si bien cet auteur irlandais pas comme les autres. Il y aura eu aussi des romans des auteurs dont j’ai décidé de lire leur production car je crois en leur capacité à écrire un grand livre. Ainsi, dans Alice change d’adresse (HC éditions), Michel Moatti délaisse Londres pour un roman purement psychologique, une plongée dans un esprit malade qui se révèle bigrement original. La rose oubliée d’Alexandre Geoffroy (Ex Aequo), deuxième roman de son auteur, démontre par sa facilité à mener son intrigue, que l’on peut en attendre beaucoup à l’avenir. Gisants les Rouen de Roland Sadaune (Val d’Oise éditions), dont je suis de plus en plus fan part d’un fait réel pour nous emmener dans un mélange des genres entre roman policier, thriller, roman noir et course poursuite, sans oublier une excellente psychologie des personnages. Enfin, Froid comme la mort d’Antonio Manzini (Denoel) qui est la deuxième enquête du vice-préfet Rocco Schiavone est un pur roman policier et une nouvelle fois une franche réussite.

En ce qui concerne les romans au format de poche, ma préférence va à Quelques pas de solitude de Pascal Dessaint (Editions de la contre-allée), où l’auteur se livre à nu, une novella tout en subtilité que j’aurais plaisir à re-parcourir à l’occasion. Effroyables jardins de Michel Quint (Folio), c’est un classique de la littérature, ou du moins il devrait être classé comme tel. C’est une terrible histoire qui se déroule sur une terrible période et c’est écrit avec tant de minutie, tant de précision que l’on ne peut qu’être ébahi par le talent démontré. Du coté des lectures plus légères, j’ai été plus emballé par Qu’ils crèvent de Michel Vigneron (Pole Nord éditions), qui est une plongée réaliste dans les bas-fonds de Cayenne, avec un univers ultra-violent, que par L’ange noir de John Connoly (Pocket), dont l’intrigue m’a paru trop tirée par les cheveux.

Le titre du chouchou du mois revient tout naturellement donc à un premier roman : Cavale pour Leïa de Marius Faber (Toucan). Car c’est un roman de pure action, 100% adrénaline, qui va à 100 à l’heure et que l’on peut arrêter une fois qu’on l’a commencé. Tout au long des 500 pages, l’auteur montre une facilité et une maîtrise impressionnante et l’on est heureux et soulagé de l’avoir fini, épuisé de bonheur.

Voilà, je vous donne rendez vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. D’ici là, n’oubliez pas le principal, lisez !

Cavale pour Leïa de Marius Faber

Editeur : Toucan

Ce roman est une magnifique surprise. Il ne fait nul doute qu’il mérite un grand succès, et je suis sur, ou du moins, j’espère qu’il vous accompagnera sur les plages ensoleillées cet été, car vous tiendrez là un pur roman d’action. De l’action pure du début à la fin de ce roman qui comporte tout de même 520 pages.

Pierre Sic est un ancien militaire, ayant fait partie du Régime d’Infanterie de la Marine (RIMA, pour les ignares). D’un instinct bagarreur, à l’aise dans l’action, à la recherche d’émotions fortes, Pierre se laisse souvent emporter trop facilement par ses émotions. A la sortie de l’armée, il s’est reconverti en photographe de mode. C’est là qu’il a rencontré Annaleïa, l’Amour de sa vie.

Un an auparavant, ils finissaient des prises de vue à Saint Martin, et dégustaient un excellent repas avant de rejoindre la métropole pour se marier. Après une dispute idiote, Leïa sort du restaurant en colère. Pierre la rattrape en voiture, cherche à lui faire entendre raison, mais elle refuse toute concession. Quand il se gare un peu plus loin, et qu’il revient sur ses pas, à pied, elle a disparu. Cela fait un an qu’il déprime.

