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La chronique de Suzie : Les 7 jours du Talion de Patrick Senécal

Editeur : Fleuve Noir

Bonjour amis lecteurs. Me voici de retour à la surface. Je suis remontée car une drôle de musique est parvenue jusqu’à moi. L’entendez-vous.? Elle est plus forte à ce niveau. Ça fait « Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, … »

Mais, bien sur. Aujourd’hui est un jour important dans la vie de notre hôte. C’est le jour de son anniversaire.

Donc permettez-moi de souhaiter un joyeux anniversaire à Pierre. Que cette nouvelle année lui propose de nombreux bonheurs littéraires et surtout des coups de cœur extraordinaires.

Du coup, je vais profiter de cette sortie inopinée pour vous parler de ma dernière lecture : « les 7 jours du talion » de Patrick Senécal.

Patrick Senécal, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un auteur québécois qui possède une vingtaine de livres à son actif. Celui-ci est le cinquième à être publié en France (semblerait-il). Mais, ce roman a été publié en 2002, puis réédité en 2010 au Canada. La réédition correspond à l’adaptation du livre en film, scénarisé par l’auteur, sous le même titre avec quelques différences entre les deux supports.

Mais, retournons au livre, et en particulier vers la couverture. La couverture canadienne du format poche est très explicite. On y découvre un jeune homme blond, tête penchée, attaché à des chaines, au plafond par les poignets et un homme, de coté, dont on n’aperçoit qu’une jambe et un bras portant une masse. La couverture française est beaucoup plus sombre et plus sobre. Elle va jouer sur l’implicite au niveau des couleurs. Le titre est mis en avant avec une police orangé sur un fond sombre représentant une forêt et une maison. L’ensemble projette une ambiance de terreur et d’horreur. Les deux couvertures font leur effet et atteignent leur objectif.

Au niveau du synopsis, celui-ci est simple. Ce sont les implications et les conséquences qui vont se révéler complexes.

Lorsqu’il constate l’assassinat de sa fille unique Jasmine, à la sortie de l’école, Bruno Hamel, quadragénaire, chirurgien, voit son monde basculer. Incapable de pleurer, il essaie de faire son deuil. Jusqu’au moment où il apprend que son assassin a été arrêté. A partir de ce moment, Bruno Hamel va tout mettre en œuvre pour kidnapper ce « monstre ». Il va l’emprisonner et le torturer pendant sept jours jusqu’à sa mort, le dernier jour. Ira-t-il jusqu’au bout?

L’histoire va être structurée en huit parties. La première qui détaille la cause, le plan et l’enlèvement. Les sept autres correspondront à chacun des jours du décompte. Le synopsis va tourner autour de Bruno Hamel mais également d’un autre personnage qui est le sergent-détective Mercure. Ce dernier peut être considéré comme son alter-ego. A tour de rôle, ces deux personnages vont exprimer leurs pensées ainsi que leurs doutes. Ils ont un point commun qui les rapproche mais ils ont pris des directions différentes. Enfin, le fait de kidnapper et de torturer un « monstre » va engendrer des problèmes sociétaux. Faut-il considérer ce personnage comme une victime et déployer toutes les forces possibles ou laisser la justice personnelle s’en charger. Dans quel camp, vous rangeriez-vous? Et, si on laisse dériver, est-il encore possible de parler de justice?

Le personnage de Bruno Hamel est un personnage troublant car il ressemble à monsieur tout le monde, avec certes, plus de moyens. Mais, il est un père aimant qui ferait tout pour sa fille unique, ayant des émotions et pas aussi calme que l’on pourrait l’envisager. Il a également un coté impulsif qui apparaît sous certaines conditions. Après avoir appris le nom du meurtrier, il va se conditionner pour pouvoir accomplir ce qu’il pense devoir être fait. On a l’impression d’être face à un robot méthodique, sans émotion, qui suit le programme qui a été prévu pour lui.

Des failles vont apparaître lors de l’humanisation du « monstre ». C’est pour cela qu’il ne veut connaitre aucun renseignement sur sa victime. Enfin, bien que son plan soit axé sur la torture physique, il va découvrir que la torture psychologique est tout aussi gratifiante et synonyme d’horreur. L’espoir peut vous entraîner en enfer.

L’autre figure forte de ce roman est le sergent-détective Mercure. Celui-ci a tendance à compiler les informations qu’il récolte et à tomber juste, assez souvent. Il est calme et prend son temps pour comprendre. Il ne se précipite pas. Il a un profil similaire à celui de Bruno Hamel mais en restant humain. D’autres protagonistes secondaires vont faire avancer l’histoire dans un sens ou dans un autre, prendre parti pour un camp ou l’autre. Rien n’est blanc ou noir. On a juste une sélection de gris. Enfin, il y a une œuvre artistique qui va jouer un rôle important dans cette histoire et expliquer certains points. Laquelle? Je peux juste vous dire qu’elle est immense et que le fait de la voir est impressionnant et déconcertant.

