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L’empreinte des amants de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand format) ; Pocket (Format Poche)

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue mon exploration de l’univers de Charlie Parker avec sa neuvième enquête. Après un épisode dédié à Louis et Angel, voici un roman qui explore la jeunesse de Charlie Parker et le suicide de son père. La liste des billets sur Charlie Parker est à la fin.

Quatrième de couverture :

L’enquête la plus personnelle de Charlie « Bird » Parker, au cœur de ses origines.

Charlie Parker n’a que quinze ans lorsque son père, policier, se donne la mort après avoir abattu un couple d’adolescents dans une voiture. Cette tragédie, jamais expliquée, n’a cessé de hanter « Bird ». Après avoir perdu sa licence de détective privé, il décide d’employer son temps libre à faire la lumière sur son histoire familiale, et se rend à New York, sur les lieux de son adolescence, afin d’interroger les anciens collègues de son père.

En fouillant dans son passé, Charlie va réveiller certains fantômes qui sont tout sauf bien intentionnés…

Mon avis :

Après un épisode en demi-teinte, où on se rend compte qu’on a bien du mal à se passer de Charlie Parker, John Connoly décide de nous surprendre à nouveau. Ce roman n’est pas un thriller, il y a moins d’actions et une petite pincée de mystère. Par contre, Avec un sujet centré sur la mort du père de Charlie, Connoly nous surprend dans ces scènes intimistes entre Charlie et l’ami de son père. Il en ressort beaucoup d’émotions, et beaucoup de tension face à deux amants pas comme les autres.

Si John Connoly laisse planer une aura de mystère, c’est à mon avis parce qu’il a voulu rajouter une cerise sur le gâteau. Car l’intrigue n’en avait pas besoin. Et puis, comme d’habitude, on a l’impression que l’auteur improvise au fur et à mesure que le livre avance, qu’il mélange les intrigues et les points de vue, qu’il passe d’un personnage à l’autre en nous faisant croire qu’ils n’ont aucun rapport les uns avec les autres … c’est du grand art, du grand John Connoly, tout simplement.

A propos de l’intrigue, il faut que vous sachiez que Charlie Parker a perdu sa licence de détective privé, qu’il est devenu barman, et que cela va être l’occasion de faire le jour sur le suicide de son père. En parallèle, il va être ennuyé par un journaliste qui veut écrire sa biographie sans son accord. Enfin, un jeune adolescent Bobby Faraday disparait. Plusieurs jours plus tard, on découvre son corps pendu au bord d’un étang.

Bref, voilà de nombreuses histoires qui vont s’emmêler dans une histoire à la fois poignante et passionnante. Un des meilleurs épisodes de la série …

Liste des épisodes précédents :

Les Anges de la Nuit de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand format) ; Pocket (Format Poche)

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue mon exploration de l’univers de Charlie Parker avec ma huitième lecture. Après un épisode franchement emballant, ce roman m’a surpris, m’a pris à revers. La liste de mes billets sur Charlie Parker est à la fin.

Quatrième de couverture :

Quand les trahisons se paient au prix fort…

On les surnomme les Faucheurs, et ils sont l’élite des tueurs. Des hommes si terrifiants qu’on ose à peine prononcer leur nom. Louis, l’ami du détective Charlie Parker, a été formé par cette armée de l’ombre avant de tirer un trait sur son passé. Mais aujourd’hui il est la cible des Faucheurs, et plus particulièrement de Bliss, le tueur des tueurs. Charlie Parker, que Louis a souvent tiré de mauvaises passes, parviendra-t-il à le sauver ?

Tableau d’un monde crépusculaire où tout n’est que corruption, où les crimes demeurent impunis mais où les trahisons se paient au prix fort, Les Anges de la nuit fascine et glace le sang.