Ce matin là, son impresario, Gaston, aussi propriétaire de l’agence de mannequins Fashion Victim l’appelle. Il lui annonce qu’une autre de ses mannequins Lisa vient de disparaitre à Saint Martin. Comme il connait son passé de militaire, il lui demande un service : aller enquêter sur place. Peu intéressé de remuer un passé douloureux, Pierre lui promet tout de même de passer le soir même chez lui. Quand il arrive sur place, il y trouve deux corps, Gaston et Christelle son bras droit, et panique : il ferait un coupable idéal. Harcelé par Dallemagne, capitaine de police, son sang ne fait qu’un tour et s’embarque pour Saint Martin. Le marathon peut commencer …

Si mon résumé peut vous paraitre linéaire, sachez qu’il n’en est rien dans le roman. Les faits liés au passé de Pierre sont distillés au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue de façon très intelligente, très professionnelle, très maitrisée. Et c’est bien cela qui est remarquable dans ce roman : cette impression de facilité que l’on a tout au long de la lecture de ce beau pavé.

Ne vous y méprenez pas ! Si j’ai dit pavé, ce n’est en rien péjoratif. Du début à la fin, j’ai couru, j’ai couru, j’ai couru … à en perdre haleine. Car vous allez vous trouver avec un roman d’action, dans la plus pure tradition du genre, un vrai polar de divertissement très haut de gamme. En fait, Pierre Sic va nous emmener dans sa folie, son besoin d’action, à un rythme effréné du début à la fin. Vous avez bien entendu, le rythme ne va jamais baisser, les scènes vont se suivre, dans un déroulement parfaitement logique, et le lecteur que je suis, s’est laissé prendre, et a avalé ce roman en à peine trois jours. Ce premier roman est tout simplement incroyable.

Dans le roman, on y trouve tout de même deux parties, chacune liée à la motivation de Pierre Sic. La première est le besoin viscéral d’action pour partir à la recherche de la top-modèle disparue, Lisa. La deuxième est l’espoir de retrouver Leïa vivante. Tout cela pour vous prouver que, même si on est dans un excellent film, pardon, livre d’action, il n’est pas exempt de psychologie. De même, le style est très humoristique, plein d’autodérision, et tout cela ajoute au plaisir de la lecture.

Je vais vous dire : cela faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un roman d’action aussi ébouriffant, aussi époustouflant, aussi épuisant. Cela faisait même une éternité qu’à la fin d’une lecture, je n’étais pas sorti avec un grand sourire, à la fois content du dénouement, mais aussi heureux d’avoir parcouru ce marathon, comme soulagé de l’issue proposée par l’auteur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fini un roman aussi fatigué, au sens propre comme au figuré. Bref, allez-y les yeux fermés, ce premier roman est une véritable bombe.

Je ne peux que vous conseiller l’avis de l’ami David qui a lui aussi adoré.

Le loup peint de Jacques Saussey (Toucan)

Après son excellent La pieuvre, je dois dire que j’étais impatient de lire le dernier roman de Jacques Saussey. Pour ce roman, il abandonne son couple de flics Daniel Magne et Lisa Heslin pour nous offrir un roman sous haute tension.

Ce roman est construit autour d’un personnage ou du moins c’est la façon la plus simple que j’ai trouvée pour résumer cette intrigue foisonnante. Vincent Galtier est vétérinaire dans l’Yonne. Il vient de terminer une mise à bas d’une jument, qui s’est mal passée d’ailleurs. Pour évacuer son stress, il décide de passer chez son amante avant de rentrer à la maison. Il faut dire que depuis son accident de la route, six mois auparavant, et la mort de son fils, sa femme Estelle lui a tourné le dos.

Alors qu’il est tard et qu’il roule vers chez lui, une voiture le harcèle et manque de le pousser dans le ravin. Il a juste le temps d’apercevoir quatre silhouettes. Un peu plus, il aperçoit un éclair. Ce n’est pas un radar, mais il est persuadé que les passagers de la BMW viennent de tuer l’un d’entre eux. Il tente de s’enfuir, la poursuite s’engage et la BMW finit encastrée et prend feu. Puis on lui tire dessus. En se relevant, il se rend compte que deux corps brulent mais que les autres passagers viennent de lui voler sa voiture. Il va tenter tant bien que mal de rentrer chez lui à pied. En arrivant chez lui, sa femme a été tuée et massacrée.

En parallèle de l’itinéraire malheureux de ce vétérinaire de campagne, nous allons suivre les histoires de beaucoup de personnages, dont Laurel et Hardy qui sont deux lieutenants pas doués et pas drôles, mais aussi l’adjoint de Vincent, une mystérieuse infirmière, une tueuse sans limites, un chien lycaon et même vers la fin du livre, un commissaire Paul Colize qui va nous faire rire avec ses élucubrations.