Lorsque j’ai commencé à lire ce livre, bizarrement, l’histoire d’un film est apparue à mon esprit : « Prisoners » de Denis Villeneuve qui est également un film québécois. Quelle attitude adopterions-nous dans ce cas de figure? Je ne sais pas. Il y a une phrase dite par un personnage qui expose les différents types de monstres. Je vous laisse le plaisir de la découvrir dans son contexte original.

La question que se pose ce livre est de savoir si le personnage de Bruno va aller au bout de ses convictions ou s’il va s’arrêter avant, pris de remords ? Qu’est ce que la culpabilité, comment l’assumer? Comment vivre après un tel traumatisme? Un deuxième point va être également traité : la déshumanisation du monstre. Dans les différents films ou épisodes de séries ainsi que les livres que j’ai vu ou lu (dans la réalité, je ne sais pas si c’est le cas), on vous explique que le fait d’appeler une personne par son nom, sa qualité permet de l’ancrer dans un contexte précis et de ne pas la considérer comme une chose. Dans le cas de ce livre, le protagoniste principal fait l’inverse. Pourquoi à votre avis? Enfin, une des clés qui permet de comprendre le comportement de Bruno est représentée par un autre personnage … Je n’en dis pas plus.

C’est un livre que j’ai lu d’une traite. Le personnage de Bruno est une personne lambda qui pourrait être n’importe quel quidam. Mais, le cerveau humain peut entraîner des comportements erratiques lorsque celui-ci est soumis à un très fort traumatisme. On n’est pas égaux devant les traumatismes et la psyché se protège comme elle peut, quitte à accomplir des actes ignobles. Que feriez-vous à sa place?

Sur cette conclusion, je retourne à mon antre en souhaitant de nouveau un joyeux anniversaire à mon cher hôte. Je reviendrai prochainement avec une nouvelle lecture. A bientôt.

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Islanova de Camut & Hug

Editeur : Fleuve Noir

Je ne vous parlerais pas de ce roman s’il n’en valait pas la peine. Comprenons nous bien : Dans mon esprit, le duo français du Thriller œuvre dans des eaux sanglantes, ce qui fait que je n’en avais jamais lu auparavant. Mais c’est bien la quatrième de couverture qui a fait pencher la balance dans le bon sens. Et la taille de ce pavé ne m’a pas rebuté, loin de là. J’ai commencé cette lecture avec un esprit de curiosité mais je me suis fait prendre au jeu, tant cette lecture s’est avérée passionnante. Avouez qu’avec une quatrième de couverture comme cela, on ne peut qu’être attiré :

Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.

Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.

Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.

Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Dès l’entame, c’est bien le rythme qui prend à la gorge. Les chapitres sont courts, le style à l’avenant, brossant à la va-vite le décor pour privilégier le rythme. Et petit à petit, les personnages vont prendre de l’épaisseur. Dans un futur proche, en cette fin du mois de juin, la canicule engendre des feux de forêt, en particulier dans le massif des Vosges. La famille que l’on nous présente est une famille recomposée. Julian Stark s’est mis en couple avec vanda Macare. Julian a une fille Charlie et Vanda un fils, Leny. Vanda est absente quand l’incendie menace leur maison, mais Julian entre en trombe cherche ses enfants. Il les découvre au lit et cela ajoute à son stress, tant et si bien qu’il est furieux. Il les éloigne de la zone dangereuse et décide de retourner sauver leur chien mais il arrivera trop tard.

Charlie est choquée de la réaction de son père. Elle persuade Leny de la suivre rejoindre l’île d’Oléron, où s’est déployée l’armée du 12 octobre, menée par leur leader Vertigo. En effet, le sud de l’île s’érode sous l’action du vent et un conglomérat chinois a investi dans le renflouement des plages tout en installant une base de loisirs de luxe, avec l’assentiment du gouvernement français. Les armées du 12 octobre, groupuscule écologiste, ont donc envahi le sud de l’île, revendiquant l’indépendance de leur bout de pays, qu’ils ont nommé Islanova. Leur revendication  est simple : permettre aux pays africains d’avoir accès à l’eau potable. Tant que leur demande ne sera pas exaucée, Islanova vivra comme un caillou dans une chaussure.