Mon avis :

Après un épisode noir et qui avait, me semble-t-il relancé la série, John Connoly décide de creuser ses personnages. Entre Louis et Angel, il a choisi Angel. C’est donc l’histoire d’Angel que nous allons lire, avec en parallèle une course poursuite, sorte de duel entre tueurs, un peu comme Highlander. Louis, a été élevé par un groupe de tueurs. L’un d’eux, Bliss, veut à tout prix le tuer pour se venger du passé, puisque Louis l’a brulé plusieurs années auparavant.

Certes cet épisode est glauque, car John Connoly arrive à nous montrer un univers parallèle, dont nous n’avons pas idée. C’est aussi l’occasion de nous offrir encore une fois des scènes incroyablement visuelles, mais j’y ai trouvé peu de scènes d’angoisse. Par contre, entre deux moments de tension, on rigole beaucoup, puisque Louis et Angel nous offrent des dialogues truculents voire inénarrables.

Il faut juste savoir que Charlie Parker n’apparait que très peu dans cet épisode, puisqu’il entre vraiment en scène qu’à partir des deux tiers du roman. Donc la narration n’est pas à la première personne et cela m’a créé comme une distance par rapport aux précédents opus. Par contre, cela m’a donné envie d’en relire un autre tout de suite, parce que je n’ai pas eu ma dose de Charlie Parker.

Liste des épisodes précédents :

Week-end Piacentini : Pourquoi j’aime ses romans …

Si je dois cette découverte, c’est parce que j’ai rencontré Claude Mesplède aux Quais du Polar à Lyon et qu’il m’a dit que, s’il y avait un livre à lire, c’était Le cimetière des chimères. Venant du Pape du Polar, je ne pouvais qu’acheter le livre et découvrir une nouvelle auteure, que je ne connaissais pas. Et c’est après avoir lu et adoré Des forêts et des âmes que j’ai décidé d’acheter et de lire tous ses livres. Ce fut un peu difficile, car les trois premières enquêtes ont été éditées par Ravet-Anceau et étaient épuisées. Mais grâce à quelques amis rencontrés sur FB et un peu de ténacité, je les ai eu enfin tous en main.

Un corse à Lille

Maintenant que je les ai tous lus, j’ai l’impression qu’il y a des cycles dans ce qu’écrit Elena, une sorte de progression à la fois dans les personnages, c’est bien normal, mais aussi dans les thématiques abordées. Dans les trois premiers romans, que sont Un Corse à Lille, Art Brut et Vendetta chez les Ch’tis, nous avons affaire à des enquêtes policières que je qualifierai de classique.

Art brut

Dans Un Corse à Lille, ce sont deux meurtres qui vont occuper l’équipe du commissaire Pierre Arsène Leoni. Dans Art brut, une série de meurtres mis en scène comme des œuvres d’art va donner du fil à retordre à la police criminelle. Dans Vendetta chez les Ch’tis c’est bien un serial killer qui va œuvrer. Si avec le premier roman, on a d’habitude la présentation de l’équipe au complet, ce n’est pas le cas de cette auteure. Elle fait comme si on les connaissait tous et ajoute subtilement quelques traits de caractère pour que nous fassions petit à petit connaissance avec eux. Mais dans ces trois premiers romans, j’ai eu l’impression de lire un cycle, une trilogie, que j’appellerai la trilogie Marie.

Vendetta chez les chtis

Pour ceux qui ont lu ces trois premiers romans, je pense qu’ils ont eu la même impression que cela n’irait pas plus loin, qu’Elena Piacentini allait repartir avec d’autres personnages. Avec Carrières Noires, on repart donc avec la même équipe, mais c’est bien un autre cycle, un nouvel éditeur et aussi une nouvelle façon de construire les intrigues et une nouvelle façon d’écrire … en mieux.

