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Des poches pleines de poches

Entre deux romans grand format, je lis aussi des romans au format de poche et je ne prends jamais le temps d’en parler. D’où ce titre énigmatique qui répertorie des romans de plus court format qui sont aussi bien des novellas que des romans. Voici, déjà !, la troisième rubrique des Poches pleines de poches.

Le blues de la Harpie de Joe Meno

Editeur : Agullo (Grand format) ; Livre de Poche (Format poche)

Luce Lemay est un jeune homme comme les autres, sauf que, par amour, il décide de dépasser la ligne jaune. La seule solution qu’il trouve pour avoir plus d’argent et envisager d’épouser sa fiancée est de braquer la quincaillerie dans laquelle il travaille. Distrait lors de sa fuite, il ne voit pas une femme promenant son enfant dans un landau, n’a pas le temps de donner un coup de volant et écrase le landau, tuant le bébé sur le coup.

Luce va prendre 7 ans de prison et en faire 3. Il va rencontrer Junior Breen pendant sa détention et ils vont se lier d’amitié et se promettre de suivre le droit chemin quand ils seront sortis. Junior va décrocher un travail dans une station service et loger dans un hôtel miteux à la Harpie, la ville de Luce. Quand Luce sort, il rejoint son ami. Mais les habitants de la Harpie ne voient pas d’un bon œil le retour de l’assassin.

Sur le thème de la culpabilité, Joe Meno va plaider un sujet qui m’a paru personnel d’une façon totalement personnelle. Luce a payé sa dette à la société mais il ne pourra jamais rembourser celle qu’il a contractée auprès des habitants de cette petite ville. Luce va subir donc des intimidations de plus en plus violentes, quitte à ce que ces gens fassent pire que ce que Luce a commis.

Que l’on soit d’accord ou pas, la question est clairement posée et on voit bien la même problématique tous les jours dans les informations télévisées. Ne comptez pas sur moi pour vous donner mon opinion, le blog n’est pas le bon lieu pour cela. Il n’empêche que Luce et Junior sont dessinés de telle façon que l’on ressent de la sympathie pour eux sans jamais oublier qu’ils sont tous les deux des assassins.

Et le scénario, aidé par un style direct, nous positionne en tant que juge jusqu’à un dernier chapitre où l’auteur donne son avis. Peut-on pardonner un jour ? Doit-on porter le poids d’une erreur passée toute sa vie ? Ce roman est indéniablement un brûlot coup de poing qui va forcément réagit. Et n’est-ce pas l’intérêt de la littérature, la bonne, l’excellente ?

De sinistre mémoire de Jacques Saussey

Editeur : Les nouveaux auteurs (Grand Format) ; French Pulp (Format poche)

Mathilde Thomas arpente la galerie de la gare de Lyon, légèrement stressée par des bruits au milieu du silence nocturne. Elle se croit suivie, se dirige vers les toilettes après avoir vu un jeune homme entrer dans le photomaton. Quand elle ressort, le jeune homme est encore là. Elle va voir, voit les photos sorties et se rend compte qu’il a été assassiné, une seringue plantée dans l’oeil. Daniel Magne, capitaine de la PJ, est appelé sur place. Cela fait deux morts soit disant par overdose, concernant deux jeunes gens bien sous tous rapports. Heureusement, il récupère bientôt dans son groupe Lisa Heslin !

Alors que j’ai lu et adoré beaucoup de romans de Jacques Saussey, je dois dire qu’il est amusant de revenir sur son premier roman. Si le début peut paraître un peu bavard, et plante une scène anodine, la suite va vite nous prendre par la gorge pour nous emmener dans une enquête qui est haletante et dévoile un nouveau pan de notre histoire bien peu glorieuse, remontant à la seconde guerre mondiale.