Construit avec des chapitres ultra-courts, le rythme de lecture est très élevé, grâce à de nombreux rebondissements. Camut et Hug nous font vivre de multiples personnages, dont chacun a une psychologie propre, des raisons personnelles d’être où ils sont, de faire ce qu’ils font. Sans que cela ne soit lourdingue, ce roman de ce point de vue est à la fois moderne et remarquablement fait. Le roman m’a fait penser à une série, passant d’un personnage à l’autre, d’un lieu à l’autre, alternant les scènes d’action et les scènes plus calmes. Ce roman s’inscrit donc dans la grande tradition du roman populaire, avec toutes les émotions que cela implique.

Car le sujet part bien d’une famille avec toutes les composantes que cela implique. Et même si c’est une famille recomposée, Julian aime ses deux enfants comme si c’étaient les siens. Il en est de même pour Vanda. Avoir pris une famille commune qui aime ses enfants est d’autant plus important pour la suite, puisqu’il fait appel à nos valeurs les plus importantes pour tout un chacun. Cela permet aussi de faire un parallèle entre la famille qui implose et la société qui explose. Le manque de communication entre eux est le même qu’entre les revendicateurs et les dirigeants de tous les états.

Dans ce contexte, Camut et Hug attaquent de front le sujet principal, et là aussi, ce roman est si touffu qu’il aborde en réalité plusieurs thèmes. Le premier est bien évidemment l’accès à l’eau des populations les plus pauvres du monde, et le fait que les pays riches ne sont pas prêts à lâcher quoi que ce soit de leur confort, même quand il s’agit d’éviter la mort de plusieurs centaines de personnes. Avec ce sujet vertueux, humaniste, ils parlent aussi d’extrémisme et de mercenarisme, et de la façon dont on juge les gens en fonction de leur situation. Si la violence et le terrorisme ne résolvent rien, ils disent clairement que dans un monde où on n’écoute personne, certains préfèrent frapper fort pour qu’on les entende. Il y est fait aussi mention de la naïveté des gens embringués dans cette mécanique et qui ne savent pas la réalité des choses (ou ne veulent pas savoir). Par contre, l’état est bizarrement presque laissé de coté, n’apparaissant que pendant quelques réunions de négociation, de même que le rôle des médias m’a paru aussi très sous-estimé.

La force de ce roman fleuve se situe clairement au niveau de la narration. A aucun moment, je n’ai senti que Camut et Hug ne prenaient position, et qu’ils laissaient le lecteur se faire sa propre opinion. Car chacun dans cette histoire est un personnage humain qui a ses propres motivations qui sont compréhensibles à défaut d’être défendables. Et c’est un sacré coup de force de nous mettre en face de nos responsabilités. Car tous autant que nous sommes, nous sommes un peu responsables de la situation dans laquelle nous sommes.

Comme de longs échos d’Elena Piacentini

Editeur : Fleuve Noir

Elena Piacentini démarre une nouvelle aventure dans une nouvelle maison d’édition avec un nouveau personnage. Un personnage ? Que nenni ! C’est tout un commissariat qui va vivre dans les pages de ce roman, dans une intrigue totalement dingue. En fin de billet, vous aurez droit à une petite interview qui va compléter celle de l’ami Yvan.

Vincent Dussart vient voir sa femme Chloé et son fils Quentin. Elle a décidé de prendre du recul, de faire un break et de déménager dans une petite maison. Il n’a rien dit, a juste fait un simple geste, une caresse amoureuse en l’apprenant. Quand il arrive, des billets pour un week-end à Londres en poche, le chat vient le surprendre. Ce week-end, c’est sa chance de reprendre leur vie commune. Puis c’est une scène horrible qui l’attend … Sa femme a été assassinée d’une balle dans la tête et son fils a disparu.

Mathilde Sénéchal a accepté une mutation dans le groupe du commandant Albert Lazaret de la police judiciaire de Lille. L’accueil a été froid, en particulier de la part de Sylvie Muller. Toutes les équipes de police envahissent la cité Franchomme. Il faut retrouver le petit, seulement âgé de trois mois, et le temps presse. Vincent Dussart, lui, est en état de choc traumatique. La course contre le temps commence, chaque seconde compte. Le commandant Lazaret demande une perquisition chez Vincent Dussart.

C’est le lieutenant Damien Delage qui s’en occupe. Il fait tous les prélèvements possibles, récupère les papiers, les pièces d’identité, interroge les voisins, la gardienne. A 51 ans, il sait que la situation est critique. Lui qui se retrouve seul après le départ de sa femme, il plaint les jeunes comme son collègue Sqalli, car ils ne savent pas ce qui les attend. Après sa perquisition, Delage ne sait quoi penser de Dussart.

C’est un roman de course poursuite que nous offre Elena Piacentini avec ce nouveau roman, et du rythme, il va y en avoir. D’ailleurs, le nouveau style de cette auteure convient bien à des intrigues au rythme élevé, puisque depuis son passage chez la maison Au-delà du raisonnable, son écriture est devenue plus efficace, plus sèche aussi. Avec ses chapitres ultra-courts n’excédant que rarement 6 pages, cela donne une forme du roman qui convient parfaitement à son sujet.