On va passer d’un personnage à l’autre et comme c’est bien fait, on suit cette histoire sans aucun problème. Par contre, on a du mal à savoir où l’auteur veut en venir … mais en fait, tout se tient. C’est là tout le talent de cet auteur qui n’arrête pas de me surprendre, car son écriture est d’une fluidité telle, ses descriptions d’une justesse telle qu’il pourrait nous raconter ce qu’il veut. En quelques lignes, il arrive à nous planter un personnage dans un décor, et à le faire vivre. C’est du pur plaisir de lecture.

Il faudra donc s’armer de patience pour comprendre de quoi il retourne et on aura droit auparavant à quelques scènes mémorables, qu’elles soient saignantes, stressantes ou même sexuelles. Il y a juste quelques passages au début du livre qui m’auront paru sonner un peu faux. Mais sur les 86 chapitres qu’il comporte, c’est bien peu par rapport au plaisir procuré ensuite.

Une nouvelle fois, Jacques Saussey arrive à me surprendre. Il essaie d’innover, ne se contente pas d’écrire le même roman policier, mais fait à chaque fois quelque chose de différent. Celui-ci va vous faire battre le cœur à 100 à l’heure, avant de vous laisser vous reposer dans un calme relatif, il va vous malmener, presque vous torturer pour arriver à une conclusion surprenante, et qui, à y réfléchir, faire froid dans le dos. Et ne vous y trompez pas, la couverture superbe n’est en rien mensongère.

Ne ratez pas les avis de Sandra, Loley, Yvan et Ptitblog

Les noces perdues de Anna Jansson (Toucan)

Il est étonnant de ne pas plus entendre parler de ce roman. Car le début du roman est tout simplement brillant. En ce qui me concerne, j’avais découvert Anna Jansson avec Derrière les remparts, et ce roman m’a surpris car je ne m’attendais pas du tout à cette façon de traiter un tel sujet, à savoir les relations de couple.

En Suède, sur l’île de Gotland, dans la vieille cité de Visby. Maria Wern rentre chez elle après un diner avec Erika et Anders. Erika est une collègue et Anders, son amour du moment, un médecin de district. Sur le chemin du retour qu’elle a décidé de faire à pied, elle entend un appel au secours. Elle aperçoit trois hommes battre à mort un jeune homme. Elle s’interpose et les trois se retournent contre elle. Elle échappe au viol, mais l’un d’eux lui enfonce une aiguille emplie de sang, avant de partir. Et si on l’avait infecté du Sida ?

A l’hôpital, Tomas Hartman, son commissaire, vient prendre de ses nouvelles. Mais elle ne peut lui donner que de maigres indices concernant les agresseurs. Puis, c’est Jonatan Erikson, le spécialiste des maladies infectieuses qui vient la rassurer quant au risque qu’elle court et qu’elle peut faire courir à son amant Per Arvidsson, policier lui aussi. Quand elle se lève à la recherche du jeune homme battu à mort, Linus, elle rencontre son père qui lui annonce sa mort et veut se venger des assassins.

Linn Brogen est infirmière à l’hôpital. Elle rentre chez elle, en pensant à sa fille, Sara, en attente d’une greffe de poumons. Et comme son mari Claes est en mer, elle ne dort pas beaucoup. C’est dans un parking qu’elle se fait agresser par trois hommes ; elle aurait pu être violée si son voisin Harry n’avait pas sorti ses chiens. Ce traumatisme supplémentaire ne va pas arranger ses insomnies, d’autant plus que quelqu’un vient frapper à sa fenêtre en pleine nuit.

Linn va voir Anders pour qu’il lui donne des somnifères. Anders est le genre de médecin à écouter longuement ses patients, ce qui lui fait perdre beaucoup de temps. Mais cela lui permet de les comprendre. Linn ne lui dit rien de son agression, et parle de sa volonté de quitter son mari. Puis c’est Harry qui est hypocondriaque, qui vient consulter et Anders lui prescrit des analyses d’urine.

