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Oldies : Little bird de Craig Johnson

Editeur : Gallmeister (Grand format) ; Gallmeister / Points (Format Poche)

Traducteur :

Afin de fêter ses 15 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux éditions Gallmeister, spécialisées dans la littérature anglo-saxonne. Je vous propose un roman particulier pour moi, je vous en dis plus un peu plus loin …

L’auteur :

Craig Johnson, né le 12 janvier 1961 à Huntington dans l’État de la Virginie-Occidentale, est un écrivain américain, auteur d’une série de romans policiers consacrés aux enquêtes du shérif Walt Longmire.

Craig Johnson fait des études de littérature classique et obtient un doctorat en art dramatique.

Avant d’être écrivain, il exerce différents métiers : policier à New York, professeur d’université, cow-boy, charpentier, pêcheur professionnel, ainsi que conducteur de camion. Il a aussi ramassé des fraises. Tous ces métiers lui ont permis de financer ses déplacements à travers les États-Unis, notamment dans les États de l’Ouest. Il finit par s’installer dans le Wyoming où il vit actuellement. Toutes ces expériences professionnelles lui ont servi d’inspiration pour écrire ses livres et donner ainsi une certaine crédibilité à ses personnages.

Il est l’auteur d’une série policière ayant pour héros de shérif Walt Longmire. Les aventures du shérif se déroulent dans le comté fictif d’Absaroka, dans le Wyoming, aux Etats-Unis, le long d’une branche des montagnes rocheuses, la Chaîne Absaroka. Par son cadre géographique, la série lorgne vers le genre du western. Elle a été adaptée à la télévision américaine sous le titre Longmire, avec l’acteur australien Robert Taylor dans le rôle-titre.

Craig Johnson vit avec sa femme Judy dans son ranch près de Ucross (25 habitants) sur les contreforts des Monts Big Horn, dans le Wyoming, où il s’occupe de ses chevaux et de ses deux chiens. Son ranch est adjacent aux réserves indiennes Crow et Cheyenne où l’écrivain a de nombreux amis dont il s’inspire directement pour créer ses personnages amérindiens. Il trouve également son inspiration dans les paysages et différents lieux environnants son ranch et les décrit avec précision dans son œuvre. Bien que le comté d’Absaroka n’existe pas réellement, sa position géographique est bien réelle et ses caractéristiques reprennent celles de lieux existants.

Craig Johnson est lauréat de nombreux prix littéraires, dont le Tony HillermanMystery Short Story Contest. Il est membre de l’association des MysteryWriters of America.

En France, les écrits de Johnson sont publiés par l’éditeur Gallmeister. Plusieurs nouvelles ont été offertes gratuitement en librairie et diffusés sur internet afin de promouvoir l’œuvre de l’auteur.

(Source : Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. Ses espoirs s’envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune indienne, Melissa LittleBird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche à se venger. Alors que se prépare un blizzard d’une rare violence, Walt devra parcourir les vastes espaces du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

Avec LittleBird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages dotés d’assez de sens du tragique et d’humour pour remplir les grandes étendues glacées des Hautes Plaines.

Mon avis :

Cette série représente pour une série de romans particulière pour une raison bien simple. Quand LittleBird est sorti, on m’en a parlé en des termes si élogieux que je l’ai acheté peu après sa sortie. Puis, les tomes sortant à la fréquence d’un par an, je les ai tous acquis année après année, et je ne les ai jamais ouverts. J’attendais la bonne occasion pour entamer cette série dont la première enquête a totalement rempli les attentes.

Dès les premières lignes, Craig Johnson nous plonge dans un décor de western, dans une époque bien ancrée dans notre quotidien. Son style, très littéraire, fait des miracles en termes de descriptions à un point tel que l’on se retrouve face à des peintures représentant un paysage montagneux à perte de vue.

Craig Johnson évite les pièges de vouloir nous présenter le contexte et les personnages au début du roman. Il entre dans son intrigue comme si nous faisions déjà partie des habitants de cette région d’Absaroka. Petit à petit, il va nous présenter les protagonistes au travers de scènes simplissimes qui permettent de situer à la fois leur relation avec Walt Longmire et leur psychologie.

