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Oldies : Homesman de Glendon Swarthout

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Laura Derajinski

Afin de fêter ses 15 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux éditions Gallmeister, spécialisée dans la littérature anglo-saxonne. Mais pas que, puisque Gallmeister va éditer à partir du mois de mars des romans italiens … et on y reviendra bientôt.

Ce roman sorti en format poche en début d’année faisait dès son annonce partie de ma liste de livres à lire. Devancé par de nombreux avis très positifs, mon avis ne tient pas compte du film tiré de cette histoire, puisque je ne l’ai pas vu.

L’auteur :

Glendon Swarthout, né le 8 avril 1918 à Pinckney, Michigan (en), dans le Michigan, et mort le 23 septembre 1992 à Scottsdale, en Arizona, est un écrivain américain, auteur de westerns et de romans policiers. Sa première activité professionnelle est un job d’été dans un resort du lac Michigan, où il joue de l’accordéon dans un orchestre pour dix dollars la semaine.

Diplômé de l’université du Michigan à Ann Arbor, Glendon Swarthout commence par écrire des publicités pour Cadillac. Après une année de cette activité, il se lance dans le journalisme puis dans la rédaction de ses premiers romans. Il publie son premier roman, Willow run, en 1943.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est envoyé en Europe et participe à un seul combat dans le sud de la France avant d’être renvoyé aux États-Unis. À son retour, il enseigne à l’université du Michigan et écrit de nouveaux romans. C’est après la première adaptation cinématographique en 1958 de l’une de ses œuvres, Ceux de Cordura, qu’il peut se consacrer pleinement à l’écriture.

Swarthout devient un auteur prolifique et s’illustre dans quasiment tous les genres littéraires de fiction à l’exception de la science-fiction. Il laisse derrière lui une œuvre foisonnante et inclassable. Il est néanmoins surtout reconnu comme un des plus grands spécialistes de l’Ouest américain et du western.

Il est l’auteur de seize romans, dont plusieurs best-sellers. Neuf d’entre eux ont été portés à l’écran, dont Le Tireur, qui fut le dernier film de John Wayne et The Homesman, second film de Tommy Lee Jones. Deux fois nommé pour le prix Pulitzer, lauréat de nombreux prix littéraires, Glendon Swarthout meurt le 23 septembre 1992 en Arizonad’un emphysème pulmonaire.

(Source : Wikipedia & Gallmeister.fr)

Quatrième de couverture :

Au cœur des grandes plaines de l’Ouest, au milieu du XIXe siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte. Cette année-là, quatre femmes, brisées par l’hiver impitoyable et les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison. Aux yeux de la communauté des colons, il n’y a qu’une seule solution : il faut rapatrier les démentes vers l’Est, vers leurs familles et leurs terres d’origine. Mary Bee accepte d’effectuer ce voyage de plusieurs semaines à travers le continent américain. Pour la seconder, Briggs, un bon à rien, voleur de concession voué à la pendaison, devra endosser le rôle de protecteur et l’accompagner dans son périple.

Inoubliable portrait d’une femme hors du commun et de son compagnon taciturne, aventure et quête à rebours, Homesman se dévore de la première à la dernière page.

Mon avis :

Homesman bénéficie d’un scénario hors pair, mené tel que son auteur l’a voulu : une première partie qui présente les personnages, la deuxième raconte le périple du Kentucky en Iowa, la troisième vient clore cette histoire hallucinante (Tiens, je n’utilise pas souvent ce terme !), forte et dramatique. Si on peut envisager de le classer dans une catégorie Western, je le situerai plutôt comme un roman d’aventures, et franchement dans le haut de gamme.

Car l’écriture de Glendon Homesman est redoutablement précise, tantôt behavioriste, tantôt détaillée, mais toujours terriblement juste quand il s’agit de montrer les relations entre Briggs et Mary Bee, leurs forces et surtout leurs faiblesses. Et elle bénéficie de la force de l’imagination de l’auteur, qui nous offre des scènes que l’on n’est pas prêt d’oublier. Imaginez un charriot transformé en fourgon, qui prend la route de terre avec quatre femmes devenues folles qui, tout le long du chemin, vont gémir.

