Tous les articles par Pierre FAVEROLLE

Double Noir Saison 3

Claude Mesplède, le pape du polar, nous a quitté fin 2018 après s’être lancé dans une dernière aventure. L’association Nèfle Noire propose des nouvelles noires sous un format original (Format A6, c’est-à-dire tout petit, ça tient dans une poche de pantalon) à un prix tout aussi original (2€ !). Le contenu est aussi original, puisqu’il regroupe dans chaque volume 2 nouvelles, l’une écrite par un auteur classique, l’autre par un auteur contemporain. Ce qui veut dire que pour 2 euros, vous avez droit à une heure de lecture (car la fonte de l’écriture est riquiqui, mais essayez de proposer 2 nouvelles en 20 pages !)

Chaque année, nous avons donc droit à une série de nouvelles. La saison 1 se compose de 4 volumes (ou épisodes si on se réfère aux séries télévisées), La saison 2 en compte 5, comme la saison 3.

Ah oui, j’ai oublié de vous dire : les frais d’envoi à partir de 4 livres sont de 4 euros ! C’est donné ! Franchement, parfois, je me demande pourquoi vous hésitez encore !

Ah oui, j’ai une question d’une petite dame au fond de la salle. Comment ? Où peut-on se procurer ces petits volumes au contenu aussi étonnant que formidable ? C’est simple : vous allez sur le site www.doublenoir.fr/, vous téléchargez le bon de commande, un petit chèque et hop ! L’affaire est conclue.

Ah oui ! une autre question de la petite dame du fond : De quoi parlent la première saison ? Jetez donc un coup d’œil sur mon billet ici. Et pour la saison 2 ? Eh bien, c’est dans mon billet ici. Donc, voici un petit aperçu des 10 nouvelles de la saison 3 :

Saison 3 – Episode 1

Guillaume Apollinaire – 3 nouvelles

En 1910, Guillaume Apollinaire publie un recueil nommé L’Hérésiarque et compagnie, qui comporte 23 nouvelles et contes. Nous avons droit ici à trois d’entre eux, dans des genres variés.

La disparition d’Honoré Subrac : Le narrateur raconte comment Honoré Subrac découvrit son don de se fondre dans le décor, comme un caméléon. Frisant avec le genre fantastique, comme Edgar Allan Poe, cette nouvelle fait monter la tension en 6 pages.

Le matelot d’Amsterdam : D’un navire hollandais en provenance de Java, Hendrijk Wersteeg débarque avec un perroquet et un singe dans l’espoir de les vendre à bon prix. Pour son plus grand malheur, il entre dans une boutique sombre. Et à partir de cette idée, l’auteur nous concocte une formidable nouvelle noire.

Un beau film : Un jeune cinéaste rêve de filmer un crime. Avec ses amis, il va mettre en scène l’assassinat d’un couple. Avec ce scénario, nous avons entre les mains une pépite noire amorale comme il faut.

François Guerif : Cinéma permanent

Une ouvreuse de cinéma voit chaque jour arriver une vieille dame pour regarder les films de 10 à une heure du matin. Cette fidélité attire la curiosité de la ja jeune femme et elle va essayer d’en savoir plus. Elle va la suivre.

Empreinte de nostalgie (avec les salles de cinéma de quartier) et de tendresse, cette nouvelle est étonnamment douce même si elle penche vers le domaine policier car psychologiquement juste quant à la psychologie de l’ouvreuse.

Saison 3 – Episode 2

O.Henry – 2 nouvelles

Le loup tondu : Deux hommes vont passer des vacances dans un village perdu et rencontrent un commerçant future victime d’une arnaque. Outre le style un peu daté, je dois dire que cette illustration de l’arroseur arrosé est agréable et drôle à lire.

20 ans après : Un policier modèle aperçoit un homme sous un porche. Celui-ci lui annonce qu’il a donné rendez-vous à son meilleur ami 20 ans auparavant. Et cela donne une nouvelle croustillante autant que cruelle avec une chute exemplaire.

Michel Lebrun : Roulette russe

Mic et Stef sont deux adolescents inséparables. Stef est beau, Mic est moche. Mais quand l’amour passe par là, la vengeance sera terrible. Cette nouvelle est extrêmement bien construite et écrite et ce n’en est que plus jouissif quand la chute tombe, même si on s’en doute un peu.

Saison 3 – Episode 3

Harry Hay Junior : La capture

Vinal est caché dans une chambre, depuis 12 heures, sans faire de bruit. Dans l’appartement d’à coté, Pole et Dowell se planquent après avoir tué le vieux Sothoron et sa femme sur l’ordre du colonel. Vinal va prendre toutes les précautions pour les attraper vivants.