On retrouve déjà dans ce premier roman tout ce qui fait le charme de Jacques Saussey : des personnages forts, une histoire prenante, une logique dans la trame et un style que je qualifierai d’un mélange parfait entre efficacité et littérature. Le problème avec Jacques Saussey, c’est qu’une fois commencé, on ne peut s’arrêter de le lire. Et que quand on tourne la dernière page, on a trouvé le roman trop court et qu’on en redemande. Bref, mon conseil du jour : Lisez Jacques Saussey !

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Honneur à Stanislas Petrosky

On ne le connaissait pas il y a trois ans, avant que ne débarque Ravensbrück mon amour, ce roman noir et dur sur le camp de concentration du même nom. Avec la création de l’excellente maison d’édition l’Atelier Mosesu pour l’occasion. Puis, l’année d’après débarquait un cyclone dans le monde du polar humoristique, façon Frédéric Dard. Le roman s’appelait Je m’appelle Requiem et je t’em… aux éditions Lajouanie.

Il est impossible de résister à ce personnage de curé exorciste, à l’humour ravageur et politiquement incorrect. On ne s’était pas remis de nos émotions que débarquait un an après Dieu pardonne, lui pas. Nouvelles aventures et nouveau coup de poing dans le ventre des excités du bulbe et autres extrémistes de tous poils. Eh bien, mes amis, le troisième tome s’appelle Le Diable s’habille en Licorne et c’est à nouveau fendard.

A l’ouverture de ce nouveau roman relatant les aventures d’Estéban Lehydeux, dit Requiem, cela fait un bout de temps que notre prêtre favori n’a pas eu l’occasion d’exercer ses dons dans le domaine de l’exorcisme. Heureusement, Monseigneur Gillio fait appel à lui pour une banale affaire de possession par le Diable dans le corps de la petite Christine. Ses parents sont très inquiets et Requiem se dirige donc dans notre belle vielle de Dunkerque, où se préparent les festivités du carnaval. Mais, quand il débarque dans le Nord, il apprend que la jeune adolescente s’est suicidée, en se plantant une lame dans le ventre, comme un certain … Jésus Christ. En jetant un coup d’œil sur les messages électroniques de la donzelle, il semblerait qu’elle ait eu des relations Sado-Masochistes avec un adulte. De quoi titiller l’instinct de chasseur de Requiem.

On prend les mêmes recettes que pour les tomes précédents, c’est-à-dire humour à fortes doses, jeux de bons mots, gags en dessous de la ceinture, réparties qui fusent. C’est toujours aussi politiquement incorrect, ça flirte avec la ligne jaune mais le ton est toujours juste. Le but n’est pas de se prendre au sérieux, mais de distraire, de parler de choses sérieuses en s’amusant. Et j’adore !

Je tiens à noter que le scénario de cette enquête est particulièrement bien construit, que l’on y retrouve moult personnages comportant des noms d’auteurs de polars récents (un beau clin d’œil aux collègues tels que Maxime Gillio, Marco Falvo ou Jacques Saussey) et que les noms des élèves du lycée Sainte-Croix du Christ Rédempteur ont tous des noms hilarants, et qu’il n’y a pas une page sans que l’on se marre. Pour toutes ces raisons, vous vous devez de faire la connaissance de Requiem.

Je tiens juste à passer un message personnel à Stanislas Petrosky : Merci de nous rappeler que la meilleure arme contre les extrémistes de tous poils est l’humour. Ce roman en est une formidable démonstration. Dans ton roman, Stanislas, tu t’adresses beaucoup à tes fans de sexe féminin, voire trop. Je sais que j’ai un coté féminin développé mais quand même ! Ou alors je suis jaloux. En tous cas, merci d’écrire les aventures de Requiem.

Nota : La licorne est une nouvelle drogue à l’addiction immédiate et à l’issue certaine et rapide

Stanislas Petrosky est aussi l’inventeur de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu. Luc Mandoline, thanatopracteur, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Il faut rendre à César ce qui appartient à César, c’est son créateur lui-même qui s’y colle avec Un Havre de paix, édité pour cette fois par French Pulp.