Je vous mets au défi de rester insensible envers le sort de ces pauvres femmes, qui ne savaient pas ce quel sort elles allaient subir en s’installant dans l’Ouest sauvage. Je parie que vous tremblerez (ou hurlerez) pendant les rencontres (des Indiens, de nouveaux immigrants ou même des enfoirés profiteurs qui leur refusent une chambre d’hôtel …) qu’ils vont faire grâce à des scènes bien stressantes. Je suis sûr que vous crierez de rage devant tant d’injustice et d’incompréhension, devant cette fin si triste. Après avoir tourné la dernière page, je ne veux faire qu’une chose : voir à quoi ressemble l’adaptation cinématographique. Et je vous donne un conseil : lisez ce livre avant !

Ne ratez pas non plus l’avis de Jean-Marc

Dehors les chiens de Michaël Mention

Editeur : 10/18

Michaël Mention n’arrête pas de nous surprendre. Cet auteur que j’affectionne particulièrement s’essaie à tous les genres tout en ne sacrifiant pas son style personnel. Derrière ce Western dans la plus pure tradition se cache autant de thèmes contemporains qu’une formidable ambiance désertique d’un monde qui se créée.

2 juin 1886, Caroline du Nord. Brad O’Herlihy, colporteur, conduit son charriot sous un soleil de plomb. Il aperçoit une silhouette au loin, puis entend le galop d’un cheval, un appaloosa. Méfiant, il sort son fusil et enlève le cran de sureté. L’homme lui demande un bijou, pour un cadeau. Ils font affaire autour d’une broche, mais quand le cavalier lui donne de l’argent, il le braque avec son revolver. L’homme se nomme Crimson Dyke, agent secret au service du gouvernement, chargé de traquer les faux-monnayeurs. Crimson attache Brad à son cheval pour l’emmener à un juge à Gold Creek.

Ils parcourent des plaines désertiques pendant des jours et des jours, Brad à pied, Crimson monté sur Butch, avant d’arriver à Gold Creek. Crimson dépose Brad auprès du Marshal, en l’absence du Sheriff. Crimson repart à la recherche de son prochain trafiquant, après avoir biffé le nom de Brad, et passe devant ce projet fou de créer une ligne de chemin de fer traversant les Etats-Unis vers la Californie, pleine de promesses d’Or.

Arrivée à Providence avec un autre trafiquant. L’accueil est froid, armé aussi. Les armes sont prohibées et le sheriff George Kowalski et son adjoint Clarke y veillent. Crimson entre au bar, où les clients le regardent comme un étranger, comme une menace. Il prend une chambre, en profite pour se laver et aperçoit une belle jeune femme. Dorothy est institutrice et va de ville en ville pour enseigner aux élèves les rudiments de la lecture. Crimson, lui, ouvre Richard III, allongé sur son lit.

Michaël Mention est un touche à tout. N’abandonnant pas son style à la fois direct et imagé, il nous partage sa vision du Far-West, avec un souci de réalisme loin des fantasmes que nous montrent les films. Doté d’une documentation impressionnante mais sans faire le professeur hautain, l’auteur nous peint des paysages vides, des villes espacées de plusieurs jours de randonnée à cheval, les folies des hommes et le malheur des femmes, le silence tout juste troublé par le galop de voyageurs.

Crimson Dyke nous est présenté comme un homme droit, dont le but est de faire respecter la loi, mal payé et solitaire. Il rencontre les habitants de ces recoins perdus où la loi est celle du plus fort, du plus rapide à dégainer. Ce mélange d’hommes et de nature fonctionne à merveille, aidé en cela par un nombre incalculable de scènes marquantes, qui vont dérouler une intrigue magnifiquement menée.

Le Western en tant que genre n’est pas mon préféré, et pourtant, j’y ai trouvé ce que j’aime dans les films de Sergio Leone, ce petit plus de crasse qui fait la différence par sa volonté de toucher à une véracité historique. Et puis, on y trouve des personnages fantastiques, en particulier les Seasons Brothers, quatre assassins qui arpentent les villes pour éliminer les gênants et remplir les contrats qu’on leur a passés.

Sur la première page, on peut lire « Les errances de Crimson Dyke I ». Quelle joie de se dire qu’on aura droit à une suite ! car au-delà de cette histoire, Michaël Mention parle des thèmes qui lui sont chers, l’humanité telle qu’elle se construit, avec ses bons cotés et ses erreurs, ses crimes aussi, sur des sujets malheureusement encore contemporains. Avec cette première aventure foisonnante, il inaugure une série qu’il a écrite avec beaucoup de plaisir, que l’on partage sans aucune réticence. Vivement la suite !