Un matin, on découvre un corps décapité au sommet d’une colline…

Que ceux qui cherchent des sensations et des romans rythmés passent leur chemin. Il s’agit bien ici d’un roman policier psychologique, où l’auteure prend le temps d’installer ses personnages ainsi que le décor. Le corps de Linn ne sera, en effet découvert qu’après 100 pages, ce qui montre qu’auparavant, on aura eu le temps de se familiariser avec les différents protagonistes.

Le début de ce roman est tout simplement brillant. L’auteure commence par un personnage, lui en fait rencontrer un autre, que le lecteur va à son tour suivre, jusqu’à en rencontrer un troisième que nous allons suivre et ainsi de suite. C’est brillamment fait, et surtout les descriptions sont justes. Certes, l’auteure prend son temps, mais les traits qu’elle dessine sont tous parfaitement placés. A cela s’ajoute le fait que les personnages habitent tous le même quartier, ce qui simplifie les transitions.

Puis arrive le meurtre et l’aspect policier peut se mettre en place. Et même là, l’auteure semble placer l’enquête au deuxième plan, préférant s’attarder sur la vie quotidienne de ces gens qui habitent sur une ile, en presque totale autarcie. Cela permet ainsi de fouiller certains aspects de notre société, et surtout la difficulté des relations humaines, la vie de couple ou bien la difficulté d’être accepté en tant qu’homosexuel. Même si ce roman n’est un pamphlet, chaque personnage incarne un aspect de ces thèmes.

C’est remarquablement fait et c’est psychologiquement passionnant. Il y a bien des passages un peu bavards, surtout vers le milieu du livre, mais ils sont vite effacés au profit d’une fin stressante et surtout inattendue, d’autant plus qu’elle est bien amenée. Ce qui fait que je garderai de ce roman un souvenir particulier, comme un voyage sur cette ile où j’aurais vraiment eu l’impression de vivre auprès de gens simples, engoncés dans leurs problèmes quotidiens. Très bon !

La pieuvre de Jacques Saussey (Toucan)

Jacques Saussey est un auteur prolifique, qui conte les enquêtes d’un couple de policiers, le capitaine Daniel Magne et la lieutenante Lisa Heslin. Et ce qui est remarquable chez Jacques Saussey, c’est son talent à raconter de bonnes intrigues avec un style fluide que beaucoup peuvent lui envier. Ce roman ne fait pas exception à sa bibliographie.

Jour J-5. Samir Khaleb est livreur. Sur sa mobylette, il fonce à travers les rues de Paris. Pour arrondir ses fins de mois, il en profite pour livrer des colis spéciaux. Le tout, c’est de ne pas se faire remarquer par les flics, faire comme si de rien n’était. Normalement, il repère la bonne boite aux lettres grâce à une pastille rouge collée dessus. Là, il n’y a rien. Il se baisse et n’entend pas la personne qui est derrière lui. Cela lui coute deux balles en pleine tête.

Jour J-13. Daniel Magne est de mauvaise humeur ce matin-là. Lisa et lui se sont engueulés. Quand elle va en direction de la salle de bains, le téléphone sonne. Le docteur Stéphane Marchand, de la clinique des Orchidées à Sanary sur mer lui apprend que sa mère, qu’elle n’a pas vu depuis des dizaines d’années est atteinte de la maladie de Alzheimer et qu’elle est en phase terminale. Lisa décide immédiatement de se rendre sur place. Sa mère l’avait abandonnée alors qu’elle avait 8 ans. Elle a été élevée par sa grand-mère à la mort de son père, le célèbre juge Heslin.

Jour J-4. Daniel Magne s’ennuie depuis le départ de Lisa, dont il n’a reçu que deux ou trois coups de fils. Alors qu’il est convoqué dans le bureau du chef, une mauvaise nouvelle l’attend. La balle retrouvée dans le crane de Samir a été tirée par la même arme qui a servi à tuer le juge Heslin il y a vingt-et-un ans. Pas question de le dire à Lisa. Daniel Magne, détaché au ministère va devoir mener son enquête.

Et voilà le bien humble résumé des 40 premières pages. Alors, accrochez vous parce que cela va aller vite. Et comme Jacques Saussey est très doué, il va nous balader tout au long de ces 550 pages dans un roman qui dépasse tout simplement le cadre d’un roman policier. Car il s’agit réellement d’un vrai roman d’aventures que l’on va dévorer avec une soif d’en savoir plus. C’est extrêmement bien écrit et la lecture est tout simplement délicieuse.