Avec une précision chirurgicale et une minutie rare, l’auteur va nous décrire le moindre geste, la moindre pensée, le moindre contrôle de son corps pour ne faire aucun bruit. Je n’ai jamais lu une nouvelle pareille, si détaillée et surtout aussi passionnante. D’autant plus que la chute, totalement inattendue, est géniale !

Eléna Piacentini : Histoire d’eau

Par une journée pluvieuse, voire de déluge, Adra a préparé des lasagnes surgelées pour Titi, son compagnon au chômage, avant d’aller faire l’inventaire du magasin. Elle n’aurait peut-être pas dû y aller …

Voilà un portrait d’une femme poussée à bout, et qui trouve les ressources pour se sortir d’une situation horrible et inextricable. Au bout du bout, elle y trouvera une nouvelle passion, les égouts de la ville. Avec son habituelle précision, Elena Piacentini nous concocte une nouvelle bien noire, non sans une lumière d’optimisme.

Saison 3 – Episode 4

Jules Renard : Crime de Village

Le père Collard veut acheter la vache du père Rollet, mais certainement pas au prix qu’il en veut. Alors Collard et Rollet partent boire un coup au bar du village, laissant à la maison leurs femmes.

A partir d’une anecdote commune, Jules Renard nous écrit une nouvelle aussi noire que féroce, montrant tout le mal qu’il pense de ses contemporains, prêts à n’importe quoi pour un peu plus d’argent.

Hervé le Corre : Tenir

Jessica dormait encore quand Christophe est parti à 5 heures sur le chantier de la Réole. Leur fils Tony est adolescent, et ne se passionne pas pour ses cours. Jessica doit gérer tous ce quotidien sous pression.

Hervé Le Corre n’est jamais aussi fort que quand il décrit le quotidien, et la psychologie des personnages. Cette nouvelle est d’une cruauté et d’une noirceur rare, nous plongeant dans cette maison triste ce qui donne une lecture âpre, très dure.

Saison 3 – Episode 5 (Hors Série)

Manuel Vásquez Montalbán : l’affaire de l’espion postmoderne

Le célébrissime Pépé Carvalho va être confronté aux espions modernes dans une nouvelle trop courte à mon gout.

Daniel Vásquez Salles : Epuration

Amanda amène Jean-Luc, français professeur d’espagnol, à une soirée chez des amis à elle. Ils sont adeptes de bio en termes de nourriture, Jean-Luc pas du tout. En plus, il ne mange pas de légumes, alors qu’il n’y a que ça à manger. Ça commence bien !

Tout est fait pour que la mayonnaise monte. C’est écrit de façon si fine, contrairement à Jean-Luc, que l’on se délecte de cette nouvelle d’un auteur encore absent du coté de chez nous, ce qui semble totalement injuste. Et le repas tourne à une bataille entre bio extrémiste et carnivore extrême.

Oldies : Le lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore

Editeur : Gallimard – Série Noire

Traducteur : Luc Baranger

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède

Claude Mesplède écrivait des rubriques dans une revue consacrée au polar qui s’appelait Alibi, dans laquelle il proposait des polars édités par la Série Noire qui sortaient de l’ordinaire. Au programme, un roman loufoque entre Godzilla et vie tranquille dans un petit village … enfin, tranquille, c’est vite dit.

L’auteur :

Christopher Moore, né le 1er janvier 1957 à Toledo dans l’Ohio, est un écrivain américain de roman policier et fantastique.

Il abandonne ses études à 16 ans, puis enchaîne les petits boulots : couvreur, épicier, courtier d’assurance, serveur. Il s’inscrit finalement à l’Université de l’Ohio, puis s’installe en Californie et suit des cours à la Brooks Institute of Photography de Santa Barbara. Il publie en 1992 Demonkeeping, un premier roman qui mêle humour et fantastique, dont les droits seront achetés par Disney, et se consacre depuis à plein temps à l’écriture. Ce roman se déroule à Pine Cove, un village fictif côtier de Californie. Le village est aussi au centre du récit de Le Lézard lubrique de Melancholy Cove (The Lust Lizard of Melancholy Cove, 1999), où un monstre marin s’attaque aux habitants du village à qui on a supprimé les antidépresseurs, et de Le Sot de l’ange (The Stupidest Angel: A Heartwarming Tale of Christmas Terror, 2004) où un enfant de 7 ans qui a vu le Père Noël prie pour son retour, alors que la plupart des villageois sont complètement paumés.

Un blues de coyote (Coyote Blue, 1994) et La Vestale à paillettes d’Alualu (Island of the Sequined Love Nun, 1997) sont des romans noirs farcis d’humour et de surnaturel. Avant d’écrire La Vestale à paillettes d’Alualu, soucieux de chaque détail, « Moore a vécu deux mois dans les îles du Pacifique pour s’imprégner de son sujet » : lorsqu’un pilote de jet est envoyé pour une mission médicale en Micronésie où il se trouve confronté à de mystérieux événements. Les Dents de l’amour (Bloodsucking Fiends: A Love Story, 1995) raconte l’histoire de Jody, une jeune femme mordue par un vampire et qui en découvre les avantages et les inconvénients. Devant le succès de l’ouvrage et le retour au premier plan des vampires, Christopher Moore propose une suite à ce roman avec D’amour et de sang frais (You Suck: A Love Story, 2007) et Bite Me: A Love Story (2010).