Des poches pleines de poches

Pour bien finir l’année, la dernière rubrique consacrée aux romans en format poche est exclusivement consacrée aux éditions Points, qui fêtaient cette année leur 50ème anniversaire.

A sang perdu de Rae DelBianco

Editeur : Seuil (Grand Format) ; Points (Format Poche)

Traducteur : Théophile Sersiron

Wyatt Smith et Lucy sa sœur jumelle essaient du survivre en élevant leur troupeau de bœufs et de vaches. Ces quelques dizaines de bêtes leur permettent à peine de payer leur ferme, dont ils ont hérité à la mort de leur père. Sous le soleil implacable du désert de l’Utah, Wyatt subit des coups de feu par une jeune fille de 14 ans, qui a abattu quatre bœufs. Wyatt et Lucy l’enferment mais la jeune fille sauvage arrive à s’échapper. Wyatt se lance alors dans une course poursuite effrénée pour récupérer ses 4600 dollars.

J’aurais lu pas mal de premiers romans en cette année 2020, et bien peu auront capté mon intérêt. Ce roman-là n’est pas exempt de défauts mais il vaut le détour par la description d’une partie de l’Amérique dont on parle peu, l’Utah, son désert et ses champs immenses et interminables, peuplés de fermes isolées tous les 50 kilomètres. Dans ce cadre, dans ce décor, il n’est pas étonnant de rencontrer des hommes et des femmes dont le principal objectif se résume à la survie. Et tout justifie la légitime défense de ses biens.

Le roman, malgré son scénario qui tiendrait sur un post-it, nous présente des personnages violents, justifiant leur mode de vie par la défense de leurs terres. On se retrouve plongés dans un monde qui ressemble à celui de Mad Max, sauf que nous sommes dans la vraie vie. Que ce soient les hommes ou les femmes, c’est la loi du plus fort qui prime, et de celui ou de celle qui tire vite et bien.

C’est bien le style qui me permet de dire que ce roman vaut le détour. Rae DelBianco a le talent de nous faire ressentir une terre aride, désertique, sous un soleil de plomb écrasant. On suerait presque de grosses gouttes à la lecture de ce roman. Et malgré le fait que l’auteure ait opté pour un style très descriptif mais irrémédiablement froid, clinique, ce qui empêche une quelconque empathie ou identification envers les personnages, on assiste à des scènes violentes dont l’aspect visuel et cinématographique force le respect. Il sera intéressant de suivre cette auteure prometteuse.

Mauvais coûts de Jacky Schwartzmann

Editeur : Seuil (Grand Format) ; Points (Format Poche)

A 47 ans, célibataire sans enfants, Gaby Aspinall cache derrière sa démarche débonnaire une âme de tueur d’entreprise. Acheteur chez Arema, une entreprise d’électricité spécialisée dans le nucléaire, il exerce son métier sans pitié pour ses fournisseurs, leur grattant quelques pourcents qui vont amputer leur marge. Ce matin-là, il se rend chez Nitram pour négocier avec Gressot, le patron, trois pourcents supplémentaires. Il ne sait pas encore que cette visite va engendrer de gros changements dans sa vie.

Gaby assurant la narration, il nous présente le monde de l’entreprise moderne. Ayant roulé sa bosse, il fait preuve d’une lucidité qui fait qu’on se retrouve forcément par son style cynique et méchant. Car Gaby ne croit en rien, ne fait confiance en personne et remplit sa vie vide par l’humiliation de ses fournisseurs. Et dans ce genre-là, quand il s’agit de pointer les travers de notre société, Jacky Schwartzmann est le roi.

Ça flingue à tout va, dans tous les domaines. C’est méchant, autant pour le fonctionnement de l’entreprise, que pour les pompes funèbres ou les hôtels, les restaurants, les parents, les syndicats, les docteurs, la télévision ; bref, tous les domaines que nous rencontrons dans notre misérable vie vont en prendre pour leur grade, le but n’étant pas de dire que c’était mieux avant, mais de pointer l’infantilisation que nous subissons.