Tout va donc très vite dans ce roman, et l’intrigue va rapidement se centrer sur le personnage de Vincent Dussart, qui a semble-t-il des choses à cacher. Comme chaque seconde compte et comme le coupable le plus probable dans ce genre d’affaires se situe dans l’entourage proche des victimes, la Police Judiciaire va donc concentrer ses efforts sur lui. Le trouble autour de ce personnage va être remarquablement fait, créant un certain malaise chez le lecteur, qui tantôt va vouloir ressentir de la sympathie pour lui, tantôt le détester pour ce qu’il pourrait avoir fait, sans en connaitre ses mobiles.

Le rythme des chapitres ne va pas oublier la psychologie des personnages. Sur le devant de la scène, on trouve évidemment Mathilde Sénéchal, formidable inspectrice dont on ne connaitra pas les cicatrices. Mais il y a aussi tous les autres, Sqalli, Sylvie Muller ou même Lazaret qui vont prendre la vedette dans certains chapitres, qui vont être aussi présents dans l’esprit du lecteur. C’est incroyable comment Elena Piacentini arrive à faire vivre autant de personnages en même temps, comment elle arrive à créer tout un commissariat, avec des policiers plus vrais que nature. Il ne faut pas oublier Pierre Orsalhièr, un flic à la retraite qui va aider à faire avancer cette enquête et même fournir les pistes pour résoudre cette affaire. Après avoir lu ce roman, on n’a plus qu’une seule envie : les retrouver tous pour découvrir ce qui n’a pas été dévoilé ici, quant à leur passé.

Si ces policiers sont tous plongés au cœur de cette affaire hallucinante, la note de l’auteure en fin de roman est aussi remarquable que le livre lui-même. Partant d’un fait divers réel, Elena Piacentini a construit son intrigue en allant plus loin, juste par le pouvoir de l’imagination. Il n’en reste pas moins que le fait divers réel est proprement incroyable, et qu’on retrouve là une constante dans l’œuvre de cette auteure : le monde devient fou, les limites entre le bien et le mal deviennent floues et on ne peut qu’être inquiet face à un avenir de plus en plus noir.

Ce deuxième cycle, en parallèle des enquêtes du commandant Leoni, démarre en fanfare avec les mêmes qualités, aussi bien dans les intrigues, les psychologies des personnages ou le style efficace. Des romans comme ça, j’en redemande tous les jours. En ce qui me concerne, c’est un des romans à ne pas rater en cette rentrée littéraire 2017.

Il est à noter que la première enquête du commandant Pierre-Arsène Leoni vient de ressortir aux éditions Au-delà du raisonnable après avoir été remaniée par l’auteure, avec la même intrigue, mais en resserrant le style et en enlevant les longueurs superflues. Tous les adjectifs que je viens de citer sur Comme de longs échos s’appliquent à ce roman.

Enfin, car je suis un peu long, je vous encourage à nouveau à lire l’interview de l’ami Yvan. Et comme je suis verni, j’ai la chance d’avoir pu poser quelques questions supplémentaires à Elena Piacentini dont je vous livre ici les réponses :

Black Novel : Bonjour Elena et merci de te prêter à ce petit jeu des Questions / Réponses.Cette histoire aurait pu convenir à Leoni. Pourquoi avoir créé un nouveau personnage ?

Elena : Le défi était précisément dans le fait de créer un nouveau personnage, une femme qui plus est. Et de faire naître, dans le sillage de Mathilde Sénéchal, une atmosphère et une galerie de caractères différents. Il nous arrive ce qui nous ressemble… C’est l’enquête menée par le capitaine Mathilde Sénéchal, avec ses spécificités propres, que je voulais écrire. Un roman olfactif et rempli de correspondances.

Black Novel : J’ai cru comprendre que tu resterais fidèle à Au delà du raisonnable avec Leoni. Est-ce à dire qu’il y aura 2 cycles en parallèle ?

Elena : Oui ! Leoni continuera d’exister dans une dimension Au-delà du raisonnable et nous avons toujours le projet, avec Véronique de l’emmener plus loin. Quant à Mathilde Sénéchal, elle reviendra pour éclaircir son mystère personnel. Pour la suite, nous verrons. L’idée d’une collaboration en parallèle, c’est d’aller explorer d’autres pistes littéraires et de bénéficier d’une visibilité élargie. Tout reste ouvert.

Black Novel : J’ai été très impressionné par tes personnages. Mais au delà de cela, tu arrives à les rendre tous crédibles. Est-ce une volonté de les mettre tous sur un pied d’égalité ?

