Le blues des phalènes de Valentine Imhof

Editeur : Rouergue

Attention, Coup de Cœur !

Après Par les rafales et Zippo, voici le troisième roman de cette auteure au style si personnel. A l’instar des deux premiers, Le blues des phalènes va vous surprendre, empoigner vos tripes et les tordre dans et pour un élan d’humanité.

1935 – Milton. Il s’est exilé au milieu des montagnes, caché aux yeux du monde dans une mine désaffectée. Il a tourné le dos à la civilisation, a tout laissé derrière lui, jusqu’à son identité, loin du bruit et du rythme du monde. Seul un morceau de métal planté dans sa jambe, souvenir d’une guerre passée, parvient à le maintenir sur la terre. C’est un son qui va le mettre aux aguets, le signe que quelqu’un approche …

1933 – Arthur. Quand il était jeune, Arthur collectionnait les bêtes mortes. Parce qu’on lui a refusé de faire des études d’art, il s’est engagé dans l’armée. Sa mère Mary a fait une croix sur lui, jusqu’à ce qu’elle reçoive un télégramme lui annonçant qu’elle devait recueillir une jeune femme, au moment où l’explosion d’Halifax faisait des milliers de morts. Puis, il a disparu, veilleur de nuit et avide de pilules contre la douleur le jour. Pendant l’exposition universelle de Chicago, les affiches vantant le Troisième Reich trouvent un écho favorable parmi la population.

1931 – Pekka et Nathan. Bobbie est devenu violent envers Pekka et les gosses. Quand elle rentre un soir, elle le voit à terre, assommé par une bûche, vraisemblablement par Nathan qui est parti. Alors, elle tape encore et encore, jusqu’à ce que la tête ne soit plus qu’une bouillie rouge. Alors que Nathan va arpenter les routes pour trouver du travail et rencontrer Steve, une image paternelle qui remplace celle qui lui manque, Pekka part et change de nom comme de lieu.

Je ne m’attendais pas du tout à un roman de cette envergure, qui prend pour cadre les Etats-Unis mais surtout parle d’hommes et de femmes. Je ne m’attendais pas à vivre si loin, si fort la vie de ces quatre personnages, présentés longuement dans une première partie, représentant les témoins de l’évolution humaine dans le monde « moderne » et leur capacité d’adaptation à survivre. Je ne m’attendais pas à en apprendre autant, sur des événements historiques et sur la nature de l’Homme.

Après avoir présenté les quatre personnages centraux de ce roman, tous centraux, Valentine Imhof revient en arrière, en 1917, lors de l’explosion d’Halifax, la plus puissante explosion causée par l’Homme avant les bombes atomiques, qui a occasionné plusieurs milliers de morts. Cet événement va agir comme un cyclone pour nos quatre personnages et les expulser à travers le monde, chacun réagissant avec sa propre méthode, sa propre façon de s’adapter à un futur incertain. Tous présents à Hallifax, ils vont être expulsés à travers le monde.

Que ce soient Milton, Nathan, Pekka ou Arthur, ils font tous partie de la classe populaire, amenés à arpenter les routes à la recherche de travail pour se nourrir. Ils vont tous vivre dans des lieux glauques, chacun trouvant une lumière pour continuer à vivre. Et aussi dure que soit leur vie, ils vont nous montrer, nous apprendre à vivre, dans des situations aussi inhumaines que formidablement décrites. Valentine Imhof atteint dans ces moments des sommets d’évocation, semblant véritablement envoutée par son sujet.

On ressent une véritable passion dans ces scènes, une véritable tendresse pour ces personnages, un véritable talent de peintre, pour nous faire vivre cette époque. Car ce que Valentine Imhof nous dit, à travers cette fresque, ce qu’elle nous montre, c’est la capacité d’adaptation de l’Homme face aux pires situations que l’on puisse imaginer, mais qu’au final, rien ne change. Prenant comme exemple quatre laissés pour compte, quatre abandonnés du Rêve Américain, elle nous montre que, nés pauvres, ils mourront pauvres.

A travers ces pauvres gens, obligés de se tuer à la tâche, de vendre leur corps pour survivre, elle nous montre comment la société cherche à les masquer, à créer des artifices tels que l’exposition universelle de Chicago ou les Têtes du Mont Rushmore pour qu’on ne les voie pas. Et quand ils se rebellent, l’armée tire dans le tas. Et quand une catastrophe arrive, mettant en garde l’Humanité, les délaissés restent délaissés, les pauvres pauvres, les exploités exploités. Et l’espoir d’une vie meilleure apparait comme une chimère illusoire. Rien ne change.