« Iconoclaste, Moore a imaginé la vie de Jésus raconté par son ami d’enfance » dans L’Agneau (Lamb: The Gospel According to Biff, Christ’s Childhood Pal, 2002).

Christopher Moore est l’auteur d’une quinzaine de romans, dont neuf ont été traduits en France, d’abord au sein de la collection Série noire, puis chez Calmann-Lévy dans la collection Interstices.

Source : Wikipedia

Quatrième de couverture :

Il se passe quelque chose dans la morne station balnéaire de Melancholy Cove. On y trouve, pour un cocktail détonant, un flic qui se console de l’être en tirant sur des joints, une schizophrène ex-actrice de films de série Z post-apocalyptiques réfugiée dans une caravane, un joueur de blues poursuivi par un monstre marin dont il a tué le petit quarante années plus tôt, une psy qui ne donne plus à ses malades que des placebos, un pharmacien lubrique ne rêvant que d’accouplements avec des dauphins, une femme qui se pend, des gens qui disparaissent… Une seule certitude : tous ont la libido qui explose. Tous sans le savoir sont sous le signe du lézard…

Mon avis :

Trois événements vont bouleverser la vie tranquille de Melancholy Cove. Tout d’abord, Bess Leander, femme au foyer et mère de deux enfants, est retrouvée pendue dans sa salle à manger. Ensuite, Mavis Sand, propriétaire du bar local, passe une annonce pour trouver un chanteur de Blues. Enfin, une légère fuite de liquide radioactif a lieu dans la centrale nucléaire.

L’air de rien, les conséquences vont être terribles. Un monstre marin ressemblant à Godzilla se réveille et Valérie Riordan, la psychiatre, se sentant coupable, décide d’arrêter de délivrer des ordonnances d’antidépresseurs pour les remplacer par des placebos, avec l’accord de son ami et complice pharmacien. Théophile Crowe, le flic municipal, va se retrouver au cœur de ces phénomènes, quand la ville se transforme en joyeux bordel orgiaque.

En mélangeant une affaire policière avec des événements fantastiques, en utilisant un ton ironique et loufoque, Christopher Moore nous offre un roman prenant, passionnant et surtout irrésistible de drôlerie. Quasiment toutes les scènes sont hilarantes, soutenues par une intrigue menée de main de maître et des dialogues fantastiques et savoureux, rajoutant un aspect comique énorme.

Mais ce roman n’est pas qu’une potache puisqu’il permet, en décrivant la vie de cette petite ville, de pointer les travers de la société américaine. Entre la corruption du shérif, les psychiatres et les magouilles des pharmaciens, les religieux proches de sectes, les acteurs délirants et malades, et l’attrait du fric, toujours le fric. C’est un roman hilarant, totalement barré, ne ressemblant à aucun autre. Encore un roman culte !

Le chouchou du mois de novembre 2019

Les gens n’aiment pas le mois de novembre … ça commence par la Toussaint, puis les jours diminuent, la pluie nous harcèle et le froid arrive. Eh bien moi, je dis, super ! Tout cela nous donne de mauvaises excuses pour nous isoler et lire, lire lire ! En plus, il va falloir songer aux cadeaux de Noel. Donc voici un résumé des avis que j’ai publié … en espérant qu’ils vous seront utiles dans vos choix.

Commençons avec mon coup de cœur du mois, mes coups de cœur, puisqu’il s’agit de La frontière de Don Winslow (Harper & Collins), dernier tome de la trilogie consacrée au trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis. Ce dernier tome est aussi fort que les deux premiers, et propose une vision à la fois géopolitique et personnelle de ce fléau. Si le constat est affligeant, déprimant, l’auteur nous propose en conclusion de potentielles solutions, la vision de quelqu’un qui aura consacré 25 ans de sa vie à cette œuvre.

Restons dans la politique avec un roman qui m’a énormément impressionné : La femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis (Gallmeister). Conseillé par mon ami Petite Souris, l’auteur nous montre une partie des actions de la politique étrangère américaine, et les conséquences sur les gens dont on fait bien peu de cas dans ces cas-là. Avec une écriture précise et détaillée, c’est un grand roman.

J’aurais publié beaucoup d’avis sur des romans psychologiques, à commencer par Expiations – celles qui voulaient se souvenir de Kanae Minato (Atelier Akatombo) qui a bénéficié d’une magnifique chronique de mon amie Suzie. En mettant en avant la réaction de différentes personnes après la mort d’une adolescente, ce polar semble être un must du genre (je vais le lire bientôt, je suis obligé après un tel billet).