Luc Mandoline est au Havre, sous une pluie discontinue, avec son amie de toujours Elisa. Malheureusement, il doit écourter sa soirée pour se rendre au centre pénitencier du Havre. Un des détenus s’est pendu dans sa cellule avec son sweat-shirt. Jusque là, rien de bien mystérieux. Mais quand Max Claneboo ami et commissaire apprend à Luc que le mort William Petit est en fait un flic infiltré, cela se corse. William Petit était censé faire parler son codétenu Hamed Balkhar dit le Turc pour le coincer dans une affaire de meurtre d’une jeune fille. Sauf que le Balkhar en question était à l’infirmerie quand William Petit a rendu l’âme. Une chose est sure : c’est un faux suicide, car Luc a remarqué une odeur d’amande, synonyme de Cyanure. Il va devoir assister à l’autopsie …

Cet épisode ne déroge pas aux règles … et ce serait un comble voire un scandale. Un Havre de paix est un pur plaisir de polar, avec une enquête qui se divise en deux puis en trois, avec de l’action, du sexe (un peu, très peu) et de l’humour (beaucoup, très beaucoup). Même si on peut penser que 150 pages, c’est peu, la fonte petite (très petite, et c’est le seul reproche que je ferai à ce livre) fait que l’on passe deux bonnes journées de lecture grâce à un scénario mitonné aux petits oignons et une sacrée dose de réparties humoristiques qui en font un divertissement haut de gamme. Et puis, ce sera l’occasion pour vous d’être curieux et de découvrir les autres aventures de notre thanatopracteur favori.

Derniers jours à Alep de Guillaume Ramezi

Editeur : French Pulp

Ce roman est un premier roman qui m’a été conseillé par mon ami Richard le concierge masqué et qui fait partie de la sélection pour le Balai de la Découverte 2018. A sa lecture, on ne peut qu’être impressionné par la maîtrise de la narration.

Paris. Mathias a perdu son père à l’âge de 6 ans, emporté par un cancer. Depuis il a voué sa vie à combattre cette maladie. Vingt-cinq ans plus tard, il est devenu médecin cancérologue et fait tout ce qui en son pouvoir pour soulager et soigner les malades. Ce jour-là, il vient de rendre visite à madame Lelong, mais sait qu’elle n’en a plus pour longtemps. Dans la salle de détente, la télévision est branchée sur une chaîne d’information en continu. Le reportage montre le portrait d’un terroriste recherché par toutes les polices, Youssef Al Mansour. Le visage de cet homme ne laisse aucun doute : ses traits lui laissent à penser que cet homme est son père. Il décide de contacter son amie Marie, journaliste, qui revient tout juste d’un reportage dans les pays de l’est.

Alep. Dans une cave, Youssef Al Mansour va rendre visite à un homme attaché sur une chaise. Al Mansour est propriétaire d’une des meilleures savonneries d’Alep. Il doit faire signer de force à son prisonnier la cession de sa savonnerie, devenant ainsi l’homme indispensable du savon d’Alep, réputé dans le monde. Ses hommes vont torturer le pauvre homme qui va céder aux demandes. Puis Youssef va demander à ses hommes d’enfermer Ali dans une cellule et de lui faire prendre une pilule. Youssef Al Mansour pourrait bien être à la tête d’un acte de terrorisme sans précédent.

Je ne suis pas à proprement parler fan de romans d’espionnage et si ce roman ne m’avait pas été conseillé par mon ami Richard, nul doute que je ne l’aurais pas lu. Et j’aurais eu bien tort, car il regorge de qualités. Ce roman est porté par les deux personnages principaux, chacun ayant droit à un chapitre qui se parlent et se répondent comme au ping-pong, ou devrais je dire comme au tennis. Car Guillaume Ramezi prend son temps pour développer son intrigue, nous décrivant la vie de Mathias et son quotidien d’un coté, Youssef et la mise au point de sa machination de l’autre.