Elena : Ils ne sont pas tous sur un pied d’égalité sur le plan de la narration. Il y a les héros et ceux qui gravitent autour d’eux. Ceci étant, quand mes personnages viennent à la vie, ils sont égaux en termes de consistance. Pour qu’ils puissent exister dans mon imaginaire et y jouer leur partition sans fausse note, j’ai besoin qu’ils soient crédibles et animés. Tu as donc raison, j’accorde le même soin à la construction psychologique de mes personnages qu’ils soient « grands » ou « petits ». Tous les personnages naissent libres et égaux… On en rêve dans la vraie vie.

Black Novel : Le personnage de Mathilde Sénéchal est attiré par des figures paternelles. Comment t’est venue cette idée qui sert de fondation à sa psychologie ?

Elena : J’ai adoré tisser la relation entre Mathilde et Albert. Un vieux flic usé et en bout de course, une femme sèche et dure au mal qui veut conserver la maîtrise. L’amour que Mathilde porte à Lazaret est teinté de respect et d’admiration, mais il est plus un mentor qu’un père. Celui de Lazaret a le goût d’un rendez-vous manqué. Sous leurs dehors austères, ils prennent soin l’un de l’autre avec beaucoup de générosité et de tendresse réciproques car tous les deux ont peur d’aimer.

Black Novel : Ton roman est très découpé en courtes scènes ce qui donne un rythme élevé à l’intrigue. En quoi l’écriture de scénario (pour la télévision) a influencé ton écriture ?

Elena :En réalité, Comme de longs échos a préexisté à l’écriture de Tensions sur le Cap Corse. Mais le roman n’était pas finalisé et je souhaitais le retravailler en profondeur. J’en profite pour souligner ici la qualité de l’accompagnement éditorial dont j’ai bénéficié de la part de Valérie Miguel-Kraak. Comme de longs échos, c’est aussi le résultat d’une étroite collaboration avec une amoureuse des textes. Le magazine Transfuge, en décernant à ce roman le prix du meilleur polar français, a reconnu ce travail comme l’exigence qui nous a guidées et j’en suis très heureuse. Ceci étant, c’est vrai que, dans la phase de finalisation, ce que j’ai appris de l’écriture scénaristique a enrichi mon regard. Ah ! Les correspondances…

Merci de t’être prêtée à ce petit jeu et continue à nous écrire des polars comme ça !

Ice-cream et châtiments de Nadine Monfils

Editeur : Fleuve éditions

Nadine Monfils a abandonné son personnage de Mémé Cornemuse pour Elvis Cadillac, un sosie d’Elvis Presley, qui vit de concerts dans les maisons de retraite et autres petites salles communales, roulant dans une Cadillac rose, et affublé d’un petit chien qui orne une belle banane. Les présentations avaient été faites dans King from Charleroi, avec un grand bonheur. Eh bien, réjouissez-vous ! Mémé Cornemuse est de retour puisque dans ce nouveau roman, nous allons assister à une rencontre au sommet !

Un homme court seul, tout nu dans la nature. On pourrait croire à un cinglé, mais en fait, il a peur. Il cherche à échapper à quelqu’un. Après avoir traversé des bois, il arrive sur une route. Il aperçoit une lumière, pense être sauvé. Il lève les bras de soulagement, en appelle à Dieu qui l’a exaucé … avant de se faire écraser par une voiture.

Au volant de la voiture, Elvis Cadillac chante des airs de son idole, pour entrainer sa voix et bercer sa chienne Priscilla. Il a bien senti une secousse, sur cette petite route qui doit l’emmener à Chimay, où il doit assurer un concert exceptionnel dans une maison de retraite. Il s’arrête et se rend compte qu’il vient de rouler sur un homme, relativement agé. Quand il le retourne, il reconnait Joël Bermude, une célébrité dans le monde des sitcoms débiles de la télévision. Elvis décide de charger le corps dans son coffre et poursuit sa route.

Speculoos (en fait il s’appelle Rémy, mais on lui donne ce surnom eu égard pour son gout pour les biscuits du même nom) a couru comme un dératé mais il n’a pas réussi à le rattraper, le retraité de la télé. Il va avoir du mal à le justifier à son comparse et chef (mais uniquement parce qu’il est un peu moins con) Mickey. Il va encore s’en prendre une bonne ! Comment va-t-il expliquer à Mickey que le vieux s’est fait la malle à poil ?