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A partir de Carrières Noires, les personnages secondaires se placent sur le devant de la scène, on a souvent droit à plusieurs affaires en parallèle et surtout le paysage se construit, le regard sur notre société se fait plus précis, plus lucide. A partir de Carrières noires, Elena Piacentini parle de sujets graves, qu’elle les place au premier ou au second plan. Mais la volonté de montrer, de dénoncer sont bien là. Et comme l’équipe de la police criminelle nous est devenue coutumière, le ou les messages portent d’autant mieux. Ce sont pêle-mêle les ripoux de la politique, les arnaques à la taxe carbone, les scandales des abus de médicaments que l’on donne aux adolescents dès qu’ils ont une attitude différente ou bien les Réunionnais déportés de la Creuse et le racisme ambiant et devenu « normal ».

Cimetière des chimères

Je voudrais ajouter que lire un roman d’Elena Piacentini, c’est aussi lire de la littérature, de la belle littérature, car sa plume est … belle, simple et efficace. Certes, je trouve quelques longueurs dans les premiers romans, mais ses quatre derniers romans gagnent en efficacité jusqu’à ne dire que l’essentiel pour que le lecteur s’imprègne de la psychologie des personnages. Car et c’est encore un compliment que je me dois de faire, TOUS les personnages sont plus vrais que nature, psychologique vivants.

Des forêts et des ames

Pour ceux qui ont peur de prendre le train en route, sachez que vous pouvez lire ses romans dans l’ordre que vous voulez. Certes les membres de l’équipe Leoni évoluent au fur et à mesure des romans, et il serait dommage de ne pas respecter l’ordre. Mais on n’est jamais perdu et les romans sont tellement bien construits que l’auteure n’en dit jamais trop sur les épisodes précédents.

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Un dernier mot, tout de même sur Pierre-Arsène Leoni. Si les romans reposent sur ses épaules, c’est parce que c’est un homme fort, dont on connait peu le passé, s’i ce n’est qu’il a été muté de Marseille pour avoir voulu s’attaquer à une personne de pouvoir. C’est un homme droit, juste, humain. Ce sont ses qualités d’écoute qui le rendent sympathique. C’est aussi sa vie de famille qui fait qu’il devient un personnage que l’on a l’impression d’avoir toujours connu. Autour de lui, gravitent de vrais beaux personnages, et chacun mériterait d’être à la tête d’un roman. Mais ils ont tous leur place, et ne servent jamais de faire valoir.

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Un petit mot de Mémé Angèle, la grand-mère de Pierre-Arsène Leoni. Elle représente à la fois les racines du Corse, mais aussi celle sur qui il peut se reposer à tout moment. Tout le monde rêverait d’avoir une grand-mère comme elle, nous gâtant de plats corses et n’hésitant pas à nous ramener les pieds sur Terre si besoin. Je pourrais passer tous les autres en revue mais je préfère m’arrêter là. J’espère juste que je vous aurais donné envie de lire cette auteure, et dès demain, je vous présenterai son dernier roman en date, Aux vents mauvais.

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Elena Piacentini a aussi été interviewée 3 fois par mon ami Le Concierge Masqué, et je vous joins les liens correspondants ici,  ici et ici.

Enfin, si ces éditions spéciales Week-End vous ont plu, n’hésitez pas à me laisser un petit message d’encouragement. Cela pourrait me motiver à recommencer !

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Et n’oubliez pas le principal, lisez !

 

Week-end Piacentini : Carrières noires d’Elena Piacentini

Editeur : Au-delà du raisonnable ; Pocket (Format poche)

Ça y est, je suis à jour à propos des enquêtes de Pierre Arsène Leoni ! Vous les trouverez donc toutes chroniquées et je vous les rappelle dans l’ordre :

Un corse à Lille

Art brut

Vendetta chez les Ch’tis

Carrières Noires

Le cimetière des chimères

Des forêts et des âmes – Coup de cœur Black Novel

Aux vents mauvais (Paru le 5 janvier 2017)

Joséphine Flament, que tout le monde appelle Josy, est une soixantenaire bonne enfant. Elle n’est pas le genre à se prendre la tête, ni avec le quotidien, ni avec des hommes. C’est pour cela qu’elle vit avec ses amies d’enfance Chantal et Marie-Claude, dans sa petite maison. Alors qu’elle faisait le ménage chez la sénatrice Justine Maes, Josy découvre une forte somme d’argent qu’elle rend à sa propriétaire.