Et même si vous n’avez jamais lu d’enquêtes de Daniel Magne et Lisa Heslin, vous ne serez pas perdu. L’auteur ne s’appesantit pas sur leurs précédentes enquêtes, la psychologie est brossée de façon très efficace pour éviter d’en faire trop. Et bien vite, on est pris dans le rythme, emporté par ces chapitres courts qui alternent l’enquête de Daniel Magne avec celle de Lisa Heslin.

Car évidemment, nos deux flics vont se retrouver dans des imbroglios, jusqu’à un dénouement final très émotionnel et visuellement fort. Et c’est là un coup de force de Jacques Saussey : raconter deux histoires à quelques jours d’intervalles sans jamais se répéter ou délivrer des indices qui laisseraient deviner le dénouement. Je vous le dis : la construction de ce livre est un grand moment du roman policier.

En s’appropriant les assassinats de quelques juges italiens et français perpétrés dans les années 90, Jacques Saussey nous construit une enquête qui vise à montrer la toute puissance et l’omniprésence de la mafia dans la vie de tous les jours. Et ça fait froid dans le dos … L’auteur ne veut pas dénoncer, il construit une intrigue bien à lui, totalement inventée par son esprit créatif.

Personnellement, j’ai un peu regretté les chapitres où le tueur apparait, vers la fin. Je trouve que la construction s’en est trouvée ralentie, cassée. Mais cela ne concerne que 4 ou 5 chapitres, ce qui est peu au regard des 86 que comporte ce roman. Clairement, Jacques Saussey m’a encore impressionné avec ce roman, et il se pourrait bien que je reprenne un de ses romans précédents tant j’ai hâte de retrouver ces deux flics. Jacques Saussey est très fort, il le démontre de belle façon ici.

Miettes de sang de Claire Favan (Toucan)

Après Le tueur intime, Le tueur de l’ombre et Apnée noire, Miettes de sang est le quatrième roman de Claire Favan. Seulement. Je dis seulement, car à la lecture de son dernier roman, on sent une telle maitrise que l’on a du mal à imaginer que ce n’est que la quatrième.

Comment prendre le lecteur à contre pied … ou à contre œil ? C’est un peu la réflexion que je me suis faite en fermant ce livre. Devant la pléthore de romans policiers et autres thrillers qui sortent chaque année, il est bien difficile de trouver des traitements originaux. Dans celui de Claire Favan, tout est tenu à bout de bras par son personnage principal, Dany Myers. C’est un jeune homme timide, effacé, qui vit dans l’ombre d’une mère possessive et autoritaire. Son père était le chef de la police locale et un véritable héros. Lui a atterri dans la police en tant que lieutenant grâce à un coup de piston, du moins c’est ce que tout le monde pense au poste. C’est pour cela qu’il s’attire les foudres de ses collègues.

Invité à diner chez Sean Elliott, le capitaine, Dany accepte même s’il ne comprend pas pourquoi Sean lui fait cet honneur. Quand il arrive, toutes les lumières de la maison sont éteintes … Bizarre ! La porte est ouverte … Bizarre ! A l’intérieur, c’est le massacre. Sean a été torturé, découpé. Le sang décore les murs. Et la femme de Sean, May s’est apparemment suicidée.

Dany, choqué, va vouloir enquêter mais Ben, qui doit prendre la suite de Sean le prend de haut, le traite comme un débile, l’insulte. Pour Ben, May a tué Sean et s’est suicidée, affaire classée. Dany n’y croit pas. May est très croyante, elle n’aurait pas commis l’irréparable. Quand il découvre quelques jours plus tard une scène identique où une famille est assassinée et le fils présumé coupable, les similitudes sont trop flagrantes. Il va vite s’apercevoir que ces événements font partie d’une série.

Au risque de me répéter, J’adore Claire Favan par sa façon de construire ses personnages. J’aime sa façon de poser ses pions, et de dérouler son intrigue sans que je puisse en deviner la fin avant la dernière page. Bref, pour moi, Claire Favan écrit du divertissement haut de gamme, et réconcilie les amateurs de romans policiers et les amateurs de thriller. Car, l’autre qualité que j’apprécie par-dessus tout chez Claire, c’est l’absence de scènes sanguinolentes. Certes, il y a des meurtres, ils sont horribles, mais elle nous fait la grâce d’éviter des descriptions gore.