Alors oui, Jacky Schwartzmann y va fort, on éclate de rire parfois, on rit jaune tout le temps. Mais surtout on apprécie l’opinion de ce personnage gratuitement ignoble et détestable parce qu’il y a un fond de vérité et des exemples criants de justesse et de lucidité. Ce qui est sûr, c’est que ça ne plaira pas à tout le monde. Mais par moments, ça fait bigrement du bien d’être bousculer dans nos petites certitudes inutiles. J’aime.

Une assemblée de chacals de S.Craig Zahler

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Allez savoir pourquoi, je n’aime pas les westerns, en littérature. J’ai du lire un roman se déroulant dans le Far-West et j’ai du trouver cela mauvais pour ne pas m’en rappeler ni d’ailleurs avoir envie de tenter à nouveau ma chance. Et pourtant j’ai lu Une assemblée de chacals, sans doute parce qu’il est édité par les éditions Gallmeister, mais surtout parce qu’Olivia Castillon a insisté pour que je le lise. Eh bien, je remise mes aprioris au placard, ce roman est fantastique, à tous points de vue.

On pourrait penser qu’Oswell Danford est un simple fermier de Virginie, qu’il se contente de vivre une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses deux enfants. Quand Elinore lui annonça qu’un télégramme venait d’arriver du Montana, il ne pouvait se douter de sa teneur. Le message vient de James Lingham, un fantôme du passé, et lui annonce qu’il va épouser Béatrice Jeffries. La fin du message est sans équivoque : « Toutes les vieilles connaissances seront présentes ».

Godfrey son frère ainé approcha et il a reçu aussi le même télégramme. Ils se sentent obligés d’aller à ce mariage, et ils vont récupérer Richard Sterling dit Dicky le troisième de la bande. Godfrey tient tout de même à se rassurer et demande si Oswell a toujours son arsenal. Il est effectivement là, enterré sous le porche. Ils peuvent donc se mettre en route pour assister à ce mariage même si cela ressemble plus à un voyage vers l’enfer.

Pendant le voyage, Oswell tient à rédiger ses mémoires, pour laisser une trace pour sa femme et ses enfants. Il va raconter comment Godfrey, Dicky et Oswell ont rencontré Lingham, comment ils ont formé le Gang du Grand Boxeur, un gang de voleurs de grands chemins, jusqu’à ce qu’ils rencontrent Quinlan, un Irlandais complètement cinglé, assoiffé de sang, qui leur a montré à quoi ressemblait l’enfer.

Construit en trois parties, ce roman peut sembler à tout égard classique. Tout d’abord, il y a le voyage jusqu’au Montana, puis les préparatifs du mariage, et enfin la confrontation finale. C’est dans la première partie que tout se joue, où on s’attache aux personnages et où les mémoires d’Oswell sonnent remarquablement juste. Il y a dans ces passages une simplicité et une honnêteté qui nous font adhérer à l’histoire.

Puis vient la deuxième partie, où nous nous trouvons dans une ville peuplée de gens honnêtes, attachants, et où la menace est constante et ne fait que monter. Avec des phrases minutieusement choisies, le stress de la présence de Quinlan se fait sentir alors qu’on ne le voit pas. Et c’est d’autant plus intenable que l’on sait de quoi il est capable. En contrepartie, la préparation du mariage montre des gens heureux, des décorations joyeuses, alors que l’on sait que cela va virer au cauchemar.

Puis vient la confrontation finale, qui dure plus de cent pages. Et là, c’est un véritable festival, une vision apocalyptique et violente pendant un moment qui ne devrait laisser augurer que de doux sentiments. Et là encore, le style de l’auteur fait mouche, avec cette façon si imagée de décrire les scènes, opposant les familles heureuses avec une violence venue d’ailleurs.

Si les psychologies sont remarquablement décrites, si les scènes sont remarquablement enchaînées, ce roman vire dans une jouissance totale, nous faisant revivre les meilleurs westerns cinématographiques, tels Sergio Leone ou Tarantino. Il y a dans cette histoire une volonté de montrer des personnages extrêmes dans des décors sentant bon le Far West, mais pas celui policés de beaucoup de westerns, plutôt celui dur et âpre du sable qui fouette les visages et la chaleur qui assèche les bouches. Et cette idée d’avoir situé l’église en dehors de la ville, au milieu du désert est l’une des clés de la réussite de cette fin.

Attendez-vous à prendre une belle claque avec ce western réaliste et violent, peuplé de personnages à la limite de la caricature. C’est un voyage que vous n’oublierez pas de sitôt. Quant à moi, je remise au placard mes aprioris car ce roman m’a époustouflé.