Mais elle a l’occasion de découvrir où se situe le coffre fort. Elle imagine alors un plan, qui consisterait à vider le coffre pour offrir à ses amies une maison à La Panne. Comme elle connait Angelo, un petit braqueur, elle lui demande de l’aide. Celui-ci lui apprend comment ouvrir le coffre et Josy arrive à mettre la main sur son contenu : de l’argent, des bijoux et des documents.

Pierre-Arsène Leoni s’est mis en disponibilité de la police suite à la mort de Marie, sa femme et mère de sa fille. Il envisage de retourner dans son île natale, la Corse, avec sa grand-mère Mémé Angèle. Alors qu’il attend le début d’un concert avec Eliane Ducatel, son amie médecin légiste, la sénatrice qui doit faire un discours se fait attendre. Quand ils se rendent chez elle, juste à coté, ils s’aperçoivent qu’elle est morte. Et quand le téléphone sonne, Eliane prend le combiné et tombe sur un maître chanteur qui demande de l’argent contre les documents. Il semblerait bien que ce soit un meurtre …

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Je trouve qu’avec ce roman, Elena Piacentini a franchi un cap. Elle garde ce talent de peindre des personnages à la psychologie si fouillée, mais je trouve qu’elle a acquis une sorte d’efficacité qui fait que ce roman policier est impossible à laisser tomber. Car si l’intrigue peut sembler simple au premier abord, il nous réserve bien des surprises tout au long de ces pages si bien écrites.

La première partie est consacrée à Josy et à la sénatrice Justine Maes. On y plonge dans le monde des petites gens d’une part, puis dans le monde des magouilles politiques d’autre part. Et ce n’est qu’après un peu moins de 100 pages que Pierre-Arsène Leoni fait son entrée avec une Eliane plus dégourdie et craquante que jamais. Et c’est tout l’art des dialogues d’Elena Piacentini qui apparait, car Eliane et Pierre-Arsène forment un couple à la fois excitant et drôle ! La dernière partie va se dérouler dans les carrières de craie de Lezennes, qui forment un véritable labyrinthe, dans lequel les policiers vont chercher des enfants disparus. Mais c’est aussi un endroit montré sombre et stressant par l’auteure, et ces pages m’ont crispé au livre !

Ce roman tient à la fois sur l’intrigue et sur la façon dont Pierre-Arsène et Eliane vont démêler la pelote, mais aussi sur ces formidables personnages dont on est toujours triste de quitter à la fin. Avec ce roman, Elena Piacentini nous démontre de belle façon qu’elle est une grande du roman policier et qu’avec ce roman, elle semble entamer un deuxième cycle, chez un nouvel éditeur (Au-delà du raisonnable) après avoir sorti trois tomes chez Ravet-Anceau.

La proie des ombres de John Connoly

Editeur : Presses de la cité (Grand Format) ; Pocket (Format poche)

Traducteur : Jacques Martinache

Je continue ma découverte de l’univers de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly avec sa septième aventure.

Quatrième de couverture :

Fille d’un psychiatre de renom, Rebecca Clay fait appel au détective privé Charlie Parker : un inconnu la harcèle et exige d’elle des renseignements sur son père, Daniel Clay, disparu cinq ans plus tôt après avoir été mis en cause dans une affaire d’abus sexuels sur mineurs.

A tort, assure-t-elle… Parker découvre que l’inconnu, dénommé Merrick et récemment libéré de prison, est un tueur à gages qui veut venger la mort de sa fille, à laquelle il est persuadé que Daniel Clay a été mêlé.

Une course-poursuite s’engage alors entre les deux hommes pour retrouver au plus vite les traces du psychiatre. Bientôt, Parker comprend que l’affaire est encore plus sombre qu’il ne le pressentait, pleine de souffrance, de sang et d’indicibles secrets.

Traversant les superbes paysages du Maine, toujours hanté par ses fantômes, il va découvrir la vérité. Une vérité sombre, cruelle, bouleversante…

Mon avis :

Je dois dire qu’après le coup raté (en ce qui me concerne) du précédent opus L’ange noir, celui-ci me réconcilie avec John Connoly et cette façon bien à lui de construire ses intrigues, de décrire ses personnages et de nous envouter dans des ambiances glauques, entre réel et fiction, entre vivants et morts. On retrouve un Charlie Parker séparé de sa femme et de sa fille, qui accepte une affaire bien difficile qui va vite se complexifier pour aboutir à un dénouement inattendu, ce que l’on attend de ce genre de thrillers.

Le sujet de ce roman concerne les pédophiles et en particulier les psychanalystes qui sont chargés d’étudier les cas d’abus sexuels sur les enfants. En particulier, l’auteur nous pose la question de l’efficacité de ces spécialistes et de leur utilité car ils ne pourront jamais réparer l’irréparable. John Connoly nous offre aussi de nouveaux personnages énigmatiques, dont le Devineur, le Vengeur et ce roman est l’occasion de retrouver le Collectionneur. Avec eux, John Connoly nous place devant un dilemme qui est celui de la vengeance, sujet bien difficile surtout quand on est face à une horreur. Heureusement qu’on y trouve beaucoup de traits d’humour, grâce à Louis et Angel.

Vous l’avez compris, c’est un roman dense, et très riche et si mon avis vous parait énigmatique, c’est bien parce que je ne veux pas vous en dire plus, pour que vous puissiez le découvrir. C’est en tous cas un excellent épisode pour cette série qui alterne entre polar, roman noir et fantastique, à ne rater sous aucun prétexte.

Vous pouvez retrouver les précédentes enquêtes de Charlie Parker en suivants les liens suivants :

Episode 1 : Tout ce qui meurt ;

Episode 2 : Laissez toute espérance ;

Episode 3 : Le pouvoir des ténèbres ;

Episode 4 : Le baiser de Caïn ;

Episode 5 : La maison des miroirs ;

Episode 6 : L’ange noir ;

L’ange noir de John Connoly

Editeur : Presses de la cité. Format poche : Pocket

Traducteur : Jacques MARTINACHE

Je continue ma découverte de l’univers de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly avec sa sixième aventure.

Quatrième de couverture :

Hanté par l’assassinat de sa femme et de sa fille, Charlie Parker a quitté son métier de flic pour devenir détective privé.

Quand disparait Alice, jeune prostituée toxicomane, il se sent obliger d’enquêter, car elle est liée par le sang à Louis, son bras droit, et celui-ci remuerait ciel et terre pour retrouver celle qu’il s’était de protéger.

Bientôt leur enquête les mène sur les traces d’un mystérieux Mexicain, sculpteur sur os, et d’un obèse goitreux des plus inquiétants. Très vite, Parker est précipité dans un atroce cauchemar qui le conduira jusqu’en Europe. Pourtant il avait juré de ne plus s’approcher du Mal. Mais qui pouvait prévoir que le Mal s’approcherait de lui?

Une intrigue forte dans une atmosphère très noire, un héros bouleversant qui nous mène jusqu’au bout de la nuit. Un grand John Connolly.

Mon avis :

Alors que Charlie Parker devrait être joyeux, puisqu’il prépare le baptême de sa fille, il est de plus en plus harcelé par les esprits de sa femme et de sa fille. En plus, ses relations avec Rachel se refroidissent, puisqu’elle ressent le Mal roder autour de Charlie. Quand la tante de Louis lui demande de retrouver sa fille, Charlie sait qu’il doit faire preuve de loyauté envers son ami, mais qu’il va encore une fois être confronté au Mal, et que cela ve encore l’éloigner de sa femme.

Si le début du roman est emballant, j’ai été surpris par la tournure que celui-ci prend par la suite. A lire la quatrième de couverture, je pensais que l’auteur prendrait des distances avec Charlie Parker pour nous en dévoiler un peu plus sur Louis. Mais on se retrouve avec une enquête dans les bas-fonds de Portland, qui ressemble à une application de ce qui a fait le succès de la série jusque là.

Quand, en plus, les méchants ne sont pas si effrayants que cela, même si certaines scènes sont redoutablement réussies, et que la nièce en question meure au milieu du livre, j’ai eu l’impression que l’intrigue s’étirait en longueur, et que la liaison avec une ville maléfique d’Europe de l’est était capillo-tractée (tirée par les cheveux). Au final, c’est plutôt un épisode de plus qu’une enquête qui fait avancer la série.

La maison des miroirs de John Connoly (Pocket)

Voici le cinquième épisode des enquêtes de Charlie Parker, le personnage récurrent de John Connoly. Vous trouverez ci-joint mes avis sur les précédents romans et celui de Jean le Belge sur le sixième :

Episode 1 : Tout ce qui meurt ;

Episode 2 : Laissez toute espérance ;

Episode 3 : Le pouvoir des ténèbres ;

Episode 4 : Le baiser de Caïn ;

Episode 6 : L’ange noir (Par Jean le Belge) ;

Quatrième de couverture :

États-Unis, 1977. Un certain John Grady s’installe dans une petite ville du Maine. Après y avoir acheté une maison, il entreprend de la rénover. Mais très vite, ses voisins se posent des questions : les murs semblent recouverts de miroirs, et Grady passe ses journées à poser du papier peint avec une colle à l’odeur infâme, qui empoisonne tout le quartier. Au même moment, plusieurs petites filles disparaissent, et les soupçons se portent sur Grady. Alors que les policiers s’apprêtent à l’arrêter, il se suicide sous leurs yeux.

Pendant des années, la maison est restée à l’abandon, rachetée anonymement par le père d’une des fillettes, et plus personne n’a parlé de John Grady. Jusqu’à ce que la photo d’une petite fille, retrouvée dans la maison, ne fasse craindre une nouvelle vague de disparitions. Charlie Parker, détective privé, est chargé de découvrir l’identité de l’enfant avant qu’il ne soit trop tard.

Son enquête le met aux prises avec plusieurs illuminés, attirés comme des papillons par les scènes de crime. Un homme en particulier l’intrigue, celui qu’il surnomme le « Collectionneur » et qui réclame instamment, en paiement d’une dette contractée par John Grady, un des nombreux miroirs de la maison. Et cet homme étrange ne semble pas mû par un simple instinct d’antiquaire…

Mon avis :

Si on peut, comme je l’ai signalé, considérer les quatre premiers romans comme un cycle à part entière, ce court roman nous entraine dans une nouvelle série, dont un personnage inédit et mystérieux fait son apparition. Le Collectionneur est aussi inquiétant que bizarre puisqu’il collecte des objets ayant appartenu à des tueurs en série. Et tout ce qu’il demande, c’est d’obtenir un miroirs issu de la maison de John Grady.

Je m’attendais à un condensé de ce que John Connoly est capable de créer, à savoir nous inventer des personnages en passant en détail leur passé, peindre des paysages inquiétants au milieu d’un brouillard épais, nous mener par le bout du nez dans une enquête tortueuse. Malheureusement, je suis resté sur ma faim. Je trouve, en effet, que le format court laisse bien peu de place à l’imaginaire, même si le style moins disert et plus efficace que d’habitude, est passionnant.

Je ne peux donc pas conseiller pour débuter la série, car cela me semble plutôt comme un interlude entre deux cycles, comme je l’ai dit ci-dessus. Ceci dit, je dois tout de même ajouter qu’il y a un morceau remarquable dans ce livre, quand Charlie Parker se retrouve dans la scène finale dans la maison aux miroirs. Dans ce moment là, John Connoly est capable de nous emmener loin dans un paysage où toutes nos certitudes volent en éclats, où tout ce que l’on croit lire n’est en fait que le reflet de nos cauchemars.