Ici, nous avons un personnage en béton, un lâche, un pleutre, un timide, le genre de personne que l’on peut confondre avec une ombre dans la rue, tant il est transparent. Il est rare de trouver des romans avec des antihéros aussi marqués, ou alors on les trouve généralement dans des romans comiques, où ils font office de victimes. Ici, Dany est sur le devant de la scène, et il s’en excuse presque … Alors même si parfois, je trouve que Claire grossit un peu trop le trait, en insistant sur le fait qu’il est maltraité, insulté, je dois dire que certaines de ses réactions sont remarquablement bien trouvées et qu’elles créent chez le lecteur une sympathie immédiate.

Le ton du roman est sérieux et Claire nous montre le vilain gentil canard, le mouton blanc du troupeau puisqu’il va vite découvrir par hasard que tout le poste de police est corrompu jusqu’à la moelle. Si la situation n’est pas inédite, ces deux faits mis bout à bout participent à la construction psychologique du personnage et au déroulement de l’intrigue. Et on le sait bien, quoi de mieux qu’un personnage seul contre tous, enquêtant envers et contre tous. Et pour le coup, Dany se retrouve bien seul dans tous les compartiments de la vie.

Claire Favan est aussi très douée pour mener son intrigue. Le déroulement est remarquablement logique, les pierres se montent sans accroc sur le mur, et vous pouvez être sur de ne pas deviner le dénouement. Ajouté à cela une fluidité du style que beaucoup peuvent lui envier, ces Miettes de sang s’avèrent un excellent divertissement qui a le mérite de jouer avec les codes de plusieurs genres. Grâce à toutes ces qualités, il est évident que ce roman plaira au plus grand nombre. A vous de plonger dans cette histoire sombre, et de suivre Dany dans sa misérable vie.

L’appel du mal de Lisa Unger (Toucan noir)

Quand j’avais lu Les voix du crépuscule, j’avais été époustouflé par le talent de cette jeune auteure (elle est née en 1970) et qui compte à son actif une trentaine de romans (!!!). J’avais raté le roman suivant, l’île des ombres, mais je tenais à lire son petit dernier.

Lana Granger est une jeune femme qui a connu un drame de jeunesse : sa mère a été assassinée par son père. Ce dernier est d’ailleurs emprisonné dans le couloir de la mort. Ses appels ont été rejetés et il attend son issue fatale. Lana, quant à elle, a coupé les ponts avec son père, et elle garde de sa mère des souvenirs formidables. Sa mère voulait qu’elle soit utile aux autres, qu’elle les aide. C’est pour cela qu’elle a choisi de faire des études de psychologie, spécialisé dans les cas difficiles de psychopathes.

Dans son héritage, Lana touche une pension qui diminue avec le temps. Elle doit donc se trouver un travail pour compléter son niveau de vie. Le professeur Langdon Hewes, son professeur, conseiller et mentor lui propose de devenir baby-sitter. Et comme il a une offre, il la lui propose naturellement. En effet, Rachel Kahn veut faire garder son fils Luke, âgé de 11 ans et pensionnaire du professeur Hewes. Lana va donc voir Rachel et devient la baby-sitter de Luke, qui s’avère violent et très manipulateur.

La colocataire de Lana s’appelle Rebecca. Autant Lana est renfermée et abhorre les contacts physiques, autant Beck (le surnom de Rebecca) est extravertie. Elle a de nombreuses aventures aussi bien avec des filles que des garçons et a l’habitude de fuguer pendant quelques jours. Sauf que Lana et Beck se disputent à la bibliothèque et que Beck disparait, sans donner de signes de vie pendant plusieurs jours. La police enquête sur cette disparition, d’autant plus que quelques mois plus tôt, Elisabeth, une amie de Lana a aussi disparue et que son corps a été retrouvé en bas des marches de l’école.

A l’intérieur de ce scenario implacable, sont insérés des chapitres de journal intime d’une jeune femme. Celle-ci vient d’avoir un bébé, elle est en plein baby blues. Son mari est souvent absent, alors elle doit gérer ce petit enfant qui semble ne réagir à aucun sentiment. Mais on ne saura qu’à la fin le lien de ces chapitres avec toute l’histoire.