Je ne vais pas vous raconter des craques, ce roman est à l’image de ce que Nadine Monfils est capable de nous pondre de mieux. On y trouve des situations rocambolesques, des personnages barrés et des retournements tous plus drôles les uns que les autres. Outre les prénoms des tarés qui sillonnent au fil des pages, les personnages sont décrits d’une façon irrésistibles … et …

On y retrouve notre chère Mémé Cornemuse (chère au sens où il ne vaut mieux pas la rencontrer). Elle va donc former un duo avec Elvis, qui parait pour le coup plus raisonnable qu’elle, au moins pour quelques dizaines de pages. Car après, elle va se retrouver en compagnie de Speculoos et Mickey et ça va être la fête à Neuneu.

Ceux qui ne connaissent pas encore Nadine Monfils (Il y en a encore ?) vont être agréablement surpris. Ce roman est moins grivois que d’habitude, et parfois empreint d’une certaine poésie, rappelant en cela La petite fêlée aux allumettes, un des meilleurs épisodes de Mémé Cornemuse. Nadine Monfils fera même un plaidoyer pour la création, la littérature et la poésie.

Evidemment, tout cela n’est pas très sérieux, le but étant de divertir par le rire, et c’est une grande réussite. Il n’y a qu’à lire les notes en bas de page expliquant des expressions du cru (surtout belges). On y retrouve même le commissaire Léon, pas en personne mais muet comme une tombe, ce qui confère à ce roman une sorte de croisée des chemins avec un grand nombre de ses romans. On peut dire qu’on tient là une sorte de synthèse, de liens, de toute une œuvre qui comptera dans les années à venir. Et à chaque fois que je termine un roman de Nadine Monfils, je me demande bien ce qu’elle va pouvoir nous inventer dans le prochain … et vivement le prochain !

Zanzara de Paul Colize

Editeur : Fleuve Editions

Depuis Back-up (et même un peu avant), je lis toutes les nouvelles sorties de Paul Colize, car ses livres sont tout simplement prenants et permettent de passer à chaque fois d’excellents moments de lecture. Je ne suis pas prêt d’oublier Un long moment de silence, qui est à mon avis son meilleur roman à ce jour, le plus personnel aussi, ce qui en fait presque le livre de sa vie. Et Zanzara alors ? Il est comment ? GENIAL !

Fred a organisé son défi. Il a réuni des parieurs, qui versent une obole pour le voir prendre le périphérique de Bruxelles à contresens au volant de sa voiture, à fond. Après que chacun ait versé ses billets, il prend le volant et se lance sur le Ring. Il roule sur la voie de gauche, ne cherchant même pas à éviter les voitures qui viennent en face. Puis, il réussit à prendre la sortie suivante après plusieurs centaines de mètres de folie, et une bonne dose d’adrénaline. Encore une fois, il s’en sort. Entreprise suicidaire ? Pour lui, il s’agit plutôt de chercher une forme de rédemption, et un bien-être qu’il a rencontré dans sa jeunesse.

Fred, de son vrai nom Frédéric Peeters, est journaliste au journal Le Soir. Lors de la réunion de l’équipe, pour faire un point sur les sujets en cours, il reçoit un coup de fil d’un dénommé Régis Bernier. Il se dit menacé, a peur pour sa vie et lui propose un rendez-vous le lendemain pour lui faire des révélations. Quand il se rend chez Bernier, dans les Ardennes, il découvre un cadavre.

Il appelle alors la police puis inspecte les lieux. Certes, il semble que Régis Bernier se soit suicidé. Mais le pistolet semble bien éloigné du cadavre, sous le bureau. D’ailleurs, il n’y a pas de trace ni de téléphone, ni d’ordinateur, alors qu’il y a un écran et une imprimante. Les remarques du légiste laissent penser que la mort remonte à trois jours, soit avant le coup de fil qu’il a reçu. Il n’y a qu’un journaliste pour être attiré par ce genre de mystère.

Accrochez vous ! Dès les premières pages, on est pris dans le rythme, comme une sorte de 10 000 mètres à courir à la vitesse d’un sprint. De la scène initiale à la fin, le mot d’ordre est de l’action, de l’action et de l’action. Et cela se coordonne parfaitement avec la psychologie du personnage principal, Fred, sorte de suicidaire, avide de défis impossibles pour à la fois exorciser un drame de jeunesse et à la fois se sentir vivant. En fait, il vit à 100 à l’heure, aussi bien dans son travail que dans sa vie personnelle. Fred, c’est un descendant des punks, un No Future moderne, un Rimbaud du polar.

Car Paul Colize ne se contente pas d’écrire un roman d’action, il nous propose aussi un formidable personnage auquel on adhère et par voir de conséquence, pour lequel on a peur quand il fait ses défis ! Et on le trouve timide quand il s’agit d’aborder et de draguer Camille, une libraire, avant de le voir cinglé dans sa relation sexuelle, comme s’il devait prouver chaque respiration qu’il prend. Et tout est mené au même rythme, ce qui fait qu’on n’a pas le temps de retrouver son souffle, on court de mots en phrases, de phrases en chapitres courts, pour arriver au sujet du livre.