D’ailleurs, Walt Longmire, qui est le narrateur de cette histoire, prend toute la place ; et la narration est si naturelle (je vais éviter de dire fluide) qu’on a l’impression non seulement de le connaitre depuis longtemps mais de carrément vivre à ses côtés. On ne peut qu’adorer ses répliques toutes en dérision de la part d’un homme dont la femme vient de mourir et qui se retrouve en période électorale pour son poste de shérif.

L’histoire en elle-même est terrible : une jeune fille indienne attardée a été violée par quatre jeunes hommes dont on attend la peine de prison après la condamnation. Alors qu’ils sont en liberté surveillée, Walt est appelé pour constater le corps de l’un d’eux. Le rythme de ce roman va être lent, au rythme de la vie dans l’Ouest américain, et va nous présenter la vie de cette petite ville, bordée par une réserve indienne. On y appréciera aussi la diplomatie et le respect des gens dont fait montre Walt, qu’ils soient blancs ou amérindiens. Un premier tome qui donne envie de se plonger dans la suite de suite.

Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard

Editeur : Belfond

Voilà un auteur dont j’ai beaucoup entendu parler, en bien. Ayant raté son précédent roman, Fais le pour maman, j’ai voulu tester son petit dernier en date. Le moins que je puisse dire, c’est que j’ai bien fait, parce que c’est un roman terriblement addictif, que je l’ai lu en deux jours. Vous êtes prévenu : si vous commencez ce roman, vous allez perdre quelques heures de sommeil.

Il est allongé. Il se réveille et ne se souvient de rien. Il a du mal à respirer, il semble être dans une boite, ou du moins dans un espace confiné. Le bruit de la terre qui tombe sur la boite l’obsède. On l’enterre vivant ? Au secours !

Fanny est une femme heureuse en famille. Elle vit avec Mickael et les deux jumeaux Arno et Victor. Depuis qu’elle a écrit un livre à succès, sur comment décorer sa maison avec des fleurs, sa boutique a du succès. La cinquantaine apaisée, elle apprécie sa vie de couple au milieu des peintures de Mickael. Tout juste est-elle inquiète de Victor, et son envie de faire souffrir son frère. Il semble avoir une envie de faire du mal.

Le commissaire divisionnaire Dubois est au cimetière. Il déteste ça, mais il est forcé de rester là puisque c’est sa mère qu’on enterre. Il vient de recevoir un SMS : Le professeur Jacques Jakubovitch, le chirurgien esthétique des stars vient d’être retrouvé assassiné, et l’assassin a fait preuve d’imagination.

Elle est étudiante en deuxième année de médecine à Paris VII. Elle a toujours eu un penchant pour l’alcool, buvant à en oublier sa vie, son stress, à s’en rendre malade. Ce soir là, saoule comme d’habitude, elle a accepté de prendre les pilules proposées par Marc. Puis, ils sont devenus plusieurs. Puis ils l’ont emmenée dans un coin. Puis ils l’ont violée. Tous. Les uns après les autres.

Après la lecture de ce roman, je comprends pourquoi François-Xavier Dillard reçoit autant de compliments pour ses romans. On a en effet affaire à un thriller costaud, plutôt classique dans la forme et parfaitement maitrisé. Ce roman est construit comme un puzzle. On a vraiment l’impression de se retrouver devant ce type de jeu. On est face à plusiuers pièces, n’ayant aucun rapport les unes avec les autres. Certaines ont des couleurs qui se ressemblent, les formes sont différentes, et on n’a aucune idée de l’ensemble.

Nous allons donc passer d’un personnage à l’autre, sans aucune notion de temps ou d’espace. Malgré cela, on n’est jamais perdu et c’est la grande force de ce roman. Chaque scène est minutieusement décrite, les scènes sont d’une justesse incroyable, ce qui rend les chapitres fascinants. Même les scènes de tous les jours, qui peuvent paraitre habituelles, faisant part d’une certaine routine deviennent passionnante par cette minutie apportée dans l’écriture. Et si on a l’impression d’être transporté d’une scène à l’autre, on est passionné par ces chapitres qui s’accumulent.