Evidemment, on attend la rencontre entre les deux personnages, qui aura bien lieu, mais qui ne sera pas le point culminant du livre. Guillaume Ramezi préfère construire une intrigue hallucinante en faisant intervenir les services d’espionnage et jouer la carte du réalisme, tout cela sans esbroufe, sans événement sensationnel, sans violence inutile. Le ton s’y avère calme, posé, et met en avant cette intrigue remarquablement bien construite, et qui fait froid dans le dos.

Il y a aussi cette plume travaillé, précise, détaillée qui va nous détailler tout, des décors aux émotions, des situations aux décors, se plaçant là aux cotés d’un auteur comme John Le Carré plutôt que du coté d’une écriture efficace. Ceux qui cherchent une écriture à base de phrases courtes passeront leur chemin. Par contre, les adeptes de romans catastrophe mâtiné de roman d’espionnage, ceux qui veulent se faire peur par les conséquences que laisse entrevoir l’auteur sauteront dessus. Je vous le dis, Guillaume Ramezi est un auteur à suivre tant ce roman laisse envisager de belles promesses pour l’avenir.

Ne ratez pas l’interview de l’auteur sur le site du Concierge Masqué

Les loups de Belleville de Sergueï Dounovetz

Editeur : French Pulp

Les éditions French Pulp ont eu la bonne idée de commencer une nouvelle série des enquêtes de Nestor Burma, avec l’autorisation de Jacques Malet et sous la direction de Jérôme Leroy. Le principe est de faire un roman par arrondissement écrit par un auteur différent. En route donc pour le 20ème arrondissement qui m’est cher.

Nestor Burma n’est pas à la fête en ce mois de canicule, puisque c’est dans un cimetière qu’on le retrouve. Il n’est pas là pour visiter le Père Lachaise mais pour enterrer un de ses amis : Niki Java. Niki Java était journaliste et sa mort est imputable à une crise cardiaque, en théorie. D’ailleurs, la sœur de Niki fait un scandale pendant la cérémonie en demandant une autopsie du corps de son mari.

Après une discussion avec Stéphanie Faroux, qui est à la tête de la brigade criminelle, Nestor Burma retourne à son agence Fiat Lux.com. Son assistante Kardiatou Châtelain, fille d’une miss Sénégal 1985 et belle comme le jour, lui apprend que le climatiseur est en panne, ce qui explique sa tenue légère. Mais Nestor Burma n’a pas la tête à ça. Le téléphone sonne et quelqu’un se présentant comme étant Niki Java lui donne rendez vous dans un bar bien connu des deux amis, qui s’appelle Les amis de la police.

Arrivé au bar, une enveloppe l’attend : Niki lui donne rendez vous la nuit même au Père Lachaise. Niki blessé lui explique qu’un journaliste kurde est enterré à sa place, car il devait lui faire passer un dossier brulant et sulfureux mettant en cause et dos à dos les turcs et les kurdes. Mais la situation est loin d’être aussi simple qu’il n’y parait quand on fricote dans les eaux de l’espionnage à grande échelle …

Quelle bonne idée de remettre à l’ordre du jour Nestor Burma, ce détective privé au passé anarchiste qui avait le talent de mettre son nez dans des affaires qui sentent mauvais. Ces nouvelles enquêtes comportent des figures imposées. L’agence Fiat Lux a donc droit à son site internet, son assistante change de prénom (Hélène devient Kardiatou) mais elle est toujours aussi craquante. Le commissaire Faroux père laisse sa place à Stéphanie Faroux fille. Et Nestor Burma, rajeuni pour l’occasion, garde son esprit frondeur et son caractère humoristique, ainsi que son charme naturel.

C’est donc un roman plein d’action, de rythme, et de d’humour que l’on découvre, avec un détective privé plongé dans des sphères brouillardeuses de l’espionnage industriel. Nestor Burma va être maltraité entre le PKLF (Parti Kurde de Libération de la Femme), les services secrets turcs et français, les agents doubles, triples et plus si affinités, les trafiquants d’armes, de drogue et de plein d’autres choses. Si l’intrigue est un peu complexe à suivre, elle ne manque pas de rebondissements ni d’humour. D’ailleurs cet humour est essentiellement basé sur des réparties cinglantes et sur des jeux de mots, et je n’en ai jamais lu autant dans un roman. Car on a droit à un sourire voire un rire au moins cinq fois par page.