Fred va mener son enquête, rencontrer le fils du mort, et petit à petit découvrir le fin mot de l’histoire. L’auteur nous parle d’un événement que personne n’a évoqué, que tout le monde a enterré consciencieusement, sur fond de mercenariat, que ce soit dans les émeutes ou dans les guerres modernes. Quelques chapitres en italiques nous indiquaient bien qu’il y avait un sujet de fond, et celui-ci est judicieusement amené et suffisamment révoltant pour que l’on ait envie de hurler. Et cela fait de ce polar bien plus qu’un polar, une dénonciation des exactions gouvernementales mais aussi des informations que l’on choisit consciencieusement de donner au peuple. GENIAL !

Ne ratez pas l’avis des amis Claude, Yvan,  ainsi que sur Au Pouvoir des mots.

Elvis Cadillac King from Charleroi de Nadine Monfils

Editeur : Fleuve Éditions – 2016

Le nouveau roman de Nadine Monfils laisse augurer du changement : Changement d’éditeur puisque l’on passe de Belfond à Fleuve Editions ; changement de personnage principal puisque l’on passe de Mémé Cornemuse à Elvis Cadillac. D’ailleurs, les aficionados de cette excellente auteure belge qu’est Nadine Monfils pourraient bien ne pas s’apercevoir que ce roman est sorti, puisqu’il est classé en Littérature Blanche. Idiotie de classements d’étiquettes à la con ! C’est mon cas, puisque je ne parcours que les rayons polar, et s’il n’y avait eu le billet de l’ami Claude, je n’aurais jamais trouvé ce roman. Et rassurez-vous, malgré tous ces changements, ce qui est immuable dans les romans de Nadine Monfils, c’est bien son humour politiquement incorrect.

Tout commence par un clochard qui trouve un journal dans la rue. Il se met à le lire et tombe sur un article faisant l’éloge d’un sosie d’Elvis Presley. Dans son interview (qui vaut son pesant de cacahuètes, je vous le dis !), il clame sa joie de vivre, sa philosophie, ses rapports à la musique et au King du Rock’n’Roll. Son nom : Elvis Cadillac. Il s’habille comme le King, sa maison est emplie d’objets rappelant le King (du papier peint au papier toilette) et même sa chienne Priscilla est affublée d’une banane rose du plus bel effet.

Elvis Cadillac vit de petits concerts dans des petites salles de banlieue, avec toujours le même sourire aux lèvres … quand, un matin, une femme sonne à sa porte. C’est sa mère Raymonde Pirette, qui l’a abandonné étant bébé qui fait son retour. Elle veut faire de son fils une vedette, et veut devenir son manager … car il y a plein d’argent à se faire. D’ailleurs, elle va s’installer chez son fiston et commencer à gérer sa carrière, en lui trouvant immédiatement un concert privé chez les Montibul van Piperzeel, une riche famille bourgeoise, pour fêter l’anniversaire de la vieille grand-mère.

Les habitués de Nadine Monfils ne vont pas être dépaysés : c’est toujours aussi drôle, c’est toujours aussi bien écrit, c’est toujours rempli de bons mots. Bref, c’est un roman plaisir, un roman pour se faire plaisir, pour faire plaisir, pour rire à gorges déployées parce que les événements qui vont se dérouler vont être plus drôles les uns que les autres.

Evidemment, on va alterner entre les affres D’Elvis et sa mère avec tous les membres de la famille Montibul et on ressent le plaisir qu’a eu Nadine Monfils à flinguer tous ces gens bien nés qui n’attendent qu’une chose : la mort de la vieille pour toucher l’héritage quitte à l’aider un peu.

On aura donc droit à un corps, deux en fait, à un personnage de flic un peu bizarre, à des quiproquos en pagaille et à une blague de l’auteure elle-même, sorte de devinette posée en début de roman et dont on n’aura la réponse qu’à la fin.

D’ailleurs, Nadine Monfils fait référence plusieurs fois au DicoDard, dictionnaire des bons mots et aphorismes du gigantesque Frédéric Dard et je me permets de lancer un appel : Avis aux amateurs pour créer un DicoMonfils, car, croyez-moi, il y a de quoi faire. Et par les temps qui courent, on a bien besoin de rigoler un bon coup !

Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude

Le principe de parcimonie de Mallock (Fleuve Noir)

Je ne sais plus qui m’a conseillé de lire les polars de Mallock, mais je peux vous dire que je le (la) maudis. Pourquoi ? Parce que j’ai eu la mauvaise idée de lire le cinquième tome des chroniques barbares et que j’ai trouvé ça génial. Et donc, je vais être obligé de lire les quatre précédentes. C’est malin ça ! Que celui qui se reconnait dans ces quelques lignes lève le doigt … que je lui coupe, tiens ! Comme ça, on restera dans le sujet de ce roman, Le principe de parcimonie, qui n’y va pas par le dos de la cuiller, comme on dit. Ceci dit, pour couper un doigt, une cuiller, ce n’est pas pratique !