Dans ce genre de roman psychologique, il faut attirer l’attention du lecteur très tôt, et alimenter l’intrigue par de nombreux événements pour relancer l’intérêt. C’est largement le cas ici, et ce roman, bien qu’il soit lent, car c’est raconté par Lana, est psychologiquement passionnant de bout en bout. A tel point que l’on se laisse prendre par les filets de l’intrigue et qu’on se laisse mener par le bout du nez. Quel plaisir !

Lana étant très renfermée, elle est forcément très bavarde (dans le bon sens du terme), et elle déverse toutes ses émotions. Comme on ne voit que son point de vue, on en vient à ressentir de la sympathie et on en vient à soupçonner tout le monde. Car Lisa Unger nous pousse à déterminer ce qui se passe. On en vient à soupçonner Luke, psychopathe manipulateur en puissance, ou bien sa mère Rachel. Mais cela pourrait être aussi le père de Lana à distance, le professeur Langdon Hewes, la psychologue particulière de Lana, les amies de Lana ou même la police …

Que de pistes pour un scenario fantastique ! Car, au bout du compte, vous ne trouverez pas le bout du bout de cette intrigue, qui est un scenario qui s’avère bigrement vicieux et surtout remarquablement mené. Si le style n’a pas la fluidité et la subtilité d’un Thomas H.Cook ou d’une Megan Abbott, ce roman est clairement un excellent roman psychologique, et je ne peux que vous encourager à vous laisser prendre dans cette toile d’araignée implacable et redoutable.

Seuls les vautours de Nicolas Zeimet (Toucan)

Vous aimez Stephen King ? Pas quand il fait des livres d’épouvante, mais quand il prend le temps de regarder, de décrire la vie des gens normaux. Eh bien, ce roman est pour vous, car ce roman est tout simplement époustouflant.

Cela se passe en 1985, dans une petite ville américaine Duncan’s Creek. La petite Shawna Twitchell agée de 5 ans a disparu sans laisser de traces, pendant cette soirée du 18 juin. Sa mère Mandy était en train de s’occuper de la maison, et quand elle est revenue dans le jardin, elle n’était plus là. Comme dans toute petite ville, tout le monde va se sentir concerné. De nombreuses battues vont être organisées pour la retrouver, et tous les habitants du village vont y participer.

La police va aussi enquêter. En effet, il y a 6 mois, son mari Rory a disparu sans laisser de traces. Mandy est-elle coupable ? Ses beaux parents l’ont-ils enlevée ? A-t-elle été victime des indiens dont certains membres collectionnent des pierres magiques ? Ou bien le vieux fou Arlin l’a-t-il tuée et enterrée ? Ou bien, La faille du Diable fait-il peser une malédiction sur Duncan’s creek ?

Nicolas Zeimet va semer les pistes, en nous présentant la vie des petites villes américaines au travers de la réaction de ses habitants. Il va prendre le temps de passer en revue plus d’une dizaine de personnages, tous formidablement dessinés. Il va prendre le temps de nous montrer ce qu’était la vie avant les portables, les analyses ADN et le culte de l’argent à tout prix. L’histoire est simple, le dénouement aussi, mais on sera passé par différentes émotions pour y arriver, de l’angoisse pure à la tristesse, de la tristesse à la tendresse quand le groupe d’enfants s’amuse à se raconter des histoires d’horreur qu’ils ont eux même créées.

Pour autant, on ne pourrait y voir qu’une pâle copie du maître. Et pourtant, Nicolas Zeimet se lance dans son défi, à corps perdu et nous plonge au milieu de cette communauté, et on a vraiment l’impression de passer quelques jours en leur compagnie. Et puis, comme chez Stephen King, au détour d’une scène, il a cette faculté rare de nous sortir LA phrase qui va faire monter la pression, créer une sourde angoisse et nous bousculer dans nos certitudes.

Alors bien sur, il y a bien quelques scènes que j’ai trouvées bateau, trop faciles, mais elles ne sont pas plus de quatre ou cinq sur 470 pages. Alors, je lui pardonne ces quelques facilités et surtout, j’ai envie de tirer mon chapeau à un auteur qui a un talent fou, qui est capable de nous plonger dans les années 80, à 10 000 lieues de chez nous, et de nous donner envie de ne pas lâcher son livre, grâce à son style hypnotique.