De la bonne humeur, on adore. C’est du coté du cadre de l’enquête que j’ai ressenti une petite frustration. Connaissant bien le 20ème arrondissement pour y avoir habité, j’aurais  aimé retrouver l’ambiance de village qu’on trouve dans certains quartiers, les petites rues pavées et les ambiances populaires, les petites boutiques, les marchés dominicaux. Or, à part avoir quelques noms de rues, je n’ai pas retrouvé mon ancien quartier.

C’est donc un polar survitaminé, avec juste ce qu’il faut de mystère, de fausses pistes, de vrais méchants, de guerres des clans, de sexe et de baston, bourré d’humour qui inaugure le retour au premier plan de notre célèbre détective. Ce roman une fois commencé s’avère une lecture drôle et agréable que l’on a plaisir à reprendre dès qu’on l’a posé. Je vous donne rendez vous avec Nestor Burma très bientôt pour mon avis sur Terminus Nord, la deuxième nouvelle enquête de Nestor Burma, écrite par Jérôme Leroy.

Ne ratez pas les avis de l’Oncle Paul et Garoupe

La compagnie des glaces de G.J.Arnaud – Tome 5 et 6

Editeur : French Pulp

Les éditions French Pulp ont décidé de rééditer la saga de science fiction, en regroupant les romans par deux. Il s’agit, je crois, de la plus grande saga de science fiction jamais écrite puisqu’elle comporte 63 romans. Voici mon avis sur L’enfant des glaces et Les otages des glaces.

L’enfant des Glaces :

Yeuse est toujours l’attraction principale du cabaret itinérant et son dernier numéro, qui reprend le personnage de Marilyn Monroe fait un malheur. Les villes qu’elle choisit pour faire son numéro ont en fait un seul objectif : retrouver Lien Rag, en fuite depuis qu’il est considéré comme un traitre par La Compagnie.

De son coté, Lien Rag vit avec Jdrou et leur fils Jdrien. Avec sa combinaison isotherme, il travaille avec les Hommes Roux à déneiger les dômes, en tant qu’esclave. Se rendant compte que Jdrou délaisse leur enfant, il décide de s’en occuper, mais se retrouve pris entre deux feux : les Hommes Blancs et les Hommes Roux.

Après avoir posé les bases de son monde des Glaces dans les quatre premiers tomes, celui-ci semble être une sorte de pause … avant de rebondir ? Il ne se passe pas grand’ chose dans ce roman, si ce n’est le parallèle entre Lien et Yeuse et le destin de ce garçon qui grandit plus vite que les autres. On y voit aussi la peur et la folie des Hommes, prêts à tuer ceux qui ne sont pas comme eux. Cet épisode est donc loin d’être le meilleur et donc dispensable. Mais je vais continuer ma découverte de cet univers.

Les otages des Glaces :

Lien Rag a trouvé refuge dans le train pirate de Kurts. Ils roulent dans le Grand Nord, et se retrouvent pris entre deux feux : d’un coté la Panaméricaine, de l’autre la trans-européenne. Alors que tout le monde court après Lien, Kurts veut, quant à lui, le ramener au peuple des Roux, moyennant finances. L’ex-lieutenant Skoll, à la tête du peuple Roux, demande à Lien de jouer les agents doubles auprès de la Panaméricaine.

De son coté, Yeuse est toujours danseuse dans le cabaret itinérant et se charge de cacher Jdrien, le fils de Lien. A la tête du cabaret Miki, elle a bien du mal à savoir où est Lien. Elle va bientôt se retrouver prisonnière d’un colonel fou.

Entre romanesque et démesure, entre roman d’espionnage et scènes grandioses, ce roman qui débute doucement nous offre à la fois une intrigue prenante et une scène grandiose. Avec son style toujours aussi facile à lire, l’alternance entre les aventures de Lien et celles de Yeuse permet de faire avancer une intrigue passionnante.