Dans le genre bluffant et passionnant, Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) est un premier roman choral qui prend une situation connue (déjà lue) et qui déroule une intrigue bigrement originale avec une chute énorme. Et c’est bien sa précision, son acuité et sa justesse qui font que ce roman sort du lot.

Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp) est le dernier en date de cet auteur prolifique que j’adore. De roman en roman, Jacques Saussey pointe des sujets de société importants. Dans ce roman, les sujets, les personnages et les intrigues sont foisonnantes et cela donne un roman complet, plein qui une nouvelle fois fait mouche.

En guise de rappel, la dernière aventure de Charlie Parker sortie au format poche s’appelle Le temps des tourments de John Connolly (Pocket) et une nouvelle fois c’est un formidable thriller / polar. Je ne peux que vous conseiller de lire cette série.

Il y a une autre série dont on parle moins, celle de L’anonyme d’Anvers, cet homme érudit qui a connu Rubens. Sa mission, intervenir en sous-main pour résoudre des affaires criminelles et sauver l’humanité. Les tomes 2 et 3 ont été chroniqués : Tuer pour Dagon de Roger Facon et V.I.T.R.I.O.L de Jean-Pierre Bocquet (Presses du midi). Dans les deux cas, ce sont des romans policiers originaux qui portent la passion de leur auteur : Pour Roger Facon, un hommage à HP.Lovecraft et pour Jean-Pierre Bocquet la présence des femmes chez les francs-maçons.

Vu le temps de ce mois de novembre, je ne pouvais que vous conseiller des romans humoristiques. Les polars qui entrent dans cette catégorie ne sont pas si nombreux et ceux que je vous propose vont vous garantir des heures de rire.

La bouffe est chouette à Fatchakulla de Ned Crabb (Gallimard) est un roman totalement déjanté, un livre culte, et je peux vous assurer que vous ne lirez jamais un livre pareil. Plus dans la gaudriole, Opération Requiem de Stanislas Petroski (French Pulp) est déjà la cinquième enquête de ce curé pas comme les autres. Depuis quelques tomes, l’auteur aborde des sujets sérieux, sans se départir de son humour en dessous de la ceinture. Ici, il s’agit du massacre des espèces animales protégées pour le plaisir des plus riches et c’est un excellent tome.

Enfin, pour que vous puissiez loger des morceaux d’humour dans votre poche, la chronique Des poches pleines de poches est revenue en version spécial Humour cynique. Que ce soit La revanche des hauteurs de Guillaume Desmurs (Glénat) qui inaugure une nouvelle collection Neige noire, ; que ce soit Pension complète de Jacky Schwarzmann (Points) auréolé de son Prix des Chroniqueurs ou bien Un été sans dormir de Bram Dehouck (10/18), ces romans vous assurent plus de 200 pages de rire et d’humour féroce.

Pour le titre du chouchou du mois, j’aurais pu choisir la facilité avec Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp), qui est vraiment excellent. J’ai décidé de mettre en avant un premier roman : Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) tout simplement parce que ce roman est totalement bluffant.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture (et de cadeaux !). Je vous donne rendez vous le mois prochain pour un bilan de l’année. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Des poches pleines de poches … en humour

Polar et humour

Je suis un fan de littérature humoristique et j’aime bien insérer entre deux polars « sérieux » un roman qui me fasse rire. J’avais déjà fait un billet sur cette thématique avec les romans de Nick Gardel et Stanislas Petroski. Comme je viens d’en lire trois, en format poche, je vous les propose en vous les conseillant très fortement :

La revanche des hauteurs de Guillaume Desmurs :

Editeur : Glénat

La station de sports d’hiver est en ébullition grâce aux afflux touristiques. La journée a vu la température monter avant que la nuit vienne- recouvrir les trottoirs et la rue d’une couche de glace. Au petit matin, on retrouve une touriste espagnole au bas de son balcon. Outre la jolie couleur rouge qui agrémente le blanc immaculé, la thèse du suicide avancée par les gendarmes et la municipalité permet de ne pas faire de vagues.

Jean-Marc est le directeur de l’Office du Tourisme. Il a tout organisé pour que cela passe inaperçu. Alix, une jeune stagiaire est chargée par le quotidien local de faire un entrefilet le plus rapidement possible. Quant à Marc-Antoine, médecin de son état, il vient en vacances avec sa femme Christiane ; il n’aime pas le ski mais elle adore, d’autant plus qu’elle retrouve un ancien amant ancien GO qui va lui permettre d’améliorer son planté de bâton.

Tout se passerait pour le mieux dans le meilleur des mondes si on ne retrouvait pas le lendemain un jeune collégien sous la déneigeuse. Outre la couleur rouge sur la route, cela fait tout de même deux morts inexpliquées en pleine saison touristique. Quand c’est le propriétaire du commerce de journaux qui se retrouve écrasé par ses étagères, la phobie de la présence d’un tueur en série fait son chemin.

On peut dire que Glénat fait son entrée en grandes pompes dans le domaine du polar, avec cette nouvelle collection appelée Neige Noire. Neige Noire devrait nous proposer des polars ayant pour cadre une station de ski fictive. Et ce premier « tome » est un grand, un énorme morceau d’humour décalé et cynique à souhait. D’ailleurs, la dédicace en ouverture de livre nous laisse envisager le meilleur : A pierre Desproges qui a posé la première pierre.

Vous connaissez (ou pas) mon amour pour Pierre Desproges. Si on peut craindre pour ce pari un peu fou, on est vite rassuré par l’humour cynique, pas méchant, et par des descriptions acerbes et minutieusement bien travaillées. On y trouve aussi une redoutable observations de nos semblables et de leurs travers ce qui fait de cette histoire un excellent moment de rire jaune mais pas grinçant. Quant au scénario, contrairement à Des femmes qui tombent du Maître Pierre Desproges où l’histoire et sa chute étaient capillo-tractées, il tient la route avec des scènes délirantes. Une excellente surprise !

Pension complète de Jacky Schwartzmann :

Editeur : Seuil (Grand format) ; Points (Poche)

Dino Scala vit depuis 20 ans avec Lucienne, une riche septuagénaire luxembourgeoise. Ils ont plus de 30 ans d’écart mais cela ne les gêne pas, ni elle qui est aimée, ni lui qui vit la belle vie. Un couple presque normal, quoi ! Ils vivent avec la mère de Lucienne, Macha, presque centenaire. Quand Macha fait un AVC, ce n’est que le commencement d’une descente aux enfers inéluctable.

Résumé comme cela, on peut penser à un roman noir comme on en lit tant. Sauf qu’aux manettes, on retrouve Jacky Schwarzmann, et qu’on se retrouve avec une histoire bien barrée, décalée, écrite dans un style plus assagi que d’habitude mais bien cynique quand même ! Car, il va s’en passer des choses dans la vie peinarde de Dino, qui vont l’emmener du Luxembourg au camping des Naïades de La Ciotat.

Pour ceux qui ont déjà lu les précédents romans de cet auteur, ils y trouveront un style assagi, un humour moins mordant, moins méchant. Et on y trouvera des descriptions toujours aussi drôles de nos contemporains, démontrant une fois de plus que Jacky Schwarzmann a le talent d’observer le monde autour de lui et surtout de nous le décrire de façon irrésistible. Il n’y a qu’à lire la scène du restaurant, celle de la banque ou même l’arrivée des voisins Belges au camping.

Et si l’humour est plus sage, cela sert aussi au scénario ; d’aucuns diraient que l’auteur s’est mis au service de son histoire. Il n’empêche que ce roman est un pur plaisir de lecture. « Demain c’est loin » (Le Seuil, 2017) a reçu le Prix Transfuge 2017 du meilleur espoir polar, le Prix du roman noir du Festival international du film policier de Beaune et le Prix Amila-Meckert 2018. Celui-ci a déjà remporté le prix des chroniqueurs. Nul doute qu’il va encore remporter de nombreuses distinctions.

Un été sans poche de Bram Dehouck

Editeur : Mirobole (Grand Format) ; 10/18 (Poche)

Traductrice : Emmanuèle Sandron

Dans la petite bourgade belge de Windjoek (la traduction néerlandaise donne Coupe-vent, ce qui donne le ton du roman, très humoristique), la vie qui devrait être un long fleuve tranquille va subir des changements : on vient de mettre en route un superbe et rutilant parc d’éoliennes. Doit-on pour autant considérer que c’est la cause des événements dramatiques qui vont déferler sur ce petit village ?

Tout a commencé avec le boucher-charcutier-traiteur Herman Bracke. Le bruit incessant des pales tournant à la vitesse du vent lui fait perdre le sommeil. Après une semaine de nuits blanches, sa spécialité le “Pâté Bracke de Windhoecke” a un goût, une odeur et une couleur de faisandé, alors qu’il n’y a pas de faisan dedans ! Normal, Herman s’est endormi en le préparant et a plongé la tête la première dedans !

Mais les autres protagonistes de ce roman vont aussi subir les influences néfastes de la rotation incessante des pales, et on va découvrir les dessous de leur vie privée. Entre Walter le facteur qui distribue les plis qu’il veut, Saskia la pauvre chômeuse qui se dévalorise, Jan Lietaer le vétérinaire et son épouse bien peu fidèle, le pharmacien ou l’immigré sénégalais, ce sont une belle galerie de personnages décalés.

Et le ton, parfois cynique, parfois méchant mais toujours drôle, va montrer les travers des uns et des autres pour démontrer comment un grain de sable fait dérailler une société qui est déjà aux limites de ce qu’elle peut accepter. Comme dans un roman de Brett Easton Ellis, tout cela va finir dans le sang, mais avec un gentil sourire aux lèvres. Car ce n’est que de la littérature, n’est-ce pas ? Voilà un roman fort amusant à découvrir d’urgence pour prendre plus de recul par rapport à notre quotidien !

L’Anonyme d’Anvers (Tomes 2 & 3)

Editeur : Presses du Midi

J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la série de l’Anonyme d’Anvers, notamment pour le premier tome qui s’appelait Désoxy de Jean-Marc Demetz (Presses du midi). Ce personnage immortel qui intervient pour influer sur des énigmes policières est présenté comme suit sur le site des presses du midi :

Si vous voulez sauver l’humanité, laissez tomber.

Un seul homme en est capable. Un personnage très discret dont les aventures défient le temps. Un illustre alchimiste de l’époque de Rubens. Depuis on le croise dans d’insolites affaires qui sont relatées dans la collection « L’Anonyme d’Anvers ».

Tuer pour Dagon de Roger Facon :

Dagon est le Dieu des Abimes qui est endormi au fond d’un océan et qui attend qu’on le réveille. De nombreux groupuscules font en sorte de fournir des corps en sacrifice pour son retour. C’est ainsi que les commandants Chaval à Lille et Santoni à Marseille se retrouvent à enquêter sur des meurtres n’ayant rien en commun. Mais cherchent-ils vraiment les coupables ? Heureusement, l’Anonyme d’Anvers veille et va influencer les résolutions des enquêtes à sa façon : discrètement.

Comme dans le cas de Desoxy, ou des séries écrites sur un même thème par des auteurs différents, ce roman porte en lui l’originalité de l’auteur et de son univers. Roger Facon va donc nous plonger directement au cœur de l’action, avec une multiplication de lieux et de personnages, et même de temps, puisque l’on va remonter au début du vingtième siècle. Je ne vous cache pas qu’il faut s’accrocher un peu au début …

Une fois que l’on a bien intégré la forme, le roman se lit vite. D’autant plus que les chapitres ne dépassent guère 3 pages, eux-mêmes entrecoupés de différentes scènes, ayant lieu dans différents lieux. Cela donne un rythme élevé à cette lecture, un rythme soutenu pour un roman policier qui flirte avec le genre fantastique. Si on peut trouver l’intrigue légère, il n’en reste pas moins que c’est clairement un bel hommage à HP.Lovecraft, et en tant que tel, il mérite le détour. Pour les fans du genre et les autres.

V.I.T.R.I.O.L de Jean-Pierre Bocquet :

La loge des Vrais Enfants de l’Athanor allait vivre une révolution, puisqu’elle allait faire entrer des femmes en son sein. Jean Segasse, le Vénérable de la loge, tiendrait la réunion, malgré quelques défections. Ils introniseraient Jannick Baltu, et Max Balzer et Benahim Manhélé, deux enquêteurs de la DGSI, surnommés Mac-Benah n’allaient pas rater cela. Mais la profane brille par son absence. A la place, un message aussi énigmatique qu’inquiétant. Le lendemain, Segasse apprend qu’un des membres de la loge a été égorgé.

Voilà un roman qui nous plonge dans les mystères de la loge maçonnique, avec ses textes, ses études, ses rites et son langage. Il défend aussi la place des femmes dans la société, et en particulier dans la Loge. Si l’enquête est dirigée par deux agents des services secrets, on ne peut pas dire qu’ils sont doués. Et il faudra bien l’intervention de l’Anonyme d’Anvers, celui qui a connu Rubens, pour démêler cette affaire.

D’une culture ésotérique et philosophe, ce roman va utiliser des termes pour nous inconnus et un lexique situé à la fin du roman va nous aider à comprendre ce vocabulaire. L’enquête quant à elle va avancer au rythme des indices semés par l’Anonyme. Et il faudra faire preuve de patience, et apprécier les romans où il est fait étalage de culture philosophique pour arriver à une fin surprenante. Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses même si j’aurais aimé que cela soit plus allégé pour l’ignare que je suis.

La frontière de Don Winslow

Editeur : Harper & Collins

Traducteur : Jean Esch

Attention, coup de cœur !

Eh bien voilà, il fallait bien que le cycle consacré à Art Keller, policier de la DEA (Drugs Enforcement Agency) arrive à son terme. Ce cycle est une trilogie, qui a commencé par la Griffe du chien, s’est poursuivie avec Cartel pour se terminer avec La frontière. Trois romans pour suivre un personnage hors-norme, mais surtout pour décrire et nous expliquer comment le trafic de drogue s’est développé, à tel point qu’aujourd’hui, il est impossible de lutter contre un tel monstre.

Trois romans, mais aussi trois reportages, trois documents indispensables pour comprendre un large pan de notre vie d’aujourd’hui. Comment tout cela a commencé, quelles décisions ont été prises, quelles ont été leurs conséquences et les désastres humains que nous ramassons aujourd’hui. Ces trois romans, ces trois coups de cœur pour moi, sont des œuvres que nous devrions être obligés de lire, pour mieux comprendre, même s’ils sont avant tout centrés sur les relations mexico-américaines.

C’est en 2007 que sort La griffe du chien, chez Fayard avant de paraître au format poche aux éditions Points. C’est lors de cette dernière sortie que Jean-Bernard Pouy en fait l’éloge. Commence alors pour ce roman, un succès de bouche à oreille (qui continue d’ailleurs) car on n’a jamais lu un tel roman avec un tel souffle, une telle volonté de démontrer tous les aspects du trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis. Personnellement, pour l’avoir lu pendant les fêtes de fin d’année 2008, je me rappelle avoir été littéralement happé par l’ampleur et l’ambition (réussie) de ce livre, qui figure dans mon Top10 de tous les temps.

Simple officier de douane à la DEA, Art Keller va voir se développer le trafic de la cocaïne. La mort de son équipier va le forcer à se lancer dans une croisade personnelle contre le clan Barrera, clan qui de son coté va tenter d’éliminer les concurrents en créant La Federacion. En mêlant les événements réels avec des personnages fictifs, Don Winslow montre l’ascension terrible et inéluctable d’un cartel, ainsi que l’implication de la police, de l’armée, des gouvernements et de la religion. Ce roman, qui couvre la période allant de 1975 à 2004, c’est juste un roman incroyable tant il est juste, vrai, lucide, violent et courageux dans ses dénonciations. Don Winslow aura mis 8 ans à l’écrire et semble prendre ce sujet comme sa propre croisade, à l’instar de son personnage principal.

En septembre 2016, débarque aux éditions du Seuil (et début 2018 aux éditions Points), Cartel, la suite de la Griffe du chien, suite que l’on n’attendait pas. Dans une interview, Don Winslow a vu la guerre civile se dérouler devant ses yeux effarés au Mexique. Il ne pouvait pas la passer sous silence et se lance dans sa deuxième croisade, Cartel, qui va balayer la période de 2004 à 2012. Comme le Mexique qui plonge dans une véritable guerre civile, le roman nous montre comment les différents cartels vont se livrer une guerre de territoire sans merci, en tuant, découpant et affichant les membres du clan ennemi.

Art Keller est obligé de reprendre du service quand Adan Barrera s’évade de sa prison mexicaine. Et Art Keller pense que puisque son pays ne veut rien faire, il ira mener sa guerre sur le propre terrain des cartels, au Mexique. D’une violence insoutenable et basée sur des faits véridiques, ce roman se transforme en livre de stratégie de guerre sans jamais être ennuyeux ou pompeux. Au contraire, comme dans le précédent roman, Don Winslow place les hommes et les femmes au centre de l’intrigue et transforme ce qui aurait pu être un roman gore en un plaidoyer d’une force incroyable pour tous ceux qui souffrent, qui subissent les conséquences du trafic de drogue.

Quelques mois après la sortie de Cartel en France, on a appris que Don Winslow écrirait un troisième et dernier tome dédié à la vie d’Art Keller. Et nous, fans de son personnage, étions prêts à attendre, à être patients. Avec une certaine fébrilité, je ne vous le cache pas. Comment faire aussi bien, voire dépasser les deux premiers volumes ? La tâche semblait impossible mais impossible n’est pas Winslow, surtout quand il s’attaque à son sujet de prédilection. Et ce troisième et dernier tome clôt de façon admirable et grandiose une trilogie inédite qui fera date dans le monde du polar voire dans le monde de la littérature tout court.

La frontière commence en 2012, juste après Cartel et la réunion des cartels au Guatemala, qui s’est terminée dans un bain de sang. Il décide de mettre un terme à sa carrière et de retourner à ses racines à commencer par retrouver sa femme mexicaine Marisol. Alors qu’Obama vient de se faire réélire, le sénateur O’Brien lui propose la direction de la DEA, proposition qu’il va accepter, en pensant pouvoir continuer son combat personnel contre le trafic de drogue.

Du Guatemala, personne n’a de nouvelles d’Adan Barrera et on n’a pas retrouvé son corps. Partout au Sinaloa, des affiches affirment « Adan Vive ». L’absence du chef incontesté des cartels donne lieu à des doutes puis à une guerre de succession entre les différents prétendants. Alors que le Mexique semblait acquérir une forme de calme, l’horreur va à nouveau ensanglanter ce pays.

En suivant le trajet d’Art Keller, Don Winslow a voulu aussi montrer tout ce qui a été fait (ou pas) contre le trafic de drogue. Dans La guerre du chien, il montrait comment la lutte contre le communisme était prioritaire sur le trafic de drogue, quitte même à favoriser les cultures pour financer la lutte contre les factions rouges, impliquant la CIA mais aussi les gouvernements mexicain et américain. Et l’ascension d’Art Keller dans l’organigramme de la DEA lui permettait de découvrir les parties impliquées, jusqu’aux religieux qui bénissaient ce travail des champs qui nourrissait les pauvres.

Dans Cartel, Art Keller a cru que pour abattre le trafic de drogue, il fallait abattre les chefs de cartel. Don Winslow nous a donc décrit un pays en proie à un massacre permanent, à la fois d’un point de vue stratégique et à la fois d’un point de vue humain. Car la force des deux romans qui suivent La griffe du chien est de placer les humains au cœur d’un combat qui les dépasse. Cartel, roman de guerre autant que roman désespéré, s’avère un roman des cimes, tant Don Winslow n’a jamais atteint un tel sommet de violence ni de dénonciation des politiques (le terme est au pluriel et c’est volontaire).

Avec La frontière, Art Keller ne peut que s’avouer vaincu. Quand un chef est abattu, il est remplacé par un autre. La drogue ne cesse d’affluer dans le pays (les USA). Et comme les médicaments y sont chers, les cartels vont proposer des médicaments opioïdes moins chers et donc exploser le marché auprès de tout le monde, y compris ceux qui ont peu d’argent. C’est le retour en force de l’héroïne. Art Keller ne voit plus qu’une solution : s’attaquer à l’argent de la drogue et à son blanchiment.

Don Winslow (pardon, Art Keller) va donc nous montrer avec tout son art et son génie, comment cet argent sale va inonder les marchés, prendre des parts dans des sociétés ou des immeubles sans que cela se voit. Il démonte tous les mécanismes et démontre même comment Donald Trump (pardon, John Dennison) est arrivé à se faire élire à la présidence. Il semble que rien ne puisse arrêter Don Winslow dans sa croisade, et ce roman va tout enfoncer, les portes ouvertes (quand il s’agit d’informations connues) que des portes fermées que l’on espère imaginées par l’auteur.

Ce roman, comme les autres, ne laisse pas de coté la bataille de chefs au Mexique, alternant les points de vue puisque la narration est chronologique. Nous allons donc retrouver quelques événements réels dans ce récit, tel ce massacre d’étudiants se rendant à une manifestation et exécutés sur le bord d’une route. Et comme il faut un gagnant, il y en aura un après de nombreux bains de sang. On y est habitués mais c’est toujours aussi choquant.

Dans ce roman, on aura l’occasion de suivre l’itinéraire de quelques personnages tels Jacqui, une héroïnomane ou bien Nico petit guatémaltèque de 10 ans, obligé de fuir sa ville et de délaisser sa mère pour essayer de survivre aux USA. Ce dernier, personnage phare de ce roman pour moi, montre toute l’hypocrisie du système, qui a créé ces malheureux et arrive au bout du compte à en retirer de l’argent. C’est un parcours réaliste et hallucinant, qui donne envie de hurler.

Pour autant, le roman n’est pas sans espoir : Don Winslow nous offre dans un formidable dernier chapitre des pistes qui peuvent résoudre ce problème de société. Loin de la répression à outrance, il ouvre de nouvelles pistes. Je ne suis pas sûr d’ailleurs qu’il aurait écrit un tel chapitre quand il a commencé cette trilogie. Ce dont je suis sûr, ce que j’ai ressenti, c’est que ce dernier chapitre était personnel, et qu’il justifiait ses romans, sa croisade, ce pour quoi il se bat, à son niveau. Don Winslow a voulu nous ouvrir les yeux, il a créé un plaidoyer unique pour l’humanisme.

A l’instar de ses autres romans, les scènes s’enchaînent à un rythme d’enfer, les personnages sont nombreux et le roman est porté par un style efficace et imagé, agrémenté de dialogues géniaux. L’ensemble est si réaliste, si marquant, qu’on ne peut que se laisser emporter par cet ouragan et tant d’inspiration. Evidemment, je ne peux que vous conseiller de les ces trois romans, si ce n’est déjà fait, car il serait dommage de commencer celui-là et de passer à travers les deux autres monuments qui forment cette trilogie.

Car c’est bien de cela que l’on parle : ces trois romans forment un monument du polar, un monument d’intelligence, un monument de dénonciation contre ce phénomène néfaste. Et cela dépasse le simple cadre du polar : c’est un monument d’humanisme, un monument de sociologie, un monument de littérature. Pour moi, ces trois romans, cette trilogie, ce sont sont des coups de cœur que seul un James Ellroy est capable d’égaler.

COUP DE CŒUR ! COUPS DE CŒUR !