Les éditions du Toucan ont dégotté là un auteur fantastique et je ne peux que vous encourager à le découvrir tant son roman est passionnant tant pour la psychologie des personnages que pour l’ambiance qu’il a su créer. C’est du grand art, c’est son deuxième roman, et je m’incline devant le talent de monsieur Zeimet. Merci !

Lignes de sang de Gilles Caillot (Toucan Noir)

Je l’avais promis à son auteur, et donc j’ai tenu mon engagement … avec un peu de retard. Gilles, ce billet est pour toi, pour le plaisir que j’ai eu à dévorer ton roman, alors même que ce n’est pas mon genre de prédilection. Clairement, tout lecteur de thriller, de page turner comme on dit, va y trouver son compte car la construction de l’intrigue ainsi que ses personnages attachants font que ce livre est impossible à lâcher.

Evidemment, on a affaire à un serial killer, du genre de la pire espèce, du genre à enlever les jeunes femmes, les enfermer dans des caves et à les torturer longuement … avant de les tuer et de prélever leur utérus. Ce tueur est aussi très intelligent et s’amuse à laisser des indices comme pour le chat joue avec la souris. Et il faudra de sacrés personnages pour arriver à deviner l’identité de ce grand malade.

D’un coté, nous avons Richard Granjon, un écrivain qui pond des romans sentimentaux et qui veut changer de registre. Son ami de toujours Max lui propose de l’héberger dans sa résidence secondaire, dans les environs de Lyon, pour qu’il ponde un thriller digne de son talent. Mais dès que Richard emmènage dans la maison, un message anonyme lui dit que Max est son prisonnier et qu’il devra écrire les scènes de meurtre qu’il lui envoie par mail.

De l’autre coté, Jacques Depierre, lieutenant de police, est chargé de l’enquête sur un tueur qui a déjà à son actif trois meurtres. Ce jour là, c’est le quatrième corps qu’ils retrouvent. Voyant bien qu’il n’y arrivera pas avec la petite équipe mise en place, il demande à son supérieur des renforts et se voit confier Jean Dunoir. S’ils arrivent à assembler les pièces du puzzle, leur enquête avance à grands pas quand ils s’intéressent à Second Life, un jeu en temps réel sur Internet où les joueurs peuvent s’inventer une vie virtuelle … et même plus.

Je dois être honnête : le thriller, le page-turner ou tout roman où il s’agit de poursuivre un serial killer n’est pas ma lecture de tout les jours. Pour autant, j’en lis parfois, j’en chronique quelques uns quand je passe un bon moment. Et pour le roman de Gilles, je dois dire qu’il y a des moments où, imperceptiblement, les phrases vous font monter le rythme cardiaque.

Certes, le fait de finir les chapitres par des phrases ouvertes se veut une des façons de retenir l’attention, mais moi, je n’aime pas ça. Par contre, l’alternance des chapitres d’un personnage à l’autre, les phrases courtes et les chapitres qui ne dépassent que très rarement les 3 pages font que ce roman se lit très rapidement et que j’ai pris plaisir à suivre l’enquête de Jacques et les horreurs de Richard. Il est d’ailleurs à noter que Gilles Caillot évite les scènes gore inutiles, ce qui n’est pas pour me déplaire.

L’auteur se permet tout de même de poser certaines questions sur les auteurs de romans gore, mais aussi sur leurs lecteurs. Et il nous détaille ces mondes virtuels où tout peut arriver, même le pire. Même si le genre du roman ne se veut pas un réquisitoire contre Second Life ou les autres de ce genre, il n’en est pas moins qu’il pose de vraies questions.

Et puis, j’ai avalé les 200 dernières pages sans pouvoir m’arrêter, emporté par le rythme de folie, vers une fin tout à fait inattendue. Alors, vous qui êtes un fan de tueurs en série, d’histoires glauques et d’énigmes impossibles à résoudre, sachez qu’à coté du nom de vos idoles (souvent américaines), il vous faudra ajouter celui de Gilles Caillot, un très bon faiseur d’histoires.