Miséricorde de Jussi Adler Olsen (Albin Michel)

Auréolé de superlatifs disproportionnés, Jussi Adler Olsen débarque en France avec Miséricorde, premier opus d’une série policière mettant en scène Carl Morck et Hafez El Assad. En fait, c’est quand j’ai lu dans la revue Alibi que Adler Olsen était premier des ventes en Europe, que je me suis décidé à emmener le roman sur les plages estivales.

Je ne sais pas si vous connaissez Cold Case, cette série américaine mettant en scène une équipe de policiers (dont Lilly Rush) en charge de résoudre des affaires vieilles de plusieurs années et n’ayant jamais été ou mal résolues. Je dois vous avouer que je n’aime pas la télévision, et encore moins les séries américaines, mais je dois dire que la première saison de Cold Case m’avait séduit par le coté écorché vif de son héroïne.

Je m’égare ? Point du tout ! Carl Morck est un flic qui est en arrêt maladie, suite à une affaire qui s’est redoutablement mal terminée, puisque ses deux partenaires ne s’en sont pas sortis indemnes : Anker est mort et Hardy à l’hôpital, vraisemblablement handicapé à vie. Sa femme Vigga est partie, lui laissant leur fils Jesper sur les bras. Carl n’a pas trop la tête au travail, préférant réfléchir à la chance qu’il a de ne s’en sortir qu’avec une cicatrice sous le cuir chevelu.

D’ailleurs, ses partenaires le trouvant désagréable malgré un certain talent de déduction, ont bien en tête de l’évincer. Quand le gouvernement veut créer un Département V, destiné aux affaires nationales non résolues, son chef lui propose tout de suite la direction de ce service comme on proposerait un placard à un balai. Et de fait, il en profite pour faire des jeux video plutôt que de se lancer dans des enquêtes.

Carl accepte, pensant qu’il pourra s’adonner à sa nouvelle paresse, demande et obtient un chauffeur (en l’occurrence Assad) et commence par l’enquête sur la disparition de Merete Lynggaard, la vice présidente du parti Démocrate. Cela fait 5 ans qu’elle a disparu sans laisser de traces, et le nombre de suspects sont nombreux entre son frère handicapé, les membres de son propre parti ou ceux du parti opposé.

Si l’on peut résumer mon avis en deux mots, c’est que ce roman est un roman policier classique. Cela veut donc dire que l’intrigue est menée avec beaucoup de rigueur, que les pistes sont nombreuses et les fausses pistes aussi. Il faut aussi ajouter que, comme c’est le début d’une série, l’auteur prend son temps pour présenter les personnages et mettre ses héros en situation. Bref, l’enquête démarre au bout de 100 pages, entrecoupées par des passages situés dans le passé de Merete.

Si je n’ai rien trouvé d’extraordinaire dans ce roman, malgré que ce soit bien écrit et bien mené, j’ai beaucoup aimé les relations entre les deux personnages, Carl et Assad. Assad étant syrien débarqué de fraiche date au Danemark, il ne comprend pas forcément très bien ce qu’on lui demande, ce qui donne des passages drôles, mais aussi laisse quelques zones d’ombre pour les futures aventures de nos deux énergumènes.

Et cela donne une lecture agréable, pas révolutionnaire, mais sympathique car on passe un bon moment en leur compagnie. Et même si on devine le mobile vers le milieu du livre, si les coupables sont dévoilés à 100 pages de la fin, l’impression d’ensemble est que j’aimerais bien lire une autre de leurs enquêtes. Ce qui tombe bien, puisque vient de paraitre Profanation. Nul doute que vous entendrez parler de la suite ici même.

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4 réflexions sur “ Miséricorde de Jussi Adler Olsen (Albin Michel) ”

  1. Bonjour
    Suite à votre article je viens de le finir et j’ai adoré, on s’attache aux personnages, facile à lire, bref j’attaque le second de suite.
    Merci à vous

    J'aime

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