Tout à tour expressive, empreinte de poésie, introspective ou descriptive, la plume de Valentine Imhof se glisse dans la peau de ses personnages, et nous immerge dans une autre époque qui rappelle certaines situations actuelles. Et quand elle les laisse parler, ces Arthur, ces Pekka, ces Nathan, on ressent toute sa rage, devant cette incapacité de cette société à tirer les leçons de ses erreurs passées, à chercher à améliorer la situation, juste à se battre pour un peu plus d’Humanité. Autant par ses personnages que par ses scènes hallucinantes, ce roman ambitieux et universel fait partie des lectures immanquables de ce début d’année.

Coup de cœur !

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc

Editeur : Archipoche

Le Père Noël ayant bien fait les choses, il m’a apporté le coffret édité par les éditions Archipel que je trouve formidablement beau dans sa sobriété. Le coffret comporte donc 7 livres, regroupant treize histoires du plus célèbre cambrioleur :

  1. Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur, suivi de Les Confidences d’Arsène Lupin ;
  2. Arsène Lupin contre Sherlock Holmes, suivi de L’Aiguille creuse ;
  3. Le Bouchon de cristal, suivi de La Demoiselle aux yeux verts ;
  4. Les huit coups de l’horloge, suivi de La Demeure mystérieuse ;
  5. L’île aux trente cercueils ;
  6. 813 : la double vie, suivi de 813 : les trois crimes ;
  7. Les Milliards cachés d’Arsène Lupin.

Cette année, nous allons donc parler d’Arsène Lupin sur Black Novelet nous commençons par le premier roman de la série, qui est en fait un recueil de nouvelles parues en feuilletons et regroupées en un roman, avec une belle unité. Les neuf nouvelles composant ce recueil sont les suivantes :

L’Arrestation d’Arsène Lupin : Ce récit est un huis-clos se déroulant à bord du transatlantique La Provence. Au cours de la traversée, un télégramme révèle qu’Arsène Lupin se trouve parmi les passagers.

Arsène Lupin en prison : Alors qu’il est incarcéré à la prison de la Santé, Arsène Lupin organise le cambriolage d’une collection d’art inestimable.

L’Évasion d’Arsène Lupin: Par une incroyable ruse, Arsène Lupin parvient à s’évader de la prison de la Santé.

Le Mystérieux Voyageur : Alors qu’il voyage à bord d’un train, Arsène Lupin est victime d’un voleur.

Le Collier de la reine : Ce récit tourne autour du vol du collier de la Reine des Dreux-Soubise, et donne forme à l’enfance d’Arsène Lupin.

Le Sept de cœur :  Le narrateur, journaliste, se voit mêlé par hasard à une affaire d’espionnage militaire.

Le Coffre-fort de madame Imbert : Après avoir simulé une agression, Arsène Lupin est sauvé par Ludovic Imbert qui l’invite à manger.

La Perle noire : Quand Arsène Lupin investit cet appartement de l’avenue Hoche, il découvre la comtesse d’Andillot assassinée et la perle noire qui était sa cible disparue.

HerlockSholmès arrive trop tard : Georges Devanne, fier de ses richesses accumulées, fait appel à Herlock Sholmès pour arrêter Arsène Lupin.

Mon avis :

Bien que ce recueil soit composé de nouvelles parues sous la forme de feuilletons dans des journaux du début du 20ème siècle, il est remarquable de se rendre compte de la cohérence apportée entre toutes les nouvelles. On y trouve une vraie cohérence entre les différentes aventures, les personnages se retrouvent et il y fait un rappel des affaires précédentes. Cela donne l’impression de lire un vrai roman et non pas un recueil de nouvelles. A tel point que mon fils de 13 ans, quand il a lu ce roman, a été étonné quand je lui ai expliqué la genèse du roman.

Bien que je l’aie lu dans les années 80 (il y a quarante ans !), je dois avouer que j’ai découvert certaines affaires, les ayant oubliées mais certaines sont restées intactes dans mon esprit. J’ai été aussi et surtout surpris par l’écriture de Maurice Leblanc, que, vu mon grand âge, j’ai pu apprécier la qualité de la langue et sa faculté à nous créer des décors et des personnages formidablement visuels.

Cette lecture a été pour moi un vrai plaisir de lecture, autant dans les aventures que la façon de les aborder. L’auteur va ainsi utiliser des narrateurs différents, passant d’Arsène Lupin lui-même à la victime, ou même son bibliographe et ami. Ce recueil de nouvelles est une excellente introduction aux aventures de ce personnage unique.

Désert noir d’Adrien Pauchet

Editeur : Aux Forges de Vulcain (Grand format) ; Pocket (Format poche)

Fortement conseillé par Laulo, amie de lectures et tentatrice par l’intermédiaire de son blog Evadezmoi, j’ai inséré ce titre sur ma liste de Noël et le Père du même nom a exaucé mon souhait. En lisant ce roman, j’ai eu l’impression de lire un premier roman d’un auteur fort prometteur, un futur grand en puissance.

Début septembre. Une fusillade éclate aux abords d’une péniche près de la Tour Eiffel. De toute évidence, il s’agit d’un règlement de comptes organisé par Yacouba Traoré et la cible n’est autre que Laurent Chapelle, dit Bolivar, membre connu de la pègre parisienne et à la tête du trafic de l’Orphée, cette drogue qui permet de revoir des proches disparus. Lors de cet événement, deux agents de police ont été tués et un blessé à l’épaule. Jocelyn Farkas fait partie des flics impliqués dans cette fusillade, et était présent suite à l’information d’un indic.

Anja se réveille dans sa cellule, la tête pleine d’images de désert noir. Sonia, sa codétenue, lui fait la conversation, lui demande ce que ça va lui faire de se retrouver libre dehors. Anja n’a qu’un objectif : retrouver sa fille Emma. On lui pose un bracelet électronique et on lui donne un rendez-vous la semaine suivante pour pointer. Elle monte à l’arrière d’une berline noire et un homme à la tête tatouée lui coupe le bracelet.

Alors que l’on fête le déménagement du 36 Quai des Orfèvres, Jocelyn, Maki, François et Franck en terminent avec l’interrogatoire des tireurs de la péniche, qui donnent Chérif. Jocelyn croise son père, Stéphane Farkas, devenu vice-procureur, en train de discuter avec Jacques Dotac ancien préfet de Paris. Ce dernier annonce à Jocelyn que malgré l’amitié qu’il a pour son père, il ne le sauvera pas deux fois. En sortant, Jocelyn se fait tabasser par des flics pour ceux qui sont tombés près de la péniche. Puis Franck réunit son groupe pour coincer le clan Chérif.

Bien que ce roman soit la suite de Pills Nation, l’auteur nous propose une présentation de la situation dans les cinq premiers chapitres. Le premier est un article de presse qui va servir de détonateur à la situation explosive. Puis l’interrogatoire de Jocelyn nous présente la position du jeune policier au sein de ses collègues. Anya, la mère d’Emma apparaît ensuite juste avant Caroline Beaulieu, l’ancienne capitaine de police en fuite, qui a perdu sa fille.

Après ces quelques chapitres, l’intrigue va partir selon cinq ou six axes, dont l’objectif final n’est autre que la recherche d’Emma, dont l’ADN est à la base de cette nouvelle drogue fortement addictive, qui permet de retrouver nos chers disparus. Et la surprise commence à faire son effet : tous les personnages ont leur psychologie, sont parfaitement reconnaissables, et les scènes se suivent dans une construction remarquable. Les chapitres courts permettent une lecture rapide, qui donne envie de connaitre la suite.

Et la maitrise de l’intrigue ainsi que l’itinéraire des personnages se révèlent surprenants, venant d’un jeune auteur. Adrien Pauchet a clairement mis au pouvoir, à la tête de son roman, une créativité, une imagination débordante et nous offre des scènes hallucinantes, en particulier celles qui concernent les voyages dans ce monde parallèle fait de sable noir et de ciel bleu, pour rencontrer les morts, mais aussi les scènes d’action fortement addictives par le rythme et le visuel fournis par des phrases courtes.

Il se permet même des mises en page originales pour illustrer le passage entre notre monde et le Désert Noir, utilise peu de dialogues et beaucoup de descriptions. En ce sens, on ressent l’influence des grands auteurs américains du genre (le roman m’a fait penser à Peter Straub dans son Shadowland), qu’il a parfaitement digéré, adapté à son univers. Je vous conseille très fortement de sortir de vos sentiers habituels et de découvrir un nouvel auteur qui apparaît avec ce titre comme surprenant et fort prometteur. Personnellement, je suis curieux de savoir ce qu’il écrira ensuite.

LËD de Caryl Ferey

Editeur : Les Arènes – Equinox

Après la Nouvelle Zélande, l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Chili, Caryl Ferey nous emmène dans des contrées tout aussi hostiles, à Norilsk, en Sibérie, l’une des villes les plus au Nord du cercle polaire, mais aussi l’une des villes les plus polluées.

Alors que la tempête se déchaine à l’extérieur, Gleb Berensky tient absolument à prendre une photo du jour qui se lève, chose rare que cette nuit pourpre. Dehors, il fait -64°C, les vents dépassent les 200 km/h. Laissant son compagnon Nikita au chaud, il grimpe les marches en direction du toit. En restant à l’abri de l’escalier, il devrait y arriver ; il aura tout juste deux minutes pour appuyer sur le bouton. Il aperçoit alors le toit d’un immeuble voisin emporté par la tornade, s’écrasant sur le corps d’un homme mort.

Boris et Anya Ivanov forment un couple disparate, lui ayant le double de l’âge de sa femme. Anya apprécie la gentillesse et l’honnêteté de son mari, bien qu’il ne soit pas beau. Lors de la visite chez le pneumologue, ils apprennent des nouvelles bien peu réjouissantes. La seule solution serait d’être acceptée dans un sanatorium sur le continent. De retour au bureau, Adrian Illitch charge Boris d’identifier le corps trouvé sous les décombres du toit. Sa seule piste réside dans les vêtements de la victime, en peaux de rennes, comme les éleveurs autochtones, les Nenets.

Boris commence son enquête par les habitants voisins de l’immeuble en ruine. Il fait la connaissance de Dasha, une costumière et Gleb, mineur de profession dont la passion est la photographie. Sur un blog, il reconnait la victime et l’auteur de la photo. Mais il ne peut que lui confirmer qu’il s’agit d’un Nenets. Il va lui falloir attendre plusieurs semaines avant de rencontrer la troupe d’éleveurs de rennes.

Caryl Ferey adopte le rythme de cette région du bout du monde, où l’Homme tente de survivre dans des conditions extrêmes. Tout ça pour prévenir que le rythme de ce roman policier est lent, et empreint d’une ambiance glaciale. Il insiste sur la météorologie et sur la façon dont les habitants vivent, nous immergeant ainsi dans une zone que je ne visiterai probablement jamais.

L’accent est mis sur les conditions de vie, ainsi que sur l’histoire de cette région, d’un aspect politique, économique et humain. Et comme pour chaque roman de Caryl Ferey, tout ceci est inséré dans l’intrigue, et devient tout de suite passionnant. Comment peut-on expliquer que des femmes et des hommes acceptent de vivre dans une ville bâtie sur un ancien goulag, n’aient pour seul espoir que de travailler dans les mines de Nickel dans une atmosphère létale, si ce n’est pour gagner de l’argent et partir loin vers des contrées plus accueillantes ?

Au-delà de Norilsk, Caryl Ferey nous parle aussi de la Russie, de son rêve de société égalitaire à une dictature corrompue, de consortiums entre les mains des dirigeants politiques à la suite de la chute du communisme, de Norilsk Nickel, société d’exploitation des mines de Nickel qui pollue l’air, tue ses mineurs mais en tire des sommes astronomiques pour les hommes du pouvoir de Moscou.

Encore une fois, Caryl Ferey nous offre un roman à hauteur d’hommes (et de femmes) et ne montre jamais d’émotions, se contentant de faire son travail de témoin et d’écrivain, déroulant son intrigue d’une façon remarquable pour arriver à une conclusion forcément noire. La grosse différence dans ce roman, par rapport aux précédents, c’est l’écriture de Caryl Ferey, qui a muri, qui est portée par une assurance tranquille, nous permettant de nous plonger dans ce décor infernal. LËD est le roman le plus abouti, le mieux écrit par l’auteur.

L’Ombre des Autres de CJ. Tudor

Editeur : Pygmalion

Traducteur : Thibaud Eliroff

J’avais découvert CJ.Tudor avec L’Homme-Craie, son premier roman, que j’avais adoré, au point de lui décerner un Coup de Cœur. Ces lectures de fin d’année 2021 m’ont permis de renouer avec cette auteure douée.

Bloqué dans les embouteillages en rentrant chez lui, Gabe Forman remarque tout d’abord les autocollants affichés sur la vitre arrière de la voiture qui le précède. Pour une fois qu’il était sorti tôt du boulot, il se retrouve coincé dans les travaux de l’autoroute M1. Alors qu’il s’apprête à changer de file, le visage de sa fille apparait derrière le pare-brise arrière de la voiture précédente. Elle semble prononcer « Papa ».

Impossible ! Elle devait être avec sa mère ! Alors que la circulation se fluidifie, la voiture accélère. Il essaie de la suivre mais la perd rapidement. Mettant cet événement sur le compte de la fatigue, il s’arrête dans une station-service déprimante. Il reçoit alors un coup de téléphone du capitaine Maddock, qui lui annonçant que sa femme Jenny et sa fille Izzy ont été tuées.

Trois ans plus tard, un homme maigre et désespéré est assis à une table de la station-service de Newton Green, buvant son café. Katie, la serveuse, le connait bien, il passe de temps en temps avec son affiche montrant le portrait d’une jeune fille et l’inscription « M’avez-vous vue ? ». Le rumeur disait qu’il arpentait la M1 à la recherche de sa fille disparue. Il reçoit un SMS d’un numéro inconnu : « G trouvé la voiture ».

A la station-service de Tibshelf, Fran fait une pause avec sa petite fille Alice. Elle observe les clients, car elle sait qu’ils ne lui laisseront aucun moment de répit. Alice demande à aller aux toilettes, et elle lui autorise d’y aller seule. Alice entre et évite les miroirs. Elle sait qu’ils peuvent lui faire du mal. Alors qu’elle se lave les mains, elle ne peut s’empêcher de lever le regard. Et elle aperçoit le visage d’une petite fille avec les yeux blancs. Alice s’évanouit.

Construit comme un puzzle, avec trois personnages principaux, l’histoire va petit à petit prendre forme et remonter dans le passé pour nous expliquer tout ce qu’il s’est passé. Grâce à des chapitres courts et l’art de nous surprendre par une simple phrase, on ne peut qu’être attiré par la suite, et ressentir une envie irrépressible de connaitre la fin. Voilà la définition même d’un page-turner.

Et cela marche. Le style de l’auteure s’avérant très agréable et fluide, nous allons suivre Gabe dans sa quête de réponses, Katie dans sa vie compliquée de serveuse, et Fran dans sa fuite éperdue face à une menace que l’on ressent sans réellement savoir de quoi elle est faite. La psychologie des personnages étant réellement attachante, il devient difficile de poser le bouquin.

Je dois dire que cette façon de dérouler le scénario est originale, que ce dernier est très travaillé pour ne nous en dévoiler qu’une petite partie à chaque fois, jusqu’à nous expliquer ce que sont les Autres. Etant fan de Stephen King, elle ajoute à son histoire une pincée de Fantastique qui, je dois le dire, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, sauf pour la scène de fin, ce que j’ai trouvé dommage. L’Ombre des Autres est donc un excellent divertissement.

Garde le silence de Susie Steiner

Editeur : Les Arènes – Equinox

Traducteur : Yoko Lacour

Troisième roman de la série Manon Bradshaw, je découvre une nouvelle plume britannique en plein milieu d’un cycle, sur fond fortement social. Après avoir lu ce roman, il se pourrait bien que je lise les deux premiers.

Minuit. Matis, un immigré lituanien rentre dans ce qui lui sert d’habitation. Dimitri, qui habite avec lui, se rend compte que quelque chose ne va pas. Matis lui annonce que Lukas est mort. Matis et Lukas sont venus ensemble en Angleterre pour trouver du travail ; forcément, il se sent coupable. Dans la chambre, quatre autres hommes dorment déjà. Demain, ils devront être debout à quatre heures pour ramasser des poulets. Sans passeport, confisqué à leur arrivée, ils se trouvent sous la coupe d’Edikas Petrov, dans l’espoir d’avoir suffisamment remboursé leur dette.

Manon Bradshaw est réveillée par le petit Teddy, qui veut qu’on l’emmène au parc. Mark son compagnon s’occupera de Fly pendant ce temps-là. Teddy se jette sur la balançoire, et Manon remarque deux pieds dépassant d’un marronnier. Ne voulant pas que Teddy voit un homme pendu, elle appelle le commissariat pour qu’on dépêche une unité de patrouille.

Manon rentrée chez elle, les policiers attendent le photographe judiciaire. Ils remarquent un morceau de papier accroché à son pantalon : « Les morts ne parlent pas » en lituanien. Son identité est révélée par son permis de conduire : Lukas Balsys. Alors que Manon est censée travailler à mi-temps sur des cold-cases, la nouvelle superintendante Glenda McBain va confier cette affaire à Manon et à Davy Walker, son partenaire pour qui elle a un penchant certain.

Même si je n’ai pas lu les précédents tomes, j’ai été étonné de ne pas être perdu au début. Les situations présentées sont simples, et suffisamment explicites pour qu’on ne soit pas largué. Et on comprend vite qu’il y a de l’eau dans le vinaigre entre Manon et Brenda, de même que le sort des immigrés lituaniens ne passent pas en priorité dans les enquêtes de la police anglaise.

Si l’enquête parait simple, elle se révèle surtout très réaliste. On devine vite qui a le rôle du méchant. Mais ce manque de suspense est surtout là pour mettre en valeur l’horreur du trafic des travailleurs clandestins, qui n’ont droit à aucun soin s’ils se blessent, qui dorment entassés sur des matelas miteux et qui subissent les coups de celui qui organise ce trafic. L’auteure nous montre les faits sans s’appesantir, presque sans émotions mais on l’entend rugir derrière ses lignes.

Susie Steiner n’écrit pas des romans policiers comme il y a vingt ans. Derrière l’enquête, elle y peint la vie de famille, la difficulté d’être mère, de faire face à la maladie de Frank qui va se déclarer et les ami (e) s en proie à la crise de la quarantaine avec leur envie d’aller voir ailleurs. Et ces passages prennent autant de place que l’enquête policière, ce qui donne de l’épaisseur à son personnage principal.

S’il s’agit d’une belle découverte pour moi, ce roman s’inscrit dans la lignée des auteurs qui dénoncent le manque d’humanité de leur société ainsi que la montée de l’extrême droite, qui devient institutionnalisée. Son style est clair, explicite, et agréable à lire. Dans le même genre, Eva Dolan aborde des thèmes proches, avec un style plus sec, plus direct, et que je vous recommande aussi en accompagnement. Et ne croyez pas que ce roman ne concerne que l’Angleterre …

Moins que zéro de Brett Easton Ellis

Editeur : 10/18 (Format Poche)

Traducteur : Brice Matthieussent

Afin de fêter leurs 60 années d’existence, les chroniques Oldies de cette année seront consacrées aux 10/18.

Et nous commençons en fanfare avec un auteur dérangeant, le trublion Brett Easton Ellis.

L’auteur :

Né à Los Angeles, Bret Easton Ellis passe son enfance à Sherman Oaks, dans la vallée de San Fernando. Il est le fils de Robert Martin Ellis, promoteur immobilier, et de Dale Ellis, femme au foyer, qui divorcent en 1982.

Après des études secondaires dans une école privée, The Buckley School, il suit un cursus musical au Bennington College (l’université qui inspire le « Camden Arts College » dans Les Lois de l’attraction).

Parallèlement à ses études, il joue dans divers groupes musicaux, dont The Parents. Il est toujours étudiant à la sortie de son premier livre, Moins que zéro. Bien reçu par la critique, il s’en vend 50 000 exemplaires dès la première année.

En 1987, Bret Easton Ellis s’installe à New York pour sortir son deuxième roman Les Lois de l’attraction. Le roman est adapté au cinéma en 2001 par Roger Avary et interprété par James Van Der Beek et Jessica Biel. C’est dans ce livre que l’on voit apparaître un personnage nommé Patrick Bateman, que l’on retrouvera dans son roman suivant.

Son ouvrage le plus controversé est sans doute American Psycho (1991). Son éditeur Simon & Schuster lui avait versé une avance de 300 000 dollars pour qu’il écrive une histoire à propos d’un serial killer. À la suite de nombreuses protestations, l’éditeur refuse de publier le roman. En effet, celui-ci est considéré comme dangereusement misogyne. Il sort finalement en 1991, édité par Vintage Books. Certains voient dans ce livre, dont le protagoniste Patrick Bateman est une caricature de yuppie matérialiste et un tueur en série, un exemple d’art transgressif. American Psycho est porté à l’écran en 2000 par Mary Harron, le personnage principal étant interprété par Christian Bale.

(Source : Wikipedia)

Quatrième de couverture :

La révélation des années quatre-vingt assurément. Le premier livre du sulfureux Ellis, qui n’a alors que vingt ans, est un choc. À sa sortie pourtant, « Moins que zéro » est modérément accueilli par les critiques américains. Il connaît en revanche un énorme succès en France.

L’histoire, un puzzle dont on ne cesse de replacer les morceaux, est celle de personnages interchangeables, jeunes gens dorés sur tranche, désœuvrés et la tête enfarinée. L’un s’ennuie à mourir dans son loft de deux cents mètres carrés, l’autre cherche désespérément un endroit ou passer la soirée et tout ce joli monde de dix-huit ans à peine se téléphone et se retrouve dans les lieux les plus chics de Los Angeles. Pour méditer, bien entendu, sur les dernières fringues à la mode ou le meilleur plan dope de la ville. Et les parents dans tout ça? Ils sont trop occupés et stressés par leurs boulots, leurs maîtresses ou leurs psychiatres pour voir ce que devient leur charmante progéniture.

Au bout du compte, on a l’impression d’un immense vide, d’une vie qui n’a plus aucun sens. Et là où l’on était d’abord agacé, on finit par être ému, puis révolté. Car, c’est toute la force d’Ellis de nous faire comprendre que ce monde roule un peu trop souvent sur la jante. Stellio Paris.

Mon avis :

Pour un fan de cet auteur comme moi, la curiosité aiguisait mes appétits et j’attendais une occasion de lire ce roman. Ecrit à l’âge de 21 ans, il apparait comme une œuvre impressionnante de maturité. Déjà, il impose son style, très détaillé, à tel point que chaque geste évoqué nous donne l’impression de voir un film se dérouler devant nos yeux. Quant au sujet, il s’agit toujours d’une autopsie de la société américaine, en même qu’une charge féroce contre son anti-culture.

Clay revient à Los Angeles pour les vacances de Noël et retrouve ses amis et sa petite amie. Pendant deux semaines, il va arpenter les soirées, boire, fumer, sniffer, tout en observant ses contemporains. Fils d’un couple divorcé ultra-riche, il ne fait rien car ne trouve aucun intérêt à sa vie, et joue le rôle de suiveur, de témoin d’une génération en mal de repères et se laissant berner par les plaisirs faciles.

Mais derrière ces atours ensorcelants, Brett Easton Ellis nous peint une société propre sur elle, mais qui derrière le décor, se révèle la plus horrible possible. Entre son voisin fan de nazisme, une de ses connaissances qui utilise une jeune fille comme esclave sexuelle, ses amis qui se laissent aller aux pires vices, Clay nous montre les racines de cette société sans réel fondement que celui du fric qui cherche toujours plus de frissons au mépris des lois.

Plus calme que ses deux romans suivants, moins gores, mais tout aussi marquants, ce roman est sans pitié sur ces jeunes gens riches qui ne savent rien faire d’autre que profiter, de leur argent et des autres. D’ailleurs, Clay le dit plusieurs fois : « On peut disparaitre ici sans même s’en apercevoir ». Je vous rajoute aussi une phrase qui fait froid dans le dos de la part de Rip, un copain de Clay : « Quand on veut quelque chose, on a le droit de le prendre. Quand on veut faire quelque chose, on a le droit de le faire. » (Page 228). J’ajouterai sans aucune limite, le No Limit des années Carter puis Reagan.

Je tiens à signaler la traduction exceptionnelle de Brice Matthieussent, et ne peux que vous conseiller de plonger dans ce roman puis d’enchainer avec Les lois de l’attraction et American Psycho tout en vous mettant en garde sur des scènes ultra-violentes dans ces deux derniers, pour mieux enfoncer le clou.

Bilan de l’année 2021

Voici une nouvelle année qui se termine, la douzième pour Black Novel, et il est temps de jeter un œil sur les lectures qui m’auront touché, enthousiasmé et enchanté.

Je n’aime pas les statistiques, et pourtant je me suis amusé à faire quelques comptes. L’année 2021 de Black Novel, c’est :

119 billets, dont

106 chroniques de lectures (18 Oldies),

1 billet sur les bandes dessinées,

6 sur les recueils de nouvelles

et donc 84 romans « nouveaux » chroniqués.

Pour autant, 2021 m’aura permis une nouvelle fois de trouver des romans forts et, en regardant la liste de mes coups de cœur, je suis heureux d’avoir eu entre les mains tant d’émotions concentrées dans si peu de pages. Ces derniers sont donc au nombre de six, et vous pourrez trouver mon avis en cliquant sur le titre.

Joe de Larry Brown (Gallmeister)

Les ombres Wojciech Chmielarz (Agullo)

Dans la rue j’entends les sirènes d’Adrian McKinty (Livre de poche)

Les rêves qui nous restent de Boris Quercia (Asphalte)

Hot Spot de Charles Williams (Gallmeister)

Il y a aussi ceux que j’ai trouvés fantastiques et qui ont raté le label « Coup de Cœur » d’un chouïa. Volontairement, j’ai limité ma liste à 12 titres mais ce fut un réel déchirement, une réelle torture d’en éliminer certains :

Rosine, une criminelle ordinaire de Sandrine Cohen (Editions du Caïman)

Le régisseur de Jeanne Desaubry (Archipel)

Corvidés de David Gauthier (Envolume)

Un coin de ciel brûlait de Laurent Guillaume (Michel Lafon)

Solak de Caroline Hinault (Editions du Rouergue)

La soustraction des possibles de Joseph Incardona (Finitude)

Le gibier de Nicolas Lebel (Editions du Masque)

Ne me cherche pas demain d’Adrian McKinty (Actes Sud)

L’eau Rouge de Jurica Pavicic (Agullo)

La patience de l’immortelle de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube)

True story de Kate Reed Petty (Gallmeister)

La maison du commandant de Valerio Varesi (Agullo)

Pour l’année 2022, la rubrique Oldies sera consacrée aux éditions 10/18 qui vont fêter leur 60 années d’existence ; on ne parlera donc pas que Polars dans cette rubrique. Je continuerai bien entendu le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune, ainsi que la Compagnie des Glaces et les enquêtes de Harry Bosch. Enfin, je vais poursuivre la découverte des romans de Jean Meckert publiés par les éditions Joëlle Losfeld.

Je vous en rajoute un autre, de dernière minute : Appartement 816 d’Olivier Bordaçarre (L’Atalante – Fusion) :

Il ne me reste qu’à vous souhaiter à tous une bonne année 2022. Finissez bien l’année, commencez bien la nouvelle. Protégez-vous, protégez les autres et n’oubliez pas le principal, lisez !

La ville de plomb de Jean Meckert

Editeur : Joëlle Losfeld éditions

Je continue ma découverte de l’œuvre de Jean Meckert avec un roman datant de 1949 et devenu depuis introuvable. Ce roman doit être considéré comme un questionnement de l’auteur sur son propre avenir.

Au premier niveau, l’auteur nous raconte la vie des ouvriers et surtout en dehors du travail, cherchant à oublier la monotonie et la répétition des journées sans but. Etienne Ménart et Martin Duhaut sont amis dans la vie et aussi éloignés que peuvent l’être le feu et la glace. Etienne est un impulsif qui cherche le plaisir immédiat alors que Martin est plus posé, plus timide et écrit son Grand Libre, La ville de Plomb.

Les deux jeunes hommes courent après la jeune et belle Gilberte Laurent, pour son physique en ce qui concerne Etienne, pour fonder une vie familiale en ce qui concerne Martin. Mais Etienne ne peut envisager de conquérir Gilberte s’il est puceau. Il décide donc de séduire Marguerite Pillot, la magasinière de 40 ans qui a encore de beaux restes.

La soirée entre Etienne et Marguerite qui ouvre le roman est typique des problèmes de communication mais aussi de la psychologie des personnages, ainsi que de la recherche du plaisir facile. Alors qu’Etienne a obtenu ce pour quoi il était venu, il n’accepte pas qu’elle insiste et cherche à le retenir. Lorsqu’il la frappe, elle tombe malencontreusement la tête contre le carrelage et en meurt.

Quels que soient les personnages masculins de ce roman, on découvre des jeunes gens à la recherche de leur identité, obligés de concilier avec leur nature. Au-delà de l’intrigue pseudo-policière, il s’agit bien de décrire la classe ouvrière et son mal-être, obligée de tomber dans la routine. Gilberte, quant à elle, représente la part féminine de ce roman. Hésitant entre passion et assurance, elle va se trouver un parti sûr, mais toujours hésiter entre la folie dévastatrice d’Etienne et le mariage promis par Robert Failloux, qui fait office de celui qui tient la chandelle.

Empli de tristesse et de désœuvrement, ce roman désarçonne par ses sujets et on se demande ce que l’auteur veut nous dire cette société qui lamine ses jeunes gens. Puis, apparaissent des chapitres de La Ville de Plomb, ainsi que des extraits du journal intime de Martin. Et on ressent derrière ces passages, à la fois les questionnements d’un jeune homme sur son quotidien de sa vie et le sens de la vie, mais aussi sur la valeur et le pouvoir de la création. De ces chapitres, on voit combien ce roman devait revêtir une importance capitale pour quelqu’un qui a décidé de vivre de sa plume sans succès.

Roman témoin de son époque, mais creusant des thèmes toujours contemporains, La Ville de Plomb prend sa place parmi les œuvres littéraires importantes sur le but des livres et sur le rôle que doivent avoir les grands auteurs, ceux qui nous font réfléchir. Déstabilisant par sa forme, ce roman n’en démontre pas moins la grandeur de l’auteur et sa faculté à écrire de la grande littérature avec un style précis et de formidables dialogues.

Halloween night d’Alexis Aubenque

Editeur : Hugo (format Poche)

Les amateurs de polars connaissent Alexis Aubenque pour sa série située à River Falls, près de Seattle. Il se lance dans une nouvelle série à suspense, Le Manoir, dont voici le premier tome. Amateurs de films d’horreur pour adolescents, ce roman est fait pour vous

Quatrième de couverture :

Seattle, USA.

Un manoir hanté loué pour des visiteurs intrépides. La promesse d’une séance de spiritisme, «pour rire».

Six étudiants convaincus de n’avoir peur de rien. Brian, le fils d’une des plus grosses fortunes de Seattle, quarterback de l’équipe de football de l’université́.

Kelly, gentille, douce et pleine d’humour.

Luke, le «good guy».

Mandy, la cheerleader bimbo.

Courtney, la gothique à mèche bleue, piercing dans le nez et sur la langue.

Melvin, le geek de la bande, désespérément vierge.

Une expérience que certains espéraient mystique, d’autres comique, d’autres encore érotique, mais qui va rapidement se révéler beaucoup moins paisible que prévu. Et peut-êtremême tragique. Car les esprits qu’ils invoquent n’apprécient visiblement pas du tout d’êtredérangés…

Mon avis :

Parfois, il est bon de se plonger dans roman de pur divertissement. C’est le cas ici, où nous suivons trois couples de jeunes étudiants qui ont loué un manoir pour leur week-end d’Halloween. La réputation du Manoir le fait passer pour un lieu hanté. Il constitue donc le lieu idéal pour nos six jeunes gens, avides de sensations fortes et de désirs sexuels. D’ailleurs, pour la nuit d’Halloween, ils ont prévu une séance de spiritisme.

Alexis Aubenque passe outre les difficultés à nous faire vivre six jeunes gens aux psychologies disparates. Il nous présente une intrigue simple, facile à suivre et bigrement divertissante, qui fait appel à la fois aux célèbres films du genre mais aussi à un érotisme gentillet. Les scènes se suivent et chacune bénéficie de clins d’œil que le lecteur ne peut rater, tels que des fantômes, des poupées démoniaques, des passages secrets, une ambiance angoissante due aux forêts environnantes ou même un livre mystérieux. J’ajouterai les dialogues savoureux et bigrement bien faits.

Alexis Aubenque nous offre ce qu’il sait le mieux faire : de la littérature de pur divertissement. Et on éprouve à cette lecture un réel plaisir et une belle bouffée de nostalgie quand on se rappelle les films tels que Halloween, Chuckie, Amythiville et autres. On passe donc un excellent moment sans aucune prise de tête, et le pari est réussi. Rien que pour cela, je te remercie, Alexis.

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com