Chronique virtuelle : Concarn’noir de Marek Corbel (A verba futuroruM)

Marek Corbel, je l’ai « rencontré » sur FB, et de fil en aiguille, de discussions en digressions, il en est venu à me proposer un de ses romans. Evidemment, quand on a des points communs, on ne lit pas un roman de la même façon. Et le but est rempli avec ce roman, me remémorer ma jeunesse et faire souffler un vent de nostalgie …

Quatrième de couverture :

Concarneau automne 2013. Dans un port de pêche, victime de la crise, les manouvres politiciennes en vue des échéances municipales du mois de mars débutent. L’ancien maire Le Gall est déterminé à reprendre les clés de la ville bleue à son rival. Pour mener à bien cette reconquête, il entend s’appuyer sur sa splendide maîtresse, l’écologiste Nadia Amat, une ancienne figure de la vie culturelle branchée.

C’est sans compter sur l’apparition d’un mystérieux corbeau qui inonde, de son quartier de La Boissière, presse locale, ennemis et amis politiques, d’informations compromettantes sur le passé sulfureux de la nouvelle diva. Pourquoi cette dernière s’est-elle tue sur ses activités, durant les années 80, au sein du rock underground ? Le commissaire Verbeke et le lieutenant Flao vont sortir brutalement de leur torpeur cornouaillaise pour naviguer entre les ultimes règlements de comptes au sein d’un courant musical emblématique et l’enquête sur le meurtre d’un photographe concarnois, deux ans plus tôt.

L’auteur :

Marek Corbel, auteur de trois romans, est un lecteur assidu du genre noir. Admirateur des incontournables anglo-saxons tels qu’Ellroy, R. J. Ellory, il a eu un véritable coup de foudre pour « Un pays à l’aube » ou « The given day », en version originale, de Dennis Lehane, déterminant dans son envie d’écrire. Pour autant, son intérêt pour ce genre littéraire l’a amené, également, depuis des années, à redécouvrir l’école pour le moins hétéroclite du « néo polar ».

Ses inclinaisons se portent vers un genre noir assis sur des réalités sociales, historiques en perpétuelle gestation. Avec pour étendards hexagonaux Frédéric Fajardie pour notamment « Après la pluie » et Dominique Manotti. À ses yeux, l’histoire contemporaine française regorge de suffisamment de ressources afin de matérialiser un genre à part. Si cela commence à se vérifier sur un plan cinématographique ou télévisuel, Marek Corbel considère qu’en matière de polar proprement dit, le phénomène en est à ses balbutiements.

Loin d’une structure policière souvent trop circonstanciée ou manichéenne. Ainsi, donc, un genre forcément perfectible.

(Source Decitre.fr)

Mon avis :

Marek Corbel, au travers de son roman, nous montre les dessous de la campagne en vue des élections municipales dans la ville de Concarneau. Les deux favoris sont indéniablement Coulliou et Le Gall. Tous les coups sont permis pour gagner la municipalité. C’est alors que débarque la lettre d’un corbeau, mettant en cause la n°2 de la liste de Le Gall, Nadia Amat. La police va donc enquêter sur cette affaire, mettant à jour des vengeances qui remontent à plusieurs années auparavant.

Si j’ai été surpris par le début, au sens où l’auteur rentre directement dans le vif du sujet, en nous présentant pléthore de personnages, une fois que l’enquête démarre, on est vite pris dans le rythme et les mystères des différents protagonistes. Si l’intrigue est somme toute assez classique et simple, les personnages sont bien décrits et les dialogues très bons. J’ai été très agréablement surpris par la qualité de narration de l’auteur.

Mais l’aspect qui tient à cœur à l’auteur et qui devient finalement le centre du roman, c’est une description de la scène musicale alternative française de la fin des années 80 et des années 90. Si les noms des groupes ont été changés (l’un d’eux s’appelle Black Novel, ça fait plaisir !), on arrive à reconnaître pour peu que l’on s’y soit intéressé à l’époque les Béruriers noirs, la Mano Negra et toute l’écurie de Boucherie Productions (Wampas, Stella … ).

Et en cela, pour avoir vécu personnellement cette période faste musicalement (si, si, rappelez vous, le petit gars avec ses cheveux longs juste devant la scène, c’est moi), je garde une place spéciale pour ce roman, qui est empreint d’une certaine nostalgie personnelle. Pour les jeunes de cette époque, nous avons connu une période de liberté, empreinte de naïveté avant d’être rattrapés par les réalités du business. Ces groupes de musique, très engagés politiquement, avaient été présentés comme anarchiques, alors qu’ils étaient surtout contre le Front National et voulaient exprimer leur parole. L’objectif était de redonner des couleurs à la culture populaire, par exemple en faisant des concerts à 10 francs l’entrée. Mais ce furent aussi de sacrés musiciens, à l’image du succès qu’ils eurent quand certains de ces groupes signèrent dans des majors. Certains refusèrent l’appât du gain. Mais je m’égare … vous l’aurez compris, c’est un roman aux accents de nostalgie que personnellement j’ai beaucoup aimé !

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