Ne ratez pas l’avis de Yan

Le livre sans nom (Sonatine)

L’histoire de ce livre est hallucinante. Il a été mis en ligne sur internet par quelqu’un, dont on ne connaît pas l’identité. Il a connu un énorme succès avant d’être publié en Grande Bretagne puis aux Etats Unis. Nouveau succès. Le voici donc en France, Sonatine ayant décidé d’éditer ce roman culte.

C’est l’histoire d’une pierre bleue, l’Oeil de la lune, qui rend invincible. Cette pierre a été volée et tout le monde pense que c’est un tueur du nom de Bourbon Kid (titre original du livre) qui a fait le coup. Cet homme fait peur à tout le monde car c’est un tueur redoutable, capable de tuer cinquante personnes avec une main ficelée dans le dos.

Cinq ans auparavant, Bourbon Kid est entré dans un bar, le Tapioca. Ce bar est un repère d’êtres malfaisants (c’est un euphémisme) tenu par Sanchez. En cinq minutes, après avoir avalé un bourbon, il a assassiné plus d’une quarantaine de truands. La légende dit qu’il a détenu la pierre bleue, et qu’il tue tous les gens qu’il rencontre. Seule une jeune femme s’en est sortie, c’est Jessica, et elle est dans le coma depuis.

Revenons à aujourd’hui : La pierre bleue était conservée dans un monastère par des moines spécialistes de karaté et autres arts martiaux. Elle vient d’être dérobée et une grande partie des moines décimés. Père Taos, le gardien de temple, décide d’envoyer deux jeunes moines à sa recherche, Kyle et Peto.

Avec tout cela, j’ajouterai que cette histoire se déroule à Santa Mondega, une ville reconnue pour son taux de criminalité record, que Jessica va sortir de son coma, que l’on y rencontre des personnes aussi sympathiques que Marcus la Fouine ou Elvis, des tueurs à gages, Jefe un chasseur de primes ou des flics Jensen et Somers, qui ne sont pas très nets non plus ! Et le livre sans nom, me direz vous ? C’est un livre qui, quand on le lit, vous assure une mort prochaine.

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est effectivement ce que je me suis dit au début de ce roman. Parce que, avec la pléthore de personnages, les lieux délirants, les personnages hauts en couleurs, les situations toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres, j’ai été un peu surpris (et le terme un peu est faible).

Ce livre est en fait une gigantesque encyclopédie synthétique de tout ce qui a connu du succès populaire ces vingt dernières années, en terme de musique et cinéma. Et tout est passé en revue, de Seven à Kayser Sözé (Usual suspects) sans oublier La Guerre des Etoiles pour le cinéma, de Elvis Presley aux Fine Young Cannibals pour la musique. Ce livre est un gigantesque hommage délirant envers tout ce que nous avons aimé.

Le meilleur résumé que je pourrais trouver pour ce roman, c’est que c’est une oeuvre de fou, un scénario de film qui aurait pu être écrit par Tarantino, (Tendance Boulevard de la mortou Kill Bill)dans une ville dessinée par Frank Miller (Sin City), réalisé par Robert Rodriguez  ou Guillermo Del Toro sur une bande son de … B52’s. Pas le temps de respirer, les scènes d’action se suivent au rythme d’une Ferrari lancée à fond sur l’autoroute sans frein, le sang coule à flot comme aux chutes du Niagara.

Le style permet d’aller vite, les dialogues sont uniquement là pour se mettre au service de l’action. La question est : Est-ce que ça marche jusqu’au bout ? Car le livre fait quand même 460 pages. Eh bien oui ! Ça ne ralentit jamais, ça n’est même pas répétitif. C’est fou, débile, déjanté, délirant mais ça fait du bien parfois. Les scènes s’enchaînent et l’ensemble est très bien construit, avec logique. C’est un comble. C’est résolument un livre à réserver à ceux qui ont gardé une âme d’adolescent nostalgique, fan de cinéma, musique pop et bande dessinée. Une bonne définition de livre culte.

Alors si vous êtes prêt à faire un voyage sous amphétamines, en oubliant tout sens des réalités, montez dans ce TGV sanglant, en ayant pris votre dose de café, vous passerez un bon moment de lecture; et je vous garantis que vous oublierez vos problèmes présents.