Haïku de Eric Calatraba (Editions Sudaresnes)

Voici un premier roman qui, après être sorti en deux tomes en version électronique, est sorti en version papier aux éditions Sudaresnes. C’est un roman d’action, dans la pure tradition du genre, c’est du très bon.

Raphaël est de retour à Nice. Après avoir passé quelque temps à Paris, le voici de retour dans son pays, après avoir obtenu sa mutation au commissariat de cette belle ville méditerranéenne. C’est un homme qui porte en lui la mort de sa femme et élève seul sa fille Lila, sa raison de survivre. Alors qu’il rentre d’une soirée, il se fait aborder par trois hommes qui veulent son fric. En deux temps, trois mouvements, les trois hommes sont en fuite. Raphael est le plus jeune 7ème dan de Aïkido.

Au même moment, une trentaine de russes débarquent à l’aéroport de Nice. Quelque temps après, ils embarquent à bord d’un gigantesque yacht. Rachovsky accueille ses invités. Arrivé dans les eaux internationales, ils commencèrent leur présentation pour des investissements immobiliers. Un peu plus tard, ils annoncent avoir découvert un traitre, et le tuent avant de jeter le corps à la mer.

Raphaël fait la connaissance de Lucchi, son partenaire. Son surnom, Lucchi Luke, fait référence à sa rapidité pour faire feu et mouche. Leur première affaire est étrange : Ils doivent trouver le coupable d’un meurtre sur un Russe, Oulov, tué par un homme en moto, dans un parking d’Antibes, qui lui a coupé une main avant de le bruler avec de l’essence. Surtout, un haïku est tagué sur le mur :

La fin de l’hiver.

Tailler le buisson malade.

Brûler les épines.

Eric Calatraba, avec ce premier roman, se lance à corps perdu dans l’écriture de polars. Et c’est une franche réussite. Car, pour tout vous dire, ce roman m’a accompagné lors d’un voyage, et je n’ai pu le lâcher avant de l’avoir fini, le soir, très tard. Je ne vais pas vous dire que c’est un chef d’œuvre, mais c’est un pur roman d’action comme on en lit rarement. Du moins, comme on en lit rarement de bons. Car c’est extrêmement difficile d’aller intrigue, psychologie et action, tout en tenant le lecteur en haleine.

Donc, Eric Calatraba a suivi les codes du roman d’action, voire du thriller, même si le scenario lorgne plutôt du coté de l’enquête policière. La logique de la progression est impeccable, il n’y a aucun indice qui tombe du ciel et c’est un vrai plaisir à lire, aidé en cela d’un style simple mais efficace. Ce roman nous permet aussi de beaucoup voyager, de Nice à la Suisse, en passant par la Russie, le Japon ou même l’Italie (je crois que je les ai tous cités).

On peut se demander si le fait de divulguer le nom de l’assassin vers le milieu du livre est une bonne chose. En fait, cela a peu d’importance, puisque la clé est plutôt à chercher du coté de la motivation du tueur. Et là, je dois dire que Eric Calatraba fait fort, dénonçant dans un chapitre terrible des horreurs que je ne peux que vous engager à lire. En cela, avec ce mélange de polar et de sujet grave, cela m’a fait penser à Maurice Gouiran.

Il y a aussi ce personnage de Raphaël, qui tient une place prépondérante dans le roman, et qui, même s’il est très gentil et lisse, nous permet de nous initier à ses passions. Tout d’abord la moto, qui personnellement me laisse de marbre ; l’opéra ensuite ; mais c’est surtout avec ces quatre-cinq chapitres se déroulant au Japon que l’on peut lire les meilleurs morceaux. C’est non seulement beau, cette éducation d’un expert en Aïkido, et c’est surtout extrêmement bien décrit, tellement bien fait que c’en est passionnant.

Tout est fait pour que l’on arrive à un final époustouflant. Celui-ci arrive avec une course poursuite à en perdre le souffle, en moto, à travers les petites routes du sud de la France. On pourra reprocher quelques scènes moins fortes, mais ce serait vraiment pinailler, car ce roman est bluffant. Avec ce roman, Eric Calatraba joue sa carte à fond, met les gaz, vous met à terre d’un mouvement et vous en met plein les oreilles sur un air de la Tosca. En tous cas, Haïku n’a rien à envier aux maitres du genre.

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3 réflexions sur “ Haïku de Eric Calatraba (Editions Sudaresnes) ”

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