François-Xavier Dillard évite aussi les longues descriptions. Ses phrases son courtes, font mouche à tous coups. Et ses chapitres ne dépassent pas 5 à 6 pages, ce qui donne un rythme à la lecture et une certaine frénésie dans l’esprit du lecteur qui veut en découdre avec cette intrigue tortueuse. Toutes ces qualités font que l’on n’a pas envie de lâcher ce roman avant la dernière page.

Si j’ai déjà lu des thrillers traitant de ce sujet, il n’en reste pas moins que la forme de ce roman et le talent de l’auteur en font un roman réellement passionnant. Comme je l’ai dit, l’écriture arrive à nous rendre fascinantes toutes les scènes ce qui rend la lecture de ce roman addictif, impossible à lâcher. Cela en fait un roman hautement recommandable et un excellent divertissement procurant un plaisir difficilement oubliable.

On se retrouvera de Laetitia Milot et Johana Gustawsson (Fayard noir)

Voici un nouveau premier roman, que j’aurais mis deux jours à lire ; c’est dire si je l’ai lu avec plaisir. Il aborde un sujet difficile, la violence envers les femmes sous la forme d’une recherche des coupables.

Margot travaille à son compte, vendant des habits de prêt-à-porter féminins par Internet, avec son amie Alice. Elle est au chevet de sa mère, Christiane qui est atteinte d’un cancer incurable. Sur son lit de mort, Christiane va lui avouer qu’elle a été violée et torturée par quatre hommes dans sa jeunesse, et que Margot est l’enfant issue de ce viol.

A partir de là, Margot va rechercher les coupables impunis, parmi lesquels elle compte son père. Elle commence par rechercher des nouvelles dans les archives des journaux locaux. Un simple entrefilet la mène sur la piste de la journaliste qui a suivi l’affaire. Puis, elle va retrouver les gendarmes en charge de l’affaire. Cette quête va chambouler sa vie, puisqu’elle va aller de découverte en découverte et trouver sur son chemin l’amour.

Comme je le disais plus haut, c’est un livre que j’ai lu en deux jours, tant il est facile à lire. Il n’y a pas de temps mort, et on passe d’une scène à l’autre très rapidement. Le personnage de Margot est suffisamment complexe pour que l’on s’y attarde : elle est tout à fait normale dans sa vie de tous les jours mais se transforme en furie dès qu’elle est en présence d’un des violeurs. D’ailleurs l’alternance entre les moments de la vie de tous les jours et ses recherches sont un des points forts de ce livre, nous permettant de souffler, et ménageant des calmes entre les temps forts.

Il y a aussi les dialogues, remarquablement bien faits, qui m’ont paru d’une efficacité et d’une véracité rare pour un premier roman. Et puis, il y a ces séances chez le psychologue, qui nous éclairent sur la psychologie de Margot et qui en même temps, nous donne plein de pistes à suivre. Bref, on trouve dans ce livre plein d’idées que l’on trouve chez d’autres romanciers mais qui ont été mis au service de l’histoire, et qui ont été assimilés.

Alors évidemment, c’est un premier roman à propos duquel on ne peut que donner des conseils : il y a parfois une volonté d’insister dans les scènes fortes avec des synonymes comme pour insister sur une scène ou une action alors qu’une expression bien trouvée, une image bien peinte en une phrase aurait suffi. Et puis il y a cette fin, la découverte du dernier coupable qui est définitivement ratée puisque tombée du ciel d’une façon bien maladroite.

Sinon, je dois dire que ce roman est une bonne surprise avec un scenario plausible, et plutôt linéaire, avec quelques retours dans le passé, des passages en italique pour insister sur les pensées de Margot qui m’ont paru bien venu. Et puis, on sent que ce livre a été écrit avec passion, que les auteures avaient à cœur d’écrire cette histoire, et que la dénonciation des violences faites aux femmes est bien un thème important, même si j’ai du mal à accrocher à celui de la vengeance personnelle pour pallier aux manques de la justice. Mais si ce livre me fait réagir, c’est qu’il m’a intéressé, non ? Alors à votre tour de découvrir ce bon roman.