L’aspect politique se complique, la guerre devient tactique, stratégique, et on y voit l’importance de la religion ainsi que la volonté d’indépendance du peuple Roux, qui veut créer son propre pays. Et Lien se retrouve face à des choix dramatiques avec une fin toute en suspense qui donne envie de lire le prochain tome. Super !

Privé d’origine de Jérémy Bouquin

Editeur : French Pulp

Je suis un ardent défenseur de Jérémy Bouquin, et vous qui êtes un fidèle de cet humble blog, vous devez le savoir. Ce roman est sorti en fin d’année dernière, dans un anonymat que je qualifierais de scandaleux. Lisez Jérémy Bouquin !

Kloé, avril 2014. Elle est bassiste dans le groupe de rock Vynille Rondelle. Après des mois de tournée, le groupe est enfin récompensé de succès. Il n’y a qu’à entendre les vivats du public du printemps de Bourges, qui en redemande ! Du vrai punk ! En sortant de scène, elle a un message. Jasper Zenderro lui annonce qu’il a des informations sur son père. Cela fait deux ans maintenant qu’elle est partie à la recherche de ses origines, elle qui est une enfant abandonnée à la naissance.

Rota, avril 1979. Depuis 1969, les brigades rouges sèment la terreur en Italie. Le commissaire Rota est appelé sur une scène de crime, le casse d’une bijouterie qui a mal tourné, puisque le propriétaire a été abattu. Si les armes utilisées fait penser à l’organisation d’extrême gauche, Rota pense que le bijoutier a voulu se défendre avec une arme et l’a payé de sa vie. La présence de sang sur le trottoir laisse à penser qu’un des voleurs a été blessé.

KLoé, avril 2014. Elle prend rendez- vous avec Zenderro, dans un petit bar de Mehun-sur-Yèvre. Il annonce avoir cherché du coté de l’hôpital où Kloé est née. Elle voit son vrai prénom écrit : Chloé. Zenderro n’en sait pas plus sur sa mère. En ce qui concerne sa mère, des amis « bien placés » lui ont conseillé d’abandonner. Ils ont été tellement persuasifs qu’il a décidé d’abandonner l’affaire, qui flirte avec des dossiers de terrorisme international.

Tony Marretti, avril 1979. Après le casse manqué, les camarades ont porté Tony, blessé, dans la voiture. Tony a perdu beaucoup de sang ; Giuseppe lui tient la main, lui parle. Il plonge dans le coma, se réveille sur un bateau, replonge, puis se retrouve en Corse chez un docteur … enfin, un vétérinaire, Peyo. Tony va devoir tout abandonner, sa vie, son identité, et fuir pour éviter de se retrouver en prison.

J’ai plutôt l’habitude de retrouver Jérémy Bouquin dans des intrigues bien ancrées dans notre quotidien. Il a l’habitude de prendre des personnages marginaux, et de grossir le trait dans un style direct et redoutablement évocateur. Et dans tous les cas, on retrouve sa patte, sa façon de peindre les décors et d’éviter les morales à deux balles pour offrir du vrai bon polar populaire (dans le bon sens du terme).

Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai ouvert ce roman ! La narration fait des allers retours entre aujourd’hui et les années 80. Entre la recherche de Kloé sur ses racines et les groupes terroristes d’il y a 30 ans, on a droit à la fois à des moments d’émotion pure, d’action, de mystère, et de découvertes. Jérémy Bouquin s’est surpassé pour nous fournir un roman plein, documenté juste comme il faut pour ne pas alourdir l’histoire, et des rebondissements qui vont nous retourner jusqu’à la dernière page (ou au moins jusqu’au dernier chapitre).