Le rasoir d’Ockham ou rasoir d’Occam est un principe de raisonnement philosophique entrant dans les concepts de rationalisme et de nominalisme. Son nom vient du philosophe franciscain Guillaume d’Ockham (xive siècle), bien qu’il fût connu avant lui. On le trouve également appelé principe de simplicité, principe d’économie ou principe de parcimonie (en latin lex parsimoniae). Il peut se formuler comme suit :

Pluralitas non est ponenda sine necessitate

« Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. »

C’est un automne de merde, je vous le dis. Il n’arrête pas de pleuvoir. Cette affaire débute au Louvre. On a volé la Joconde. Alors que tous les moyens les plus sophistiqués ont été mis en œuvre pour la protéger, l’incroyable, l’impossible est arrivé. Apparemment, ils étaient plusieurs, et personne n’arrive à imaginer comment ils sont entrés, comment ils sont sortis, ni comment ils s’y sont pris. Deux choses sont à noter : des traces de caoutchouc vraisemblablement laissés par des chaussures genre Rangers, et une victime sur place. En effet, le célèbre peintre Ivo avait le droit de rester la nuit dans la salle de La Joconde pour la peindre, dans le cadre d’une future exposition.

Le vol est revendiqué sur Internet par un certain Docteur Ockham. En ligne, il se permet même de montrer la destruction du célèbre tableau. Quelques jours plus tard, Mallock reçoit un bocal contenant des poussières de peinture. Une étiquette annonce : « confiture de Joconde ». Mallock et son équipe se demandent s’ils n’ont pas affaire avec quelqu’un qui veut revendre la Joconde tranquillement. Mais la suite va lui donner tort. Le docteur Ockham s’avère être un grand malade, s’attaquant par la suite à des personnalités dont il va tout d’abord couper les cheveux, puis amputer …

Ouah ! La vache ! Je comprends mieux pourquoi ceux qui lisent les polars de M.Mallock sont si emballés. Effectivement, on y trouve de quoi rassasier tout amateur de polars, tous genres confondus. On y trouve de l’action, du suspense, de la psychologie, de l’humour, du rythme, de l’amour, de la peur, de la démagogie, de la folie, de la créativité, de l’érudition … et je pourrais continuer longtemps comme cela tant j’y trouve des qualités. Et malgré tous ces ingrédients, on pourrait craindre que ce roman soit un mélange mal réalisé, avec un peu trop d’ingrédient de ceci, pas assez de cela. Que nenni ! Mallock remet au gout du jour la littérature policière populaire, dans ce qui ressemble, pour moi en tous cas, à un exemple du genre, sans jamais faire dans la facilité !

Rassurons les timides et les inquiets ! Cette enquête est la 5ème d’Amédée Mallock, le flic. Et malgré cela, on glisse dans le roman, on surfe avec les personnages comme si on les connaissait depuis 10 ans. Et j’oubliais de vous dire : Mallock l’auteur se met lui-même en scène dans le rôle principal, ce qui est un clin d’œil amusant (enfin, moi, ça m’amuse !). Tous les personnages ont leur caractère, leur vie, et c’est un vrai plaisir de les cotoyer.

D’ailleurs, ce roman est un pur plaisir de lecture, ce que j’appelle personnellement « Un livre de fou ». En fait, Mallock ne se donne aucune limite, ne se fixe aucune contrainte. Il créé un personnage de tueur cinglé, déploie toute son imagination et sa créativité pour faire plonger le lecteur dans l’horreur, en profite pour montrer et dénoncer la société des media, du paraitre et des fausses stars auto-adulées, et nous emmène un peu au hasard dans une première partie qui nous accroche. Puis, la deuxième partie est plus classique, si l’on peut dire avec un tel cinglé qui ne laisse aucune trace derrière lui, mais l’auteur rajoute à son intrigue une métaphore d’un Paris noyé sous une crue centennale, avec des images saisissantes. La troisième partie clot en beauté ce fantastique polar dans un rythme fou, et je peux juste vous dire que j’ai lu les 250 dernières pages en une journée, impossible que j’étais de m’arrêter.

Pour revenir sur celui ou celle qui m’a conseillé de lire Mallock, sache que j’ai déjà acheté les deux premières enquêtes et que la lecture de ce Principe de parcimonie m’a fait l’effet d’une vraie drogue : je ne demande qu’une chose, dorénavant : retrouver Mallock et son équipe.