Installation de Steinar Bragi (Métailié noir)

Peut-on réellement résister à une telle quatrième de couverture ? Un roman qui parle d’ultra sécurité, de la transformation de la société, de la déshumanisation. Voilà les raisons qui m’ont poussé vers Installation.

Eva Einarsdóttir se sépare de son fiancé et rentre chez elle en Islande après avoir vécu à New York. Elle a connu un drame trois ans auparavant, ayant perdu son bébé de deux mois. De retour dans son pays natal, elle emménage dans un appartement ultra sophistiqué, avec toutes les nouveautés en terme de sécurité et de technologie. Mais son pays a bien changé, les pêcheurs ont disparu et cadres de banques et traders ont envahi la ville.

En contrepartie de cet appartement, elle doit s’occuper des plantes et du chat. Sauf qu’il n’y a ni plantes, ni chat dans le logement. Dans la chambre, au plafond, une moulure en plâtre en forme de masque semble la regarder. Difficile de dormir avec cette menace en face d’elle. Dans cette tour, seuls quelques habitants résident là. A commencer par une voisine qui devient très vite envahissante. Sans compter le gardien, qu’elle peut regarder à l’aide d’une caméra et qui se masturbe la nuit. Ainsi que des voisins, un couple, dont les conversations sont bien étranges.

Petit à petit, Eva va se renfermer sur elle-même, ne vivant que par les informations qu’elle regarde sur Internet, la télévision ou le programme qui retransmet les caméras de surveillance de la résidence. Les cauchemars apparaissent, la solitude s’installe comme quelque chose de rassurant, et elle se retrouve enfermée dans une tour qui ressemble à elle-même.

De la vie de Eva, on découvre petit à petit les événements, ceux d’une jeune artiste fainéante superficielle. Ce qu’elle reproche aux autres, c’est aussi ce qu’elle est elle-même. Puis le mystère s’installe, les voisins font connaissance, disent des choses qui sont en contradiction de ce qu’elle apprend le lendemain. Même l’amie de son ami, celui qui la loge, s’avère morte, suicidée.

L’ambiance devient bizarre, glauque, jusqu’à la deuxième partie où on navigue entre rêve et réalité, entre délires alcooliques et actes idiots voire dangereux. Les pièces changent de couleur, changent de forme, Eva subit des violences ou bien ce ne sont que des punitions. Est-elle victime de ses rêves, de ses désirs ou de séquestration. On nage en plein surnaturel jusqu’à un final surprenant.

Ce programme parait bien alléchant. Mais c’est sans compter l’écriture, bourrée de fautes de grammaire, de mots mal utilisés, ou de mots utilisés à la place d’autres. Est-ce de la faute de l’auteur ou bien du traducteur ? Je ne sais pas, mais certains passages sont agaçants, certaines expression involontairement amusantes et m’ont sorti de cette histoire. C’est en tous cas une histoire pas comme les autres, bigrement originale à mi chemin entre un huis clos et du David Lynch, dont je ne suis pas sur d’avoir compris la fin. Je n’ai pas trop aimé celui là, mais je relirai probablement son prochain roman.

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2 réflexions sur « Installation de Steinar Bragi (Métailié noir) »

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