Avec ce roman là, Jérémy Bouquin a densifié ses personnages, qu’ils soient au premier plan ou pas, les a multipliés aussi, s’est évertué à construire une grande intrigue, en prenant son temps tout en restant passionnant. Il n’est pas question de juger les uns ou les autres, juste de se mettre au service de l’histoire. Jérémy Bouquin n’a pas monté une marche, il a grimpé un étage d’un coup, et a écrit avec ce roman son meilleur à ce jour. Enfin, c’est mon avis. J’ai adoré.

Ne ratez pas les avis de Laulo, Mel, et Garoupe.

La compagnie des glaces de G.J.Arnaud – Tome 3 et 4

Editeur : French Pulp

Les éditions French Pulp ont décidé de rééditer la saga de science fiction, en regroupant les romans par deux. Il s’agit, je crois, de la plus grande saga de science fiction jamais écrite puisqu’elle comporte 63 romans. Voici mon avis sur le tome 3, Le peuple des glaces et le tome 4, Les chasseurs des glaces.

Le peuple des glaces :

La Transeuropéenne a déclaré la guerre à la Panaméricaine. Personne ne sait où le front de la guerre se situe, mais la Compagnie a décidé d’envoyer des bâtiments dans le Nord, pour s’approprier les ressources en énergie. Le sergent Malcolm est à la tête d’un patrouilleur faisant route au Nord, quand un engin pirate attaque. Surpris, il tente de fuir mais les trains sont détruits par de puissants tirs laser. Les survivants assureront avoir vus des Hommes Roux dans ce navire pirate, armés de fusils laser. Lien Rag, qui a été réintégré dans la société de glaciologie, est chargé d’une mission : découvrir la vérité et tenter de prendre contact avec ces Hommes Roux.

Même s’il est plus court, 160 pages environ, ce troisième tome n’en est que plus passionnant. Resserrant les descriptions et les situations à suspense, il vient surtout apporter une pierre essentielle à cette saga. En effet, l’aspect politique, voire géopolitique en est le thème central, prenant la source de son inspiration dans les conflits du 20ème siècle. Je ne vous dis qu’une chose : c’est génial.

De son coté, Lien Rag, sorte de rebelle désireux de faire triompher la vérité, il va se retrouver en conflit avec lui-même. En effet, il va être de plus en plus lié aux Hommes Roux, mais d’un autre coté rencontrer des fermiers qui valent que l’on se batte pour eux. Comme quoi, de façon parfaitement lucide, GJ.Arnaud nous montre que tout le monde n’est pas pourri, corrompu ou raciste. Un excellent roman.

Les chasseurs des glaces :

Lien Rag a déserté de la Compagnie, abandonnant son poste de glaciologue pour vivre son histoire d’amour avec Jdora, une jeune femme qui fait partie du peuple des Hommes Roux. Alors que la guerre fait rage, la Compagnie Transeuropéenne est obligée de diminuer le chauffage pour concentrer ses ressources à la guerre. La conséquence en est que la glace envahit les dômes de façon irréversible. Les dirigeants décident donc de chasser les Hommes Roux pour les envoyer dans des camps de travail et en faire des esclaves. Des bandes de mercenaires partent à la recherche de ce peuple qui résiste au froid moyennant finances. Alors que Jdora a disparu, Lien Rag part à sa recherche et va découvrir l’horreur de l’esclavagisme moderne.

Ce roman à mi chemin entre roman d’aventures et roman politique ajoute une nouvelle brique à la vision de l’auteur sur cette société moderne totalitaire. Si la désinformation est toujours bien présente, la pression se fait sur Lien Rag qui découvre un véritable esclavagisme moderne. Et cela se fait au travers d’une histoire de romance et d’amour impossible pour mieux frapper les esprits.

Avec un style toujours aussi simple et agréable à lire, on ne peut s’empêcher d’être ébahi par l’ambition de cette saga et d’être époustouflé par la cohérence de ce nouveau monde, ainsi que par l’aspect visionnaire de certaines idées imaginées par Georges Jean Arnaud. Si la fin n’est pas optimiste (mais comment le pourrait-elle ?), elle ouvre sur des possibilités infinies quant à la poursuite de la saga. A bientôt donc pour la suite